« Face au Styx » de Dimitri Bortnikov, Les vivants, les morts, et Lui…

Avec son dernier Roman, « Face au Styx », Dimitri Bortnikov, trimballe son lecteur sur les traces d’un écrivain russe, de Paris d’aujourd’hui, féroce pour les pauvres, vers ses terres natales, dans la lointaine steppe russe, d’Asie Centrale. Considéré comme l’un des écrivains russes, les plus talentueux de sa génération, l’auteur était de passage, à Marseille. Rencontre avec celui qui aime bousculer les lettres françaises et compare la Littérature française actuelle à un « Cadavre ».

L’écrivain Boris Bortnikov. Marseille avril 2017

Dimitri Bortnikov cultive, lors de ces rencontres avec le public, un personnage, légèrement déjanté, sorte « d’Idiot » magnifique, passionné et passionnant, lançant, au passage, quelques jurons, et surtout un bon coup de pied dans la fourmilière du « Cadavre de la Littérature française », comme il la définit. « Je me bats pour ne pas entrer dans la littérature, pour ne pas être aspirée ». Au passage, il envoie valser pas mal de codes, ne s’épargne pas, égratigne son ego, et surtout croque, à pleine dent, la langue française. En nourricier des « langues qui deviennent anorexiques ». Il refuse de faire partie de ce petit cercle littéraire français, qui est tout en « Murmures et Ronronnements ». Lui, « ne se censure pas ». « Je me bats pour ne pas entrer dans la littérature, pour ne pas être aspirée ». Les Trop pleins de langages, comme les jurons, points d’exclamations, qui parsèment l’œuvre de Dimitri Bortnikov et mettent en mots la cruauté de la vie, rappellent, sur certains aspects, ceux de Louis Ferdinand Céline (que l’auteur n’a d’ailleurs pas lu). Mais la comparaison, s’arrête là. L’auteur, né à Samara, en Russie en 1968, a inventé son propre style, d’une liberté réelle. « Je ne fais pas de la littérature, je fais, autre chose, je ne sais pas quoi ». Il était de passage à Marseille, fin avril 2017, à l’occasion de la parution de son dernier ouvrage « Face au Styx », publié aux éditions Rivages. Orchestrée et modérée par Amandine Tamayo, coordinatrice de sa résidence d’écriture marseillaise, en 2012, à l’association Peuple et Culture, Marseille, cette rencontre a été le fruit d’un partenariat avec Peuple et Culture et le CIPM, Centre International de Poésie de Marseille.

« D’une langue à l’autre »

Ses première nouvelles, Dimitri Bortnikov, les publie en Russie, en 1996, dans les pages littéraires de l’édition du Playboy soviétique. Deux ans plus tard, il s’installe à Paris, grâce à une bourse de la fondation de George Soros, après des études de lettres classiques à l’université de Samara, sa ville natale. Il clame son amour pour le Slavon, « une langue sauvage » qu’il a apprise en écoutant les liturgies orthodoxes, scandées en langue ancienne, par son aïeule, aveugle de naissance, lors des cérémonies funéraires. A côté, le russe « est une langue de loup édenté » ! Une connaissance qu’il lui permettra de traduire « Les lettres d’Ivan le Sévère, dit Ivan le Terrible », parues en 2012. Il écrira, entre autres, en russe, Le Syndrome de Fritz, qui reçoit le Booker Prize russe en 2002, et le Prix du best-seller national. Par la suite, il choisit le français, sans se poser de question. « C’est par la lecture que j’ai appris le français littéraire ». « J’avais quelque chose à dire, quel que soit la langue utilisée, l’important est ce qu’on a à dire ». « Le pays n’est pas une langue », rajoute-t-il.
« Face aux Styx »

