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Familles rroms installées par l’archevêché : l’humanisme a ses raisons que la politique ignore

25 février 2012

Dix familles, soit une vingtaine d’enfants et le double d’adultes, se sont installées dans l’effervescence jeudi matin, dans un lieu mis à disposition par l’archevêché de Marseille. Le cœur de la bâtisse inoccupée, située dans le quartier St-Pierre et gérée par l’AMPIL, bat de nouveau avec leur arrivée. Un emménagement teinté d’excitation contenue et finalement quiet, malgré la fronde opposée par les détracteurs du projet - CIQ et maire de secteur en tête. Ces derniers ont renoncé à manifester ; le bras de fer s’est joué la veille sur le terrain administratif, avec la délivrance d’OQTF à tous les Rroms mis à l’abri.


 

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Photo : A.-A. M

D’une église l’autre, d’une vie à l’autre. Ils quittent un terrain jouxtant l’édifice de St-Martin d’Arenc (Marseille 2e), frappée d’un arrêté de péril, pour un bâtiment de l’archevêché avec vue sur l’église St-Pierre (5e). Ils quittent des tentes pour un toit, le froid pour le soleil qui baigne à travers d’immenses fenêtres les pièces encore un peu nues. Dix familles rroms sont entrées jeudi matin dans un lieu mis à disposition par Mgr Pontier et dont la gestion a été confiée à l’AMPIL (Action méditerranéenne pour l’insertion sociale par le logement).

L’archevêque de Marseille s’était illustré en 2010 en cosignant avec deux autres représentants de la foi chrétienne une lettre dans laquelle ils en appelaient à « des solutions [...] individuelles, généreuses, raisonnables ». Face à l’inanité de l’interpellation des pouvoirs publics, qui au contraire et malgré la rudesse de l’hiver ont renforcé les mesures d’éloignement et d’expulsion de campements ces derniers mois, l’archevêché a décidé de prendre le taureau par les cornes en ouvrant pour quelques mois l’une des maisons de son parc foncier.

L’information avait fait bondir comité d’intérêt de quartier et par ricochet Bruno Gilles, maire des 4e et 5e arrondissements. « [...] Je suis chrétien, mais ma casquette d’élu m’oblige à soutenir la population. Le quartier n’en veut pas. Ça va juste faire monter le Front national », déclarait l’édile à La Provence mercredi.
Mgr Pontier n’a pas souhaité répondre à l’estocade. Une ligne de conduite suivie par le prêtre présent lors de l’aménagement le lendemain : « Revenez dans un mois ou deux. Pour l’instant, rien ne sert de parler. Il y a un temps pour crier et le temps de l’apaisement », analyse-t-il, sûr que le voisinage ne fera bientôt plus attention aux nouveaux arrivants.

Le mécontentement gronde encore pour l’instant. A un sit-in initialement prévu par des riverains emmenés par le CIQ, afin d’empêcher l’entrée des familles, se sont substitués quelques voisins venus pour certains tout sauf pour leur souhaiter la bienvenue. D’autres se sont montrés plus accorts.
La tentative d’empêchement a en fait pris un tour plus redoutable, investissant le champ administratif : la veille de l’installation, les ressortissants roumains rroms ont reçu une Obligation de quitter le territoire français... Les associations du Collectif Rroms doivent entamer un recours.

Jeudi, sur « instructions », les forces de l’ordre se sont présentées ; simple « prise de contact », elles resteront à distance.

Et tandis qu’enfants et adultes prennaient connaissance de leur nouveau chez-eux, soixante-dix « Gens du voyage » étaient dans le même temps expulsés du terrain surplombé par Grand Littoral, annonçait Rencontres Tsiganes, alimentant un peu plus la confusion entretenue entre « Voyageurs » et Rroms d’Europe de l’Est. Le préfet délégué à l’Egalité des chances Raphaël le Méhauté, en charge d’une mission de concertation préalable à une éventuelle table ronde sur le sujet soutenait dans le quotidien local le besoin selon lui de « clarifier si l’on parle de Gens du voyage, de Roumains ou de Rroms selon les localités ». Alors que, comme justement souligné par notre confrère, la situation des premiers relève du schéma départemental dédié.

Une actualité qui échappe un peu aux enfants qui s’égayent dans un immeuble de la place Pol Lapeyre. La perspective d’une vie adoucie, sûrement.

 



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