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« Double Cultre » de Najla Hidri : Un parcours pour comprendre l’altérité.

30 avril 2017

Dans ce livre agréable à parcourir, l’auteure nous promène aux grés de ses passions et de ses doutes dans la mer agitée de son questionnement identitaire. Ce livre chacun de nous aurait pu l’écrire. L’histoire que nous narre Njala et la nôtre, ses mots sont les nôtres, ses maux aussi.

« J’ai deux pays, deux cultures, deux nationalités, deux langues, deux vies, deux appartenances. Et alors ? J’ai donc le choix entre deux choses ; partir ou rester, partir ou revenir. Je pars pour les uns, je reviens pour les autres, c’est du pareil au même, je serais toujours insaisissable ».


 

Dans son travail d’introspective identitaire, Najla nous emmène dans son monde frétillant de rêves et de passions. Comme des millions d’enfants d’immigrés, elle se bat contre la dualité de sa personne, elle nous raconte sa quête d’identité, écartelée entre la certitude d’être tunisienne et le doute de ne pas être française, du moins comme cela le lui a été demandé à la préfecture lors de sa demande de nationalité française.

L’identité de Najla est si ambivalente, qu’inconsciemment quand elle parle de la France, ses références sont « arabes », et quand elle vous parle de la Tunisie c’est la culture française qui anime son récit.

De cette complexité elle oppose tout et son histoire révèle le profond malaise qu’éprouvent des millions de français d’origines étrangères tiraillés entre leurs doubles cultures sans lesquelles pourtant ils ne se seraient pas construits.
Cette quête identitaire Najla ne la désigne pas comme une souffrance permanente car elle est bien heureuse, après avoir passé ses vacances en Tunisie de retrouver le calme et le réconfort de sa ville Lyon, tout comme elle revit lorsqu’elle arrive à l’aéroport de Tunis Carthage pour commencer ses vacances dans son autre pays.
A la vérité, Najla ne cherche pas vraiment à répondre à ses propres questions car au final, elle s’accommode bien d’être et tunisienne, et française.

Non, ce qui torture Njala et ce qui nous torture nous aussi, c’est de devoir répondre aux questionnements des autres. Ces autres qui nous ont demandé de nous intégrer, de nous assimiler, de nous franciser. Ces autres pour qui, tour à tour nous avons été des beurs puis des Franco musulmans et pour qui nous serons demain fatalement autre chose. Najla ne veut pas de cette identité intégrationniste, qui nierait sa double culture, sa double appartenance, cette richesse culturelle dans laquelle elle a appris l’amour des mots et de la musique et dont les seules frontières sont l’horizon de la méditerranée.

Maurad Goual

 

par Maurad Goual - Dans > Des Livres



 

 

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