Son livre, « Face au Styx », paru en 2017, aux éditions Rivages, qui dépassait , dans sa première mouture, les 3000 pages, est composé comme un aller-retour entre le présent parisien d’un écrivain au bord du ravin de la société et de l’amour, et son passé russe qui ne veut pas mourir. On suit le narrateur-écrivain qui surnage dans un Paris inhospitalier, crèche de piaule en piaule, travaille un peu comme aide à domicile pour les vieux et les handicapés. Il traduit de la langue Slavone (sorte de russe ancien, que plus personne ne parle aujourd’hui, à part, peut-être, lui) la liturgie d’ Ivan Le Terrible et surtout rencontre « La » Femme ; un après-midi de quasi déluge, dans le 7ème arrondissement parisien. « Elle suivait mes yeux et elle voyait les voiles. elle voyait le monde avec mes yeux…juste un instant, oui mais il dure ! il dure encore ! les bateaux venaient de l’autre côté de la vie, de la mort, de l’enfance… de l’autre monde peut-être ! mais je m’en fous de la cargaison ! c’est les voiles qui comptent ! voiles écarlates de la joie-j’ai reconnu ! c’était tout ce que ma vie pourrait porter…les voiles sans bateaux, juste les voiles ! mais quelles voiles. »
La Terrible Famine

Au fil du roman, surgissent des figures du passé russe de l’écrivain tourmenté par son histoire d’amour avec cette parisienne, femme iconique qui le torture du haut de son indifférence et ses fuites.
« Face au Styx », ou un récit balancier entre deux mondes, deux cultures. L’écrivain exilé revient vers le petit Dimitri, enfant de la steppe soviétique, adoré par une arrière-grand-mère, aveugle, Babanya, pour qui il était « La lumière de sa vie », et éduqué, avec « sagesse » par un pépé Jo, alcoolique et lubrique. Enfant qui a partagé la vie rude des paysans russes, et qui se souvient des récits effrayant sur sa grand-mère victime de La terrible Famine, et où il arrivait encore au XXème siècle, dans les coins perdus de la Russie centrale, que des enfants soient dévorés par leurs parents, rendus fous par la faim.

La danse des paysans. 1538. 1538. Tableau de Pieter Brueghel ou Bruegel dit l’Ancien.
« Et alors ? et pépé Jo ? pour vous donner une idée ! si vous avez vu ce Bruegel, « La danse des paysans » – vous l’avez vu, mon pépé. il est dedans ! tout à gauche, en train de rouler une pelle éternelle à une paysanne beurrée. il a un bonnet rouge, lui, et elle – en a un blanc. vous allez vite les reconnaître – ils sont aux anges  » Dimitri Bortnikov

La Famine, le fléau que l’on tait, Lui, le narrateur, double de l’auteur, la subira aussi, à l’âge de vingt ans, à l’heure où l’URSS comptait ses dernières heures. Il est appelé en service militaire au Pôle Nord, affamé par ses supérieurs qui ont mal rempli les formulaires administratifs pour se faire livrer la nourriture.
« J’ai jamais pensé qu’un homme peut avoir faim comme ça ! dalle du matin au soir ! faim de punaise ! ah oui ! mille tiques ! on bouffait comme si on avait le bide troué ! toujours prêts à mordre la semelle du copain ! ».
Mystique russe

Anges, démons, réincarnations d’enfants perdus dans le blizzard, roi des rats qui porte chance, icône du « Larron », sorte de diable populaire orthodoxe, apparaissent, surgis des brumes de la mystique populaire russe. Et l’auteur se permet de majestueuses envolées, surtout quand vient la neige, qui recouvre tout et spécialement nos certitudes de la réalité, comme dans un tableau de Bruegel.

L’adoration des mages en hiver, par Pieter Bruegel

De Paris à Samara, on suit l’écrivain Dimitrius, qui se débat entre vraie désespérance, combat pour survivre, humour, sarcasmes et jurons protecteurs, recherche de l’amour et profonde humanité, et qui ne cesse d’écrire pour lécher les plaies du temps qui passe. « L’amour n’existe pas sans la mort », confie-t-il, en interview. Le dernier roman de Dimitri Bortnikov, « Face au Styx » est une parabole, quasi métaphysique, une recherche de « La vision », celle qui nous renvoie à l’autre côté de la vie, peut-être vers nous-mêmes aussi. Dimitri Bortnikov, témoigne que l’écriture de ce roman, l’a profondément transformé et qu’à travers ses personnages, c’est sa propre réalité qu’il est allé quérir. En nous emportant, nous lecteurs, au passage.

