Collège de la Belle de Mai : situation intenable, l’hygiène des locaux n’est plus assurée, à cause de suppression des postes d’agents d’entretien CUI-CAE, les profs reçus au Conseil Départemental

Le personnel du collège de la Belle de Mai est passé à une démonstration de force, ce matin 26 septembre, en occupant le collège et en manifestant devant le Conseil du département. Ils ont été finalement reçus par la direction du service éducation. La réponse du Conseil Départemental se veut rassurante, en évoquant des solutions de postes à court et moyen terme pour les collèges du département. Cependant, aucun véritable garantie n’a été donnée, le tout croulant sous une tonne de détails techniques et juridiques, jusqu’à embrouiller les profs eux-mêmes. Seule certitude : Le Conseil Départemental possèderait une enveloppe budgétaire nécessaire à des remplacements de poste, précaires à court terme, et peut-être plus pérennes par la suite. Mais aucune annonce officielle n’a été faite. Cette situation est emblématique de ce qu’il se passe actuellement dans l’Education Nationale, en France et spécifiquement dans les Bouches-du-Rhône, où rien n’a été anticipé, malgré les justifications de la direction du Conseil Départemental, qui affirme avoir été surprise par les décisions de non renouvellement des CAE, une semaine avant la rentrée. D’autres collèges du département ont déposé un préavis de grève, comme cet après-midi à Château-Double et Miniet, à Aix-en-Provence, confrontés au même marasme. En tout, 300 CUI ont été supprimés dans les collèges du département.

Devant le Conseil Départemental, le personnel du collège de la Belle-de-Mai manifeste

C’est le beau cadeau de rentrée fait au collège la Belle-de-Mai : deux postes d’agents d’entretien, employés en CUI-CAE ont été supprimés. Et deux autres postes d’agents d’entretien ne seront pas renouvelés, très prochainement, dès la mi-octobre. La situation au collège de la Belle de Mai est donc « proprement » au sens littéral, intenable pour le personnel et les élèves. Car le personnel en Contrat aidé assurait l’entretien, le ménage des locaux, et les aides à la cantine et en récréation. Un enseignant confiait même que les élèves sont contraints de se retenir d’aller aux toilettes des journées entières, à cause de la saleté. Face à cette suppression brutale des postes, l’ensemble du personnel du collège de la Belle de Mai, syndiqué comme non syndiqué, s’est mobilisé depuis la rentrée et a demandé audience, à plusieurs reprises, au Conseil Départemental et à la direction Académique des Services de l’Education Nationale pour obtenir réintégration du personnel et la pérennisation des postes. Jusqu’ici sans résultat. Jusqu’à ce matin…. Comme si, les établissements scolaires du département étaient contraints de faire grève et de mendier, au cas par cas des postes, supprimés par Macron…

Débriefing après avoir été reçu par la direction du Conseil Départemental

Devant le Conseil du département à Saint-Just, tous les enseignants du collège s’étaient rassemblés devant un petit tas d’ordures, pour montrer que le collège n’est pas une poubelle. Vers 11h30, trois personnes ont été reçues par le directeur du service éducation collège. Le Conseil départemental a déclaré « qu’il était conscient de la situation et qu’il ne s’était pas désengagé et allait essayer de compenser le désengagement de l’Etat. Que les solutions étaient à l’étude mais que, d’un point de vue réglementaire, il n’existait pas de solutions juridiques finalisées. »
Pour le collège de la Belle-de-Mai, pour remplacer les CUI, le Conseil départemental travaille sur deux types de scénarios possibles d’embauche rapide de deux personnes en plus. Mais aucune information, ni aucune garantie, n’a été donnée, ni sur le type, ni sur la durée des contrats.

En débriefing, le personnel tente de comprendre ce que va proposer concrètement le Conseil Départemental, mais devant l’opacité et la complexité du montage des dossiers, les enseignants et le personnel n’ont pas tous compris la même chose. Pour le collège de la Belle-de-Mai, pour remplacer les CUI, le Conseil départemental travaillerait sur différents scénarios possibles d’embauche rapide de deux personnes en plus. Mais aucune information, ni aucune garantie, n’a été donnée, ni sur le type, ni sur la durée des contrats.
Il reste donc beaucoup d’interrogations. Et devant l’urgence de la situation, le personnel de la Belle-de-Mai est déterminé à retourner manifester s’ils n’ont rien obtenu la semaine prochaine.
A la sortie un des responsables du syndicat CGT du Conseil Départemental a informé qu’il allait rejoindre dans l’après-midi deux autres collèges qui ont déposé un préavis de grève dans le département à Château double et Miniet (Aix-en-Provence) La CGT appelle à une union des divers collèges du département.

Car si les emplois aidés n’étaient que des rustines sur la déliquescence des services publics français et notamment de l’éducation nationale, ils permettaient, bon gré, mal gré, d’embaucher du personnel dont l’école ne saurait se passer. Comme les agents d’entretien….
Le délégué CGT du Conseil départemental, Jean-François Cast, rappelle que le syndicat entend mener la bataille pour défendre ces emplois CUI-CAE, « même s’ils sont précaires ». La CGT tente de coordonner l’ensemble des revendications et protestations sur les 350 000 CUI qui ont été « supprimés au mois d’août par le gouvernement, un plan social qui ne dit pas son nom », estime le syndicaliste. Le syndicat se bat aussi pour la création de postes non précaires, sur l’ensemble des collèges.

Trois enseignants du collège de la Belle-de-Mai

Une de professeurs du collège de La-Belle-de-Mai relatait que l’Education Nationale avait aussi proposé d’embaucher des conseillers d’éducation (les fameux pions) en contrats aidés, ceux à quoi, les enseignants du collège s’étaient fermement opposés. En revanche, ils n’avaient pas eu d’autres choix que d’accepter que soient embauchés avec ce type de contrat précaire, les agents d’entretien. Or aujourd’hui, 2 d’entre eux sont supprimés et deux autres ne seront pas renouvelés (dont l’un dès la fin octobre). Faisant reposer sur deux seules personnes la tâche que réalisaient, au préalable, 4 personnes. Autant dire, impossible…

Le Conseil Départemental n’a pas anticipé la suppression des CUI pour les agents d’entretien de l’Education Nationale
Côté budget, avant Macron, les quatre CUI représentaient un engagement de l’Etat. Selon la direction du Conseil Départemental, qui s’est justifié auprès de la délégation, le Conseil Départemental aurait été prévenu trop tardivement du désengagement de l’Etat, c’est-à-dire, fin août, su la non reconduction de certains CUI. En fait, ont-ils expliqué, ils tablaient sur la reconduction des contrats pour les agents d’entretien.
Au final, 80 postes en CUI, dans les collèges du département vont être encore reconduits une fois, par le Conseil Départemental, et un scénario de remplacement par un autre type de contrat qui serait accessible aux personnes éligibles au RSA est à l’étude, sur le court terme, pour remplacer les CUI partants. De plus, l’idée de pérenniser des contrats, à moyen terme, dans les collèges sur des postes, auparavant remplis par des CUI-CAE est également l’étude au CG.

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