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<FONT COLOR="#01B0F0">Enquête Med’in Marseille sur les rapports femmes-hommes : Les inégalités Hommes-femmes : dans les faits ça coince encore. Qu’en pensent les jeunes ?

25 novembre 2011 - Dernier ajout 6 décembre 2011

Une enquête de l’observatoire des inégalités sur les disparités hommes-femmes en France et en Europe est sortie en mars 2011. Mauvaise nouvelle, les femmes sont souvent plus pauvres que les hommes. Côté jeunes, la notion de différence entre les sexes a été mesurée en 2010 par Ipsos Santé pour la Fondation Wyeth, conclusion : les 3/4 des ados reconnaissent qu’être une fille ou un garçon change beaucoup de choses. Et les stéréotypes ont toujours la vie dure !


 

Pour l’Observatoire des inégalités, l’égalité homme-femme n’est pas tout à fait au goût du jour. « Les inégalités entre les femmes et les hommes se réduisent, mais on est encore loin d’atteindre l’égalité ». Et évidemment, nos plus jeunes ressentent vivement cette inégalité. Pour sa part, Ipsos Santé a recueilli les avis d’un millier d’adolescents, sur la notion de différence et en particulier des différences entre les sexes. Petit focus…

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1 Moins d’inégalité homme-femme en matière de formation

Bonne nouvelle en matière d’éducation, les filles rattrapent leur retard. En France, 58 % des étudiants à l’université en 2009-2010 sont des filles contre 43 % en 1960-1961. La situation a donc bien progressé depuis 50 ans. Mais c’est dans le choix des filières que les écarts se creusent. Les filles représentent 70 % des étudiants en lettres et sciences humaines, mais moins de 30 % dans le domaine des sciences fondamentales. Et au lycée, les filles sont plus rares en série scientifique.

Et ces chiffres se retrouvent dans la perception des adolescents.
Mais les ados ressentent des inégalités en matière d’éducation : La différence de sexe est toujours synonyme d’inégalité pour environ deux tiers des jeunes : 75% des adolescents estiment qu’être une fille ou un garçon change beaucoup de choses.
« Une majorité d’adolescents ne croit pas à l’équité concernant le sexe. 60% ne croient pas que les parents éduquent de la même manière les garçons et les filles. 67% ne croient pas que les adultes traitent de la même façon les filles et les garçons. »
Et seuls 64% des adolescents croient qu’hommes et femmes ont les mêmes chances de réussite.

2 Stéréotypes : partagés entre les générations, les adolescents plus conservateurs que les adultes !

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L’étude pour la Fondation Wyeth montre que les stéréotypes sur les sexes touchent les nouvelles générations comme les anciennes. Les opinions des adolescents sont même légèrement plus conservatrices que les adultes (et en particulier les garçons adolescents) sur la virilité, le partage des tâches ménagères (3,2 % des ados pensent que c’est aux femmes de s’occuper des tâches ménagères contre 2,6% des adultes).

A la question ouverte de ce qui caractérise le fait d’être une femme, 13% des ados (filles et garçons confondus) répondent que les femmes font l’objet de discriminations.
A la même question sur ce qui caractérise le fait d’être un homme 17% des adolescents estiment que les hommes sont à l’origine de machisme/violence ou discrimination envers les femmes.

Sur l’affirmation « les hommes doivent être virils pour être de vrais hommes », les ados sont 4,9% à le penser, et les adultes un peu moins 4%.

Les adolescents pensent que le téléphone ou les tâches ménagères sont un peu plus féminins, et le sport ou les jeux vidéo, nettement plus masculins.

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3 Les modèles des ados : les parents et le couple Brad-Angelina

Comme modèle de la femme 41% des adolescents citent une femme de leur famille pour incarner la femme actuelle et 36% citent leur mère. Tandis que 26 % des jeunes hommes citent leur père dans le rôle de symbole masculin

Parmi les personnalités citées on trouve notamment :

- Le couple Angelina Jolie/Brad Pitt

- Sophie Marceau

- Barack Obama, Georges Clooney …

4 Autonomie des femmes, les adolescentes se rebellent !

Les opinions les plus avancées sur l’autonomie des femmes sont plus soutenues par les adolescentes que par les jeunes hommes (comme la décision d’être enceinte).

5 Hommes et femmes sont égaux face au chômage !

Depuis les années 70, le taux de chômage des femmes dépassait celui des hommes. Depuis 2009, les taux se sont rapprochés pour devenir équivalents : 9,4 % d’hommes sont sans emploi en 2010 ainsi que 9,1 % de femmes. « Les femmes ont bénéficié des créations d’emplois dans le secteur des services, de la distribution aux emplois domestiques, en passant par l’enseignement ou la santé. »

6 Conditions de travail : Aïe pour les femmes !

Plus défavorables pour les femmes et elles touchent un salaire 27% moins élevé que celui des hommes.