Bibliographie de Dimitri Bortnikov
Je suis la paix en guerre, lettres d’Ivan le Sévère, dit Ivan le Terrible, trad. Dimitri Bortnikov, Allia, 2012
Le Syndrome de Fritz, (Booker Prize russe en 2002) éd. Noir sur Blanc, traduction Julie Bouvard, 2010, rééd Libretto, 2012.
Repas de morts, éditions Allia, 2011.
Furioso, éditions Musica Falsa, 2008.
Svinobourg, traduction Bernard Kreise, Le Seuil, 2005.

L’actu commentée par Romuald Dzomo : Permis de conduire pour les saoudiennes, permis de cogner, permis de brader l’industrie…

Aujourd’hui le Billet de notre chroniqueur Romuald est bien fourni, nous le publions donc en une. Romuald c’est l’actu local relié au Global, il nous parle de sa petite famille comme il nous décrypte à sa façon l’actu mondial en avec ses fins jeux de mots. il nous parle autant de son Cameroun natale que de sa France d’adoption… L’actu par Dzomo, c’est toujours aussi rigolo, appréciez le dernier long billet l’ #ladzomo :
Les saoudiennes vont pouvoir conduire….Allahou akbar ! La « faim » de l’impôt sur la fortune, Merci qui ? Merci Macron. Compensation assurée Avec les 5 euros des APL. C’est comme Alstom et Siemens, c’est un mariage forcé. Mais c’est un mariage. Encore un flash ball actif dans l’œil d’un ……dans l’Essonne…. Donnez son nom siouplait….pour une comparaison avec le pays de Trump. Toujours facile d’analyser Avec roulement de mécaniques les injustices qui se passe chez les autres. Cambedelis, dit que Valls c’est le génie des carpettes. Il s’est couchéeeeeee pour que Macron ne lui mette pas un candidat en face. Il le découvre après la défaite.

Cameroun:
Les Wadjo défendait Ahidjo parce que tous voyaient qu’il était l’un des leurs et avait à cœur de développer le Cameroun et le nord : lycee classique de Garoua, stade de Garoua etc….Le problème avec certains Betis des réseaux sociaux c’est que au lieu de recenser les réalisations dans leur village pour venir verser waaaa sur les réseaux sociaux en 30 ans de règne, ils viennent disserter sur la crise anglophone, sur l’incompétence de Kamto, l’échec de Cabral Libiih sur sa campagne mille milliards d’inscrits sur les listes électorales. Son équipe est tellement occupée à se goinfrer que personne ne réfléchit à l’offensive. Voici une vidéo de destruction massive. Il y en a des tonnes qui sont versées sur la toile. Quand tu la vois, tu te dis what ? En 2017. Au même moment tu as les barons Betis qui sont affichés avec des richesses insolentes. N’en voyez pas de la jalousie mais le choc des images en communication. Exemple la Maison pharaonique de Samba le vendeur de cacao, le salaire, puis la gestion très relax du DG de la CNPS, alors même que paraît il les retraités ne sont pas toujours payés. Après on va dire ….la diaspora. Même les évêques refusent de prendre position collectivement. Ils sont d’ailleurs menacé d’être embastillé au nord et Sud ouest pour complicité active dans les villes mortes. Ils en ont marre. Et puis il y en a un qui est assassiné de temps en temps. Pour le coup c’est encore un Beti, Mgr Mballa. Quand on vous montre la lune, Vous regardez le doigt. Prenez les images des réalisations de Paul Biya dans vos villages et mettez les sur facebook. Moi la Route Saa Pont de l’enfance est une catastrophe, mais il y a petit point de Santé œuvre du Ministre Urbain Olanguena Awono. Venez défendre ses réalisations. Seul le bilan peut pour clouer le bec à ses contempteurs. Vous qui l’avez, affichez le. En démocratie, on affiche son bilan. Et en 30 ans c’est facile. Pour Vous y encourager une vidéo de la rentrée scolaire de la télé des Bamis Comme vous dites. En même temps, ce n’est pas à la Crtv que vous verrez de telles massues. Bon ma fille, celle que j’ai eu au Cameroun, avec sa Maman, une fille mvele d’esse, rencontrée à la paroisse St Michel Archange d’Elig Edzoa a 20 ans ce matin. Nous vivons ensemble. Elle peut me « grand periser » à tout moment. Être père….j’ai compris. Quand mon feu papa nous criait dessus, je ne comprenais pas toujours. Parfois Anouchka Dzomo fait pareil. Donc je regarde, comme papa. Quand je vais mal je la sens très inquiète comme moi avec papa. Quand elle va me demander des sous, elle monte des scénarios comme moi avec papa. Elle ne comprenait pas ma passion pour le social après Sciences Po. Après des jours de bénévolat chez ANI et un Service Civique, elle dit…..elle dit avoir trouvé sa voix/voie…..la même que moi…lap ! Moi je n’influence personne. Trouve ta voie…..je te soutiendrai. J’aime beaucoup ma première. Elle est le symbole des symboles. Papa s’en est allé en 1997 à 52 ans, 3 mois après sa naissance. Elle m’a suivi en France, 3 mois après mon entrée. Elle a traversé une année difficile. J’ai découvert une autre forme de patience. Peut être qu’elle s’en remet inch Allah. De temps en temps elle fait sa noire et fière….aime la danse….bref ! Elle me surveille ….la surveillante générale. Joyeux anniversaire ma chérie !

