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J-2 avant les municipales où en est-on avec la diversité ?

7 mars 2008

Marseille aime à revendiquer son caractère multiethnique et sa richesse en terme de diversité.
Elle se veut championne dans ce domaine et les politiques l’ont bien compris faisant de ce thème, cette année, un soucis quasi permanent de leur campagne. La diversité retentie désormais comme un slogan presque incontournable dans la bouche des dirigeants des divers partis politiques marseillais.
Cet engouement nouveau a t-il tout autant d’impact sur les listes électorales ?
Se lit-il pour autant à la proportion de son omniprésence, de ses revendications, et de ses attentes sur ces mêmes listes ? A deux jours du premier tour des élections municipales quelle place est concrètement donnée à la représentativité des minorités dans le champ politique local ?


 

Cette année, le Modem a deux têtes de listes issues des minorités (Mohamed Laqhila : 13/14 et Saïd Ahmada : 15/16) et de nombreux candidats éligibles "C’est plus simple, nous avons fort peu de sortants", relève le chef de fil Jean-Luc Bennahmias.
Elu local depuis 2001, Mohamed Laqhila avertit du risque de nourrir le communautarisme : "Si je suis tête de liste du MoDem (7e secteur), ce n’est pas par rapport à un quota qui aurait été réservé à la diversité : les gens qui s’investissent en politique le font en tant que citoyens"
avait-il soutenu dans un entretien avec l’AFP en février dernier.
Les listes du PS Jean-Noël Guérini prévoient quant à elles six "élus de la diversité".
En cas de victoire, M. Guérini a promis le poste de première adjointe à Samia Ghali, tête de liste du 8e secteur. Les listes de M. Guérini ont été remaniées in extremis pour remonter en position éligible deux représentants de la communauté comorienne (au nombre de 70.000 à Marseille), très courtisée cette année. Le 16 février dernier, le comité national de la diversité lancé par le CRAN (Conseil représentatif des associations noires), avec notamment Prairial 21 (un groupe de réflexion de militants issus de l’immigration au sein du PS), avaient manifesté sur le Vieux-Port contre "les promesses non tenues".
"On se demande pourquoi il faut autant d’énergie pour que les responsables politiques tiennent parole" avait déclaré Patrick Lozès après le rassemblement devant la mairie centrale du 16 février dernier.
A l’UMP, les listes du maire sortant Jean-Claude Gaudin, elles, auraient trois ou quatre élus "de la diversité". Aucun n’est tête de liste, même si plusieurs sont en bonne place comme Myriam Salah-Eddine.
"On nous envoie toujours dans les combats difficiles" note Françoise Jupiter, présidente régional du CRAN PACA et candidate sur les listes Gaudin dans le 3e secteur.

Sur 101 membres du prochain conseil municipal, une dizaine devrait venir des minorités de couleurs ou d’origines immigrées : "ça double la mise par rapport à 2001, le paysage s’est un peu coloré" s’est réjouit Tahar Rahmani, ex-PS, aujourd’hui sur les listes de Jean-Claude Gaudin.
"Marseille a fait un réel effort, même s’il n’est pas suffisant : il faudrait arriver au double pour une juste représentation" de la population d’origine immigrée, estimée à plus du quart des 826.700 habitants, a t-il ajouté.
M. Rahmani avait symbolisé les difficultés à faire de la politique pour un candidat d’origine maghrébine de la deuxième génération en manquant être évincé des listes PS en 2001.
"J’ai fait la voiture-balai pour que le paysage soit plus net", dit-il aujourd’hui en riant. Et d’ajouter que la question est de savoir "si on associe les minorités simplement pour le symbole ou parce qu’elles sont un apport positif au conseil municipal".
Akli Mellouli, membre du conseil national du PS et de Prairial 21 souligne pour sa part : "La diversité est une réalité sociale, on ne demande pas de la faire : elle existe, on demande de la reconnaître".
Le vrai problème selon Hakim El Karaoui , président du club XXIe siècle fondé avec Rachida Dati "c’est le non renouvellement des élites". Il insiste aussi sur le fait que : "Les premières victimes ont longtemps été les femmes. Aujourd’hui ce sont les jeunes et les français d’origine immigrée".
En définitive, pour Marseille qui se veut championne de la diversité, il y a certes un métissage notoire sur les listes en vu des municipales, mais toujours pas équivalent à la proportion des personnes issues de l’immigration en France, et de fait insuffisant pour beaucoup.

 

 

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