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Des vestiges de Massalia pour reconstruire une gauche en ruine ?

5 août 2017 - Dernier ajout 7 août 2017

En octobre dernier, en vue de la construction d’un immeuble de 8 étages et 3 niveaux de parking au boulevard de la corderie, dans le 7ème à Marseille par le promoteur Vinci, les archéologues de L’INRAP, découvrent une carrière grecque d’extraction de calcaire datant du V ème siècle avant J-C.
Les riverains de ce quartier historique au cœur de la ville, déjà hostiles à cet énième building, s’accrochent à cette découverte pour s’y opposer fermement et demander ainsi la sanctuarisation des vestiges.
C’est à ce moment là que l’historien Jean-Noel Beverini, émerveillé par ce trésor, lance une pétition adressée au maire de la ville Jean-Claude Gaudin, aujourd’hui signée par près de 10.000 personnes, exigeant la conservation du site. Suite à de nombreuses péripéties que nous allons vous résumer dans cette article c’est paradoxalement sur les ruines antiques de la plus vielle ville de France qu’une Agora de gauche s’est subitement reconstituée !? Récit :


 

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Vestiges de la Corderie à Marseille. Le site que Vinci tente d’ensevelir sous le béton et qui est l’objet d’une mobilisation.

Afin de soutenir cet appel donc, une habitante du quartier, Sandrine Rolengo, décide de s’emparer politiquement de l’affaire et fait entrer dans l’arène Jean-Luc Mélenchon, vaillant gladiateur qui a fait tremblé la droite aux jeux présidentiels mais qui a surtout terrassé un costaud du PS, le sieur Mennucci au premier round pour enfin gagner face à la candidate En Marche sur la circonscription voisine. Sandrine Rolengo, forte de ce soutient charismatique obtient donc une audience auprès de la ministre de la culture Françoise Nissan.
Le 26 juillet, la ministre fait part de sa décision, la conservation partielle ou entière du site.
Mercredi 2 août, affolés par les pelleteuses, les habitants contactent Benoît Payan, président du groupe socialiste à Marseille, le CIQ et les insoumis représentés par Sébastien Delogu, un jeune marseillais issu des quartiers Nord, très proche de Melenchon, tous deux avec la mobilisation des riverains arrivent à arrêter les tractopelles et se voient accorder 48h de délai pour trouver une solution.
Le CIQ, le PCF représenté par Christian Pellicani, le PS et les insoumis appellent à une mobilisation le lendemain à 18h devant le site .
Une cinquantaine de personnes répondent à l’appel, élus, représentants politiques, et historiens prennent la parole à tour de rôle.
Sophie Camard, suppléante de JLM exprime son mécontentement quant au bétonnage de l’histoire marseillaise, et se dit « se sent baladée entre ce que dit la ministre et le rapport de la DRAC PACA »

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De gauche à droite : Christian Pélicani, Sophie Camard et Benoit Payant

Benoît Payan, plus virulent dans ses propos, maitrise la foule et réclame le retrait du permis de construction à la mairie, selon lui « on ne peut détruire cette mémoire, déjà qu’il reste pas grand-chose à Marseille, les buildings peuvent être construis ailleurs »
La mobilisation se termine sur un autre rendez-vous le lendemain matin, vendredi 3 août, elle fut très faible mais arrive quand même à faire reculer les travaux.

Pour apaiser les tensions, Vinci immobilier, décide de reporter les travaux à début septembre, après la réunion qui aurait lieu le 30 ou 31 août à la préfecture, en présence de tous les acteurs de ce projet.

Mais ça ne se finit pas, les paroles d’experts se multiplient, et réclament l’arrêt du projet, et encore une fois c’est Jean-Luc Melenchon qui est appelé à la rescousse à travers les réseaux sociaux, cette fois-ci c’est par l’archéologue, fondateur du musée de l’histoire à Marseille, Alain Nicolas.
Une affaire qui n’est pas prête d’être réglée aussitôt, mais dans tous les cas, les représentants de la gauche ont compris qu’en ayant agis ensemble main dans la main, ils ont « presque » obtenu gain de cause.

Marseille fut longtemps la plus ancienne ville de France sans trace de son antiquité. Est-ce qu’en voulant conserver ce vestige Massaliote que la gauche évitera la ruine, vivra de nouvelles épopées ? Probablement car Marseille a toujours été une vile insoumise et avec l’ "Estranger Jean-Luc Mélenchon" les histoires ne font que commencer ! N’oublions pas que de Gyptis à la partie de carte de Pagnol, le Grec ou le Lyonnais bref l’étranger a toujours un rôle ! Histoires de fondations massaliotes de refondation de la gauche à suivre…

 

 

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