Collège de la Belle de Mai : situation intenable, l’hygiène des locaux n’est plus assurée, à cause de suppression des postes d’agents d’entretien CUI-CAE, les profs reçus au Conseil Départemental

Le personnel du collège de la Belle de Mai est passé à une démonstration de force, ce matin 26 septembre, en occupant le collège et en manifestant devant le Conseil du département. Ils ont été finalement reçus par la direction du service éducation. La réponse du Conseil Départemental se veut rassurante, en évoquant des solutions de postes à court et moyen terme pour les collèges du département. Cependant, aucun véritable garantie n’a été donnée, le tout croulant sous une tonne de détails techniques et juridiques, jusqu’à embrouiller les profs eux-mêmes. Seule certitude : Le Conseil Départemental possèderait une enveloppe budgétaire nécessaire à des remplacements de poste, précaires à court terme, et peut-être plus pérennes par la suite. Mais aucune annonce officielle n’a été faite. Cette situation est emblématique de ce qu’il se passe actuellement dans l’Education Nationale, en France et spécifiquement dans les Bouches-du-Rhône, où rien n’a été anticipé, malgré les justifications de la direction du Conseil Départemental, qui affirme avoir été surprise par les décisions de non renouvellement des CAE, une semaine avant la rentrée. D’autres collèges du département ont déposé un préavis de grève, comme cet après-midi à Château-Double et Miniet, à Aix-en-Provence, confrontés au même marasme. En tout, 300 CUI ont été supprimés dans les collèges du département.

Devant le Conseil Départemental, le personnel du collège de la Belle-de-Mai manifeste

C’est le beau cadeau de rentrée fait au collège la Belle-de-Mai : deux postes d’agents d’entretien, employés en CUI-CAE ont été supprimés. Et deux autres postes d’agents d’entretien ne seront pas renouvelés, très prochainement, dès la mi-octobre. La situation au collège de la Belle de Mai est donc « proprement » au sens littéral, intenable pour le personnel et les élèves. Car le personnel en Contrat aidé assurait l’entretien, le ménage des locaux, et les aides à la cantine et en récréation. Un enseignant confiait même que les élèves sont contraints de se retenir d’aller aux toilettes des journées entières, à cause de la saleté. Face à cette suppression brutale des postes, l’ensemble du personnel du collège de la Belle de Mai, syndiqué comme non syndiqué, s’est mobilisé depuis la rentrée et a demandé audience, à plusieurs reprises, au Conseil Départemental et à la direction Académique des Services de l’Education Nationale pour obtenir réintégration du personnel et la pérennisation des postes. Jusqu’ici sans résultat. Jusqu’à ce matin…. Comme si, les établissements scolaires du département étaient contraints de faire grève et de mendier, au cas par cas des postes, supprimés par Macron…