On est bien loin du compte en matière de travail

« Les femmes touchent au total un salaire 27 % moins élevé que celui des hommes, c’est-à-dire que les hommes gagnent 37 % de plus que les femmes. Dans le cas de travail à temps complets les femmes touchent 19 % de moins. »

A poste et expérience équivalents : les femmes touchent 10 % de moins.
L’inégalité des salaires entre hommes et femmes est la plus forte chez les cadres (30,7 %) (donc parmi les salaires les plus élevés).

A l’inverse, l’écart le plus faible se trouve parmi les employés (6,1 %), une catégorie majoritairement féminisée.

Les écarts de salaires ont baissé depuis les années 1950. Mais, depuis les années 1990, le réajustement a cessé, ceci est dû au fait que les femmes sont tenues à l’écart des postes à responsabilités les mieux rémunérés, et qu’elles sont plus souvent employées dans des secteurs à bas salaires tels que les services, le commerce, l’aide à la personne, par exemple.

Le temps partiel subi est essentiellement féminin

8,3 % des femmes salariées sont en situation de temps partiel subi, contre 3 % des hommes.

Plus d’emploi à temps partiel pour les femmes

« Derrière cette « égalisation » avec les hommes face au chômage, se cachent des emplois de mauvaise qualité à temps partiel, souvent subi, de moindres responsabilités, etc. Les femmes demeurent largement défavorisées sur le marché du travail. »

Ados, entre filles et garçons : tension sur ce point

« Si les adolescentes ne trouvent majoritairement pas normal que les femmes gagnent moins d’argent que les hommes, les garçons désapprouvent moins fermement et massivement. »

7 Inégalité de richesse entre hommes et femmes : les femmes plus souvent pauvres que les hommes

7,2 % des femmes sont en situation de pauvreté contre 6,3 % des hommes.
Cette précarité est plus grande après 75 ans où deux fois plus de femmes que d’hommes sont pauvres. Cela s’explique par le fait que les femmes vivent plus longtemps et qu’elles ont moins souvent occupé un emploi. Elles perçoivent des pensions très inférieures en moyenne.
Les jeunes femmes de moins de 30 ans sont aussi plus nombreuses que les hommes à connaître la précarité. Il s’agit notamment de mères célibataires avec de faibles revenus, qui perçoivent une allocation de parent isolé ou un maigre salaire à temps partiel.

8 Partage du travail domestique toujours inégal et ça peut continuer pour les jeunes générations !

Que les femmes aient ou non un emploi, elles en font toujours plus que les hommes à la maison.<br>

En moyenne, les femmes consacrent 3h26 par jour aux tâches domestiques contre 2h01 pour les hommes. Avec l’arrivée d’un enfant, ce partage inégal se perpétue, voire se creuse.
« En Europe, les hommes réservent entre 30 et 70 % de temps en moins que les femmes aux tâches domestiques. Ils sont quasiment absents de l’entretien du linge et du nettoyage. Conséquence de ces disparités, la durée du temps de loisir des hommes est nettement supérieure à celle des femmes. Une inégalité qui se répercute sur le temps professionnel des femmes, leurs loisirs, leurs engagements en politique, etc. »

Les ados : seul 69 % des garçons sont pour…<br>
Les adolescentes sont presque toutes pour le partage des tâches ménagères entre hommes et femmes, alors que les jeunes hommes en sont moins persuadés : « 92% des filles jugent qu’hommes et femmes doivent se répartir les tâches ménagères tandis que 69% des garçons s’y accordent (et avec moins de fermeté dans les opinions). »

9 En politique, on est loin du compte

Davantage de femmes dans la sphère politique mais on est encore loin de l’égalité. Seulement 18,5 % de femmes siègent à l’Assemblée nationale

« La loi de juin 2000 sur la parité a contribué à une meilleure représentation féminine dans les exécutifs nationaux et locaux. Au rythme actuel de progression en nombre de sièges obtenus par les femmes, la parité devrait être atteinte… dans 25 ans. »
Seules deux femmes en France sont à la tête d’une région, et elles forment la moitié des conseillers locaux. 13,8 % des maires sont des femmes, et elles ne dirigent que 6 des 38 communes de plus de 100 000 habitants. 257 femmes siègent au Parlement Européen depuis 2009, 736 députés, soit 34,9 %. Elles représentaient 30,3 % des élus en 2004.

10 Les femmes vivent plus longtemps mais les écarts se réduisent

« Si les femmes vivent toujours plus longtemps en France, l’écart d’espérance de vie à la naissance entre les hommes et les femmes s’est réduit entre 2000 et 2010 passant de 7,6 années en faveur des femmes à 6,7 années. Il faut dire que les modes de vie des hommes et des femmes se rapprochent, qu’il s’agisse de travail, comme de consommation de tabac ou d’alcool. A 60 ans, l’écart d’espérance de vie en bonne santé (sans problème de santé gênant la vie quotidienne) n’est plus que de 1,3 année. »

 

 

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