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Soirée de solidarité pour les Rroms, la population répond présente

2 mars 2012

En l’honneur des familles Rroms préoccupées chaque jour par une situation drastique qui leur est imposée, des élans de solidarité et de reconnaissance s’organisent pour tenter d’apporter dans leur quotidien un peu d’aménité. Pour l’occasion, c’est aux côtés de la Fondation Abbé Pierre, de l’Ampil et Med’in Marseille avec le soutien de la Région Provence Alpes Côte d’Azur, que s’est déroulée la « Soirée de solidarité avec les Rroms » au théâtre Toursky. Un moment riche en événements articulé notamment par une exposition du photographe humaniste Kamar Idir, un film-documentaire en pleine immersion dans le quotidien des Rroms et une création de danse et de musique avec la Compagnie Mémoires Vives.


 

Associatifs, militants, simples habitants ou élus, se sont retrouvés mercredi soir au théâtre Toursky pour honorer la soirée de solidarité pour les Rroms et, par leur présence, témoigner de leur soutien. Au-delà du simple mouvement de fraternité, ce rassemblement a eu une visée pédagogique, celle de la connaissance et de l’empathie. L’exposition « Les Gitans à Marseille », du photographe Kamar Idir présente un intérêt documentaire autant qu’artistique. Elle met son public face à une réalité, celle de l’exclusion et de la précarité de personnes qui ne sont que des Hommes. Mais ces clichés tendent plus vers une invitation à la découverte d’un mode de vie, loin du misérabilisme. La profondeur du noir et blanc et la force de la lumière invitent le regard à faire connaissance, se rapprocher et parfois même s’immiscer au sein d’une population, trop longtemps écartée, ici même, le camp de gitans Ruisseau Mirabeau à Marseille.

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L’exposition « Les Gitans à Marseille »

Si les actions du quotidien laissent sous-entendre un mépris pour la population Rroms, le manque de chaises pour la diffusion du film-documentaire « Les Rroms, comme les autres, des Hommes », a prouvé que les consciences s’éveillaient et que la cause n’était pas perdue. Fin 2010, Med’in Marseille a suivi, pendant plusieurs mois, trois des dix familles Rroms à qui, après maintes montagnes déplacées par le tissu associatif, une main avait été tendue. Le délégué du préfet de l’époque, Christophe Reynaud, avait proposé un projet d’insertion sociale pour dix familles, confié à l’Association méditerranéenne d’insertion par le logement (AMPIL), qui avaient été logées dans le diffus et à qui avaient été délivrés des titres de séjour provisoire. Ce film, produit par l’AMPIL et la Fondation Abbé Pierre, a pour vocation, de « montrer que des familles qui sortent d’un squat pour aller dans un logement durable, c’est possible » a précisé Kader Atia de l’AMPIL. Seulement, comme l’a rappelé à juste titre Fathi Bouaroua, « le travail qui avait été engagé avec ces familles, c’était avant le discours de Grenoble et donc, (après cette allocution) tout ce qui avait été fait a été détruit. Avant ce discours, la volonté de la préfecture était à l’insertion et avait donné des moyens pour ces personnes. Ensuite, la situation a complètement basculé ». Une situation durant cette dernière année, qui n’a été que le miroir d’une politique discriminatoire menée par le gouvernement sortant.

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Kader Atia (Ampil) et Fathi Bouaroua (Fondation Abbé Pierre)

Chaque intervenant, de la Mission Roms de l’Ampil à la Fondation Abbé Pierre ont exposé leur combat journalier. Un combat pour la Mission Roms qui débute par l’accompagnement de ces familles pour qu’elles soient reçues dignement et qu’elles aient un accès au droit, et qui passe par ce projet habitat et la permanence. Après une rétrospective de cette dernière année où plus d’expulsions ont été intentées que de solutions, Patrick Mennucci maire du premier secteur de Marseille, a rappelé que « la seule solution pour cette affaire » était toujours et encore « la tenue de cette table-ronde », tant attendue et espérée. Une première idée avait été avancée, celle « de se mettre sur une système de répartition (des familles Rroms) dans la ville, où chaque secteur aurait la responsabilité de prendre en charge un certain nombre de familles permettant, de ce fait, une intégration plus rapide, telle qu’elle a été prouvée dans le film ». Le Conseil municipal a rejeté l’idée. Difficile de prendre des décisions, notamment en période électorale, lorsque l’on sait, comme le précise le candidat PS aux législatives, que « 70 à 80% des Français ne veulent pas de Rroms […] et qu’en tant qu’élus, nous sommes soumis à de très fortes pressions de la population ». Faut-il préciser aux 80% que ces populations Rroms sont eux aussi depuis 2007, des citoyens européens ? Jean-Marc Coppola du Front de gauche, suit régulièrement les actions menées envers la population Rrom. Après plusieurs rassemblements dont le dernier en date, en Préfecture, la délégation avait rappelé au préfet son engagement « pour commencer l’intégration d’une cinquantaine de familles, c’est à dire que l’Etat s’engageait à travailler sur la question de l’emploi, du logement, de l’éducation, de la santé. On va relancer cette démarche dès demain ». A bon escient, le candidat aux législatives a rappelé « que les droits de l’homme sont universels et qu’ils doivent être respectés ».

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Patrick Mennucci et Jean-Marc Coppola

Pour l’occasion, le Secours Catholique de Toulon a fait le déplacement avec huit personnes. Ionut Stan, médiateur et animateur en région PACA de l’association, a exposé une situation sur place beaucoup moins discriminatoire avec des projets qui ont été mis en place dès 2004 : « on a eu un projet pilote avec six familles qui visait à les accompagner socialement, à mettre en place une insertion professionnelle par l’instauration de projets économiques, et visant à améliorer l’habitat. On s’est mis en contact avec l’association Caritas blaj (en Roumanie) qui nous a permis d’accompagner et de garder le lien avec les familles en Roumanie et en France. Aujourd’hui, trois familles sont reparties en Roumanie : elles ont une maison et une mini ferme agricole ». Étrangement, la situation à 64 km de la Cité Phocéenne est à l’opposé de la persécution vécue ici.

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« Samudaripen : le génocide des Tziganes », création de 2010. Direction artistique et mise en scène de Yan Gilg, direction artistique de Mickaël Stöll

Le spectacle « Samudaripen : le génocide des Tziganes » mêlant danse hip-hop, slam et jazz manouche, a dévoilé de sombres pages de l’histoire. Cette création de la compagnie Mémoires Vives met en scène cinq danseurs, trois musiciens et un slameur qui retracent l’internement, la déportation et l’extermination des Tziganes internés par Vichy, durant la seconde guerre mondiale. Entre la bande sonore et les effets de lumières, le public a ouvert les yeux sur un spectacle abouti et maîtrisé, véritable clou de la soirée.

 



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