Débriefing après avoir été reçu par la direction du Conseil Départemental

Devant le Conseil du département à Saint-Just, tous les enseignants du collège s’étaient rassemblés devant un petit tas d’ordures, pour montrer que le collège n’est pas une poubelle. Vers 11h30, trois personnes ont été reçues par le directeur du service éducation collège. Le Conseil départemental a déclaré « qu’il était conscient de la situation et qu’il ne s’était pas désengagé et allait essayer de compenser le désengagement de l’Etat. Que les solutions étaient à l’étude mais que, d’un point de vue réglementaire, il n’existait pas de solutions juridiques finalisées. »
Pour le collège de la Belle-de-Mai, pour remplacer les CUI, le Conseil départemental travaille sur deux types de scénarios possibles d’embauche rapide de deux personnes en plus. Mais aucune information, ni aucune garantie, n’a été donnée, ni sur le type, ni sur la durée des contrats.

En débriefing, le personnel tente de comprendre ce que va proposer concrètement le Conseil Départemental, mais devant l’opacité et la complexité du montage des dossiers, les enseignants et le personnel n’ont pas tous compris la même chose. Pour le collège de la Belle-de-Mai, pour remplacer les CUI, le Conseil départemental travaillerait sur différents scénarios possibles d’embauche rapide de deux personnes en plus. Mais aucune information, ni aucune garantie, n’a été donnée, ni sur le type, ni sur la durée des contrats.
Il reste donc beaucoup d’interrogations. Et devant l’urgence de la situation, le personnel de la Belle-de-Mai est déterminé à retourner manifester s’ils n’ont rien obtenu la semaine prochaine.
A la sortie un des responsables du syndicat CGT du Conseil Départemental a informé qu’il allait rejoindre dans l’après-midi deux autres collèges qui ont déposé un préavis de grève dans le département à Château double et Miniet (Aix-en-Provence) La CGT appelle à une union des divers collèges du département.

Car si les emplois aidés n’étaient que des rustines sur la déliquescence des services publics français et notamment de l’éducation nationale, ils permettaient, bon gré, mal gré, d’embaucher du personnel dont l’école ne saurait se passer. Comme les agents d’entretien….
Le délégué CGT du Conseil départemental, Jean-François Cast, rappelle que le syndicat entend mener la bataille pour défendre ces emplois CUI-CAE, « même s’ils sont précaires ». La CGT tente de coordonner l’ensemble des revendications et protestations sur les 350 000 CUI qui ont été « supprimés au mois d’août par le gouvernement, un plan social qui ne dit pas son nom », estime le syndicaliste. Le syndicat se bat aussi pour la création de postes non précaires, sur l’ensemble des collèges.

Trois enseignants du collège de la Belle-de-Mai

Une de professeurs du collège de La-Belle-de-Mai relatait que l’Education Nationale avait aussi proposé d’embaucher des conseillers d’éducation (les fameux pions) en contrats aidés, ceux à quoi, les enseignants du collège s’étaient fermement opposés. En revanche, ils n’avaient pas eu d’autres choix que d’accepter que soient embauchés avec ce type de contrat précaire, les agents d’entretien. Or aujourd’hui, 2 d’entre eux sont supprimés et deux autres ne seront pas renouvelés (dont l’un dès la fin octobre). Faisant reposer sur deux seules personnes la tâche que réalisaient, au préalable, 4 personnes. Autant dire, impossible…

Le Conseil Départemental n’a pas anticipé la suppression des CUI pour les agents d’entretien de l’Education Nationale
Côté budget, avant Macron, les quatre CUI représentaient un engagement de l’Etat. Selon la direction du Conseil Départemental, qui s’est justifié auprès de la délégation, le Conseil Départemental aurait été prévenu trop tardivement du désengagement de l’Etat, c’est-à-dire, fin août, su la non reconduction de certains CUI. En fait, ont-ils expliqué, ils tablaient sur la reconduction des contrats pour les agents d’entretien.
Au final, 80 postes en CUI, dans les collèges du département vont être encore reconduits une fois, par le Conseil Départemental, et un scénario de remplacement par un autre type de contrat qui serait accessible aux personnes éligibles au RSA est à l’étude, sur le court terme, pour remplacer les CUI partants. De plus, l’idée de pérenniser des contrats, à moyen terme, dans les collèges sur des postes, auparavant remplis par des CUI-CAE est également l’étude au CG.

Expo : Jack London dans les mers du Sud

Avec l’exposition Jack London, dans les mers du Sud, La vieille charité se concentre sur le périple de l’écrivain américain dans l’exploration des îles du Sud du Pacifique, entre 1907 à 1909. C’est l’occasion pour le visiteur, de découvrir, sur les traces de Jack London, des cultures riches et encore peu connues aujourd’hui de ce côté-ci du monde, Iles Marquises, îles Hawaï, Iles Salomon, Vanuetu (Nouvelles Hébrides), Fidji, Tahiti, Moorea, Raiatea, Bora Bora ou la sauvage Mélanésie, à l’époque cannibale…-. A travers des documents photographiques exceptionnels, pris par Jack London ou ses équipiers, qui constituent des témoignages uniques ethnographique de ces peuples des îles du Sud Pacifique. On pourra également explorer la richesse et la diversité des cultures, où les artistes créaient avec les seuls éléments récupérés dans la nature, des œuvres d’art d’exception.
Et c’est aussi l’occasion d’explorer la vie, l’œuvre et la personnalité attachante de Jack London, fils des classes américaines laborieuses, écrivain engagé, et aventurier, qui décède, à l’âge de 40 ans. Un exposition à voir jusqu’au 13 janvier.

Jack London

« J’aimerais mieux être un météore superbe, et que chacun de mes atomes brille d’un magnifique éclat, plutôt qu’une planète endormie.
La fonction propre de l’homme est de vivre, non d’exister. Je ne perdrai pas mes jours à essayer de prolonger ma vie. Je veux brûler tout mon temps… » écrivait Jack London. La comète Jack London a effectivement brillé très fort et peu longtemps.

Barque tahitienne

En 1907, Jack London, son épouse Charmian et un équipage d’amateurs, embarquent à Oakland, Californie, à bord du Snark, un voilier de 17,5 mètres spécialement conçu pour cette aventure. L’écrivain part aussi sur les traces de ses héros, Robert Louis Stevenson, l’auteur de l’Ile au Trésor et Herman Melville, auteur de Moby Dick, qui ont, avant lui, navigué dans cette région du monde. Avec ses récits et des photographies, Jack London rapportera de cette expédition des objets ethnographiques qu’il conserve dans son ranch à Glen Ellen, en Californie. Ce périple lui inspirera Les Contes des mers du sud, La Croisière du Snark, Fils du soleil …

Jack London, l’auteur de « l’Appel de la forêt », a déjà plusieurs vies derrière lui, quand il commence son périple. Après une enfance misérable dans le ranch de son beau-père, il commence une vie d’errance à quinze ans. Il exerce ensuite de nombreux métiers pour survivre : balayeur de jardins publics, menuisier, agriculteur, éleveur de poulets, pilleur d’huîtres, patrouilleur maritime5, blanchisseur, chercheur d’or au Klondike. Il a vécu ses jeunes années, auprès des pirates de la Baie de San Francisco ou des chasseurs de phoques en mer de Béring. Il se lance dans un premier voyage, de 4000 km sans escale, dans l’Océan Pacifique pour rejoindre Hawaï. « Tous doivent endurer de terribles tempêtes, révélant implacablement les défauts de construction du voilier et le manque de préparation de l’équipage. »

