Articles

Accueil > Actualités > "Les Herbes Folles", l’école autrement

 

"Les Herbes Folles", l’école autrement

9 novembre 2017

« Les Herbes Folles » est un documentaire sur l’aventure de la nouvelle école Bricabracs, créée, par un instituteur et un groupe de parents, désireux de proposer à leurs enfants une voie d’éducation différente. Cette école faite de « bric et de broc », d’où son nom, « Bricabracs », est installée au milieu des quartiers Nord de Marseille entre des jardins partagés, un temple protestant et une école publique. Et ici s’invente une autre façon d’aller à l’école avec Erwan, instituteur rebelle et démissionnaire de la fonction publique et des parents impliqués qui se battent jour après jour pour faire exister une école autrement. Cette expérience nouvelle a été filmée par la documentariste Lucie Thierry. Aujourd’hui épaulée par l’association Art Up 13, et sa directrice Elise Meouchy, le film est en phase de financement participatif, pour la post-production. Rencontre avec la réalisatrice et la productrice.


 


Les enfants de l’école Bricsabracs, photo extraite du film "Les Herbes Folles", de Lucie Thierry,

Des enfants de 6 à 8 ans s’inventent des mondes merveilleux, des cabanes magiques avec des cagettes de légumes récupérés. Ils disposent, redisposent…hérissent des murs, des cachettes, se séparent, intègrent les copains dans leur jeu ou les rejettent. La caméra de la documentariste, Lucie Thierry, capte ces instants de liberté et d’apprentissage du vivre ensemble des enfants de l’école Bricabracs. Et comment soudain la cagette, sans grande valeur marchande devient la valeur de référence…le bien le plus précieux au monde. Nous sommes bien, grâce à Lucie Thierry, dans le monde enchanté et cruel de l’enfance… Ce monde qu’Erwan, l’instit va aborder, tenter de faire grandir, d’utiliser, pour dispenser des apprentissages scolaires, par d’autres biais. Alors ces cagettes deviennent la clef des maths, la clef du juste échange, la clef de l’apprentissage….
Monteuse de formation, Lucie Thierry a longtemps travaillé en Afrique, au Burkina Faso notamment, où elle a réalisé son premier documentaire « Poussières de Femmes », qui a reçu de nombreux prix internationaux et a été diffusé sur la chaîne Arte. Il relate le parcours de trois femmes qui balayent les rues d’Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.

C’est peut-être l’entêtement de Jean-Claude Gaudin, à refuser de mettre en place dans les écoles marseillaises, les fameux TAP, Temps d’Activité Périscolaire en 2013 et les nombreuses manifestations de parents qui en ont suivi qui a poussé certains parents et enseignants à vouloir s’affranchir du système de l’éducation nationale. Et de chercher à inventer un autre rapport à l’école. En tout cas, la documentariste Lucie Thierry se rappelle qu’alors maman d’un enfant de 3 ans, le mépris de l’équipe Gaudin et l’injonction faite aux parents à faire garder leurs enfants par leur propre moyen a résonné de façon très forte chez elle. « C’est par le flot des aventures enfantines et de réflexions des parents que je questionne l’école dans ses fondements, sa place et son rôle politique et social dans la société actuelle. Quelle place avons-nous en tant que parents et citoyen dans l’évolution de cette école ? Et si l’école était à l’image de notre société, de quelle société rêvons-nous pour nos enfants ? », explique-t-elle en exergue de son documentaire.


A gauche, Elise Meouchy, Art UP 13 , à droite, la documentariste Lucie Thierry

Ainsi, son enfant scolarisé dans le 5ème arrondissement, elle découvre les conditions d’éducation, le recours encore systématique aux punitions et des conditions de travail « déplorables » des instituteurs. « L’apprentissage était encore vertical, l’enfant était passif, la pédagogie non active, les enfants obligés de faire les choses tous au même moment, sans aucune liberté, avec des impératifs de compétitions instaurés dès le plus jeune âge. » Elle se souvient que les enfants « étaient chronométrés pour lire, en CP . ». et elle déplore que dans le système actuel : « On va apprendre à nos enfants à devenir un élève et non pas un enfant épanoui et un futur citoyen ». Elle opte alors pour des écoles Montessori, : « l’apprentissage était génial, le cadre bienveillant et l’enfant était maître de son envie d’apprendre. » Mais, pas tout à fait convaincue, car la pédagogie reste trop fermée et non évolutive, selon elle. En clair, encore trop dogmatique.

Dans son parcours de parents, elle entend alors parler du projet de l’école de Bricabracs, malheureusement trop loin de son domicile pour pouvoir y inscrire son propre enfant. Mais, peu à peu, elle se passionne pour cette nouvelle aventure éducative, qui débute en 2015. Et décide de tourner des