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Insolentes graines de journalistes des quartiers

17 septembre 2008 - Dernier ajout 18 septembre 2008

L’association L’Acte lance un appel à candidatures : elle recherche une quinzaine de jeunes ultra-motivés pour intégrer la deuxième session de son Atelier de journalisme, et faire vivre le journal-école Le Petit Insolent. Une solide formation informelle (ni diplôme, ni boulot assurés à la sortie, mais un esprit critique aiguisé), proposée gratuitement aux enfants des quartiers « populaires » de Marseille en priorité. Et qui a déjà fait ses preuves. Début des cours fin octobre.


 

L’idée est née dans l’esprit du journaliste Emmanuel Riondé, à l’automne 2006. Un an tout juste après le lancement de l’Atelier de journalisme de Bobigny, en région parisienne – une formation ouverte aux jeunes des quartiers populaires de Seine-Saint-Denis – il décide d’importer le concept à Marseille. Le but : « offrir aux jeunes de 17 ans et plus d’apprendre le métier de rédacteur de presse écrite ». Pas pour leur garantir un diplôme, ni un emploi au terme de la formation. Juste pour leur faire acquérir les bases, « les fondamentaux » de la profession.
Car « il y a un gros déficit en France dans les médias, en terme de présence de jeunes des quartiers. Nous voulons palier ça », explique Emmanuel Riondé. Le problème est que, souvent, ces jeunes ont « intégré inconsciemment » que tenter le concours d’une grande école ou devenir journaliste, ce n’était « pas pour eux ». Les écoles en question et les rédactions le leur rendent d’ailleurs bien.

Pour commencer, il faut des effectifs : Emmanuel Riondé, qui s’appuie désormais sur l’association L’Acte (présidée par Damien Boisset), lance un premier appel à candidature dans les médias locaux, dont nombre sont partenaires de l’opération. La Marseillaise, 20 Minutes, Le Ravi, les radios Grenouille et Galère, Marseille La Cité, CQFD… Tous relaient l’information. En novembre 2006, ils sont donc une douzaine de jeunes à intégrer la première session de l’Atelier de journalisme de Marseille. Neuf d’entre eux iront jusqu’au bout de la formation, qui courra finalement sur deux années scolaires. Le groupe, qui ne devait être initialement composé que d’habitants des quartiers nord, fera vivre en définitive la mixité sociale.
Durant la formation, ils conçoivent un petit frère au journal Dawa édité par leurs collègues de la banlieue parisienne, en contribuant à la création du Petit Insolent. Ils apprennent à éplucher l’information différemment, d’un œil critique, se frottent aux techniques journalistiques, bénéficient des lumières d’une photoreporter, découvrent les locaux de France 3 Méditerranée, des radios associées, assistent à la fabrication d’une maquette… Des exposés, présentés par des professionnels, leur ont aussi permis de s’initier à l’histoire et à l’économie de la presse, aux faits divers.
Quelques mois après la fin de la session, les retours ne tardent pas. Si tous les jeunes formés ne souhaitent pas faire du journalisme leur métier, chacun s’accorde à dire qu’il ne « lira plus jamais les journaux comme avant ». Trois « élèves » y voient pourtant leur avenir. L’une d’entre eux, Oummi, effectue même actuellement un stage au sein de la rédaction marseillaise de 20 Minutes. Une véritable « porte d’entrée » dans la profession.

Pari gagné pour Emmanuel Riondé, heureux d’avoir pu contribuer « très, très modestement à faire de ces jeunes des citoyens un peu plus avertis ». Tant et si bien qu’il poursuit l’aventure cette année. Et lance donc un nouvel appel à candidature. Cette fois, plutôt que de solliciter les centres sociaux, Emmanuel souhaite mettre à contribution les établissements scolaires pour transmettre le message. Quinze places sont disponibles. Pour postuler, pas besoin d’être bardé de diplômes, ou d’avoir un CV long comme le bras. Il suffit d’être motivé. Mais, attention : « très motivé ». Les cours viennent en effet s’adjoindre aux études déjà menées par ailleurs, et cela demande « un véritable engagement personnel », afin de tout mener de front. Comme lors de la première session, la troupe se réunira tous les vendredis soirs, dans le cyberespace prêté par la mairie des 15e et 16e arrondissements. Le journaliste responsable de la formation envisage de créer un blog, en sus du journal-école, afin de faciliter l’édition et la circulation des informations.
Tirant des enseignements de la précédente expérience, Emmanuel Riondé a porté quelques modifications : le stage n’est plus rendu obligatoire et la formation ne durera qu’un an. La charge de travail devrait s’en ressentir, en étant décuplée. Pour le plus grand bonheur des stagiaires à venir.

Si vous êtes intéressé(e) par l’aventure, téléchargez l’appel à candidature ci-dessous et mettez-vous en contact avec L’Acte.

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Appel à candidature atelier de journalisme

 

 

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