Jack London et sa femme sur le Snark

Art des Fidji, écorce végétale, pigments

Guerrier fidjien,1907

Village dans les Iles Salomon

Il séjourne longuement aux iles Hawaï. Puis le Snark met le cap vers les Marquises et à Nuku Hiva où Jack et son épouse explorent à cheval la vallée de Taïpi, qu’Hermann Melville a relaté dans son roman Taïpi. Ils se rendent à Samoa où est enterré Stevenson.
Dans les îles « de la Société », Tahiti, Moorea, Raiatea, Bora Bora…, les London rencontrent Tehei, un pêcheur polynésien qui leur apprend à pêcher sur une pirogue à balancier et qui décide de les accompagner pour le reste du voyage…

Ile de Lépreux

Depuis la fin du XIXème siècle, les Lépreux sont regroupés sur l’Ile de Molokai, non loin d’Hawaï. En 1907, l’Ile abrite 800 lépreux, Jack London se rend sur place pour écrire un article pour faire évoluer le regard sur cette maladie. Il prendra aussi des photos.

Lépreux de l’Ile de Molokai ; photographié par Jack London, 1907

Homme des îles Salomon en costume traditionnel

Esclavagisme en Mélanésie et aux Iles Salomon

L’équipage se rend, ensuite en Mélanésie, plus reculée, plus sauvage, « dont la réputation cannibale des populations exerce à l’époque fascination et effroi sur le public occidental ».
Ils accostent aux Fidji, aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu) et enfin aux îles Salomon. Invités aux danses et cérémonies traditionnelles, ils sont aussi les témoins de l’inégalité qui y règne, entre les planteurs et les populations locales, littéralement réduites en esclavage et déplacées d’île en île…Ils découvrent le phénomène des « blackbirders », des aventuriers qui naviguent d’île en île sur des goélettes pour recruter de la main d’œuvre pour les plantations. Mais ils emmènent souvent de force les populations loin de leur terre pour la effectuer la récolte de la canne à sucre ou de la noix de coco. Ce phénomène, très répandu au XIXème siècle en Océanie vit au début XXème ses dernières heures. Mais les London en seront témoins.

Bateau recruteur d’esclave, Mélanésie. 1907

En août 1908, Jack et Charmian London embarquent sur un de ces « bateaux-négriers », le Minota et assistent à une campagne de recrutement dans la région de Malata. Les photos témoignages de ces abus, prises par le couple, sont précieuses. Ces photos de Mélanésiens à bord du bateau-recruteur Eugénie, avec les rangées de fils barbelés, pris en 1908 résonnent étrangement dans notre actualité…

Population de Mélanésie,1908

Dans les îles Salomon, l’équipage du Snark est rattrapé par des problèmes de santé. Jack, lui-même gravement atteint, comprend qu’il n’a plus d’autre choix que de mettre un terme à sa croisière autour du monde.

Martin Johnson, le cuisinier du Snark devenu cinéaste, transforme les populations des îles en « monstres de foires »

On pourra également découvrir, avec un certain malaise, à la fin de l’exposition, des photos et films de Martin Johnson. Ce personnage fut d’abord cuisinier, puis mécanicien à bord du Snark. Dix ans après cette expérience, devenu cinéaste, il revient aux îles Salomon et aux Nouvelles-Hébrides (Vanuatu) avec une caméra, pour réaliser les premiers films. De larges extraits de ceux-ci sont projetés dans l’exposition. Avec des photos, et des affiches de spectacles souvent racoleuses, sachant que Martin Johnson avait décidé de gagner sa vie, en mettant en scène ses aventures dans ces îles. Il créait des spectacles, avec récits et photos, et surtout commentaires et avait tendance à faire de ces populations des monstres de foires….Ce que n’a jamais fait Jack London. Cette partie attribuée à Martin Johnson est l’un des bémols d’une exposition, par ailleurs très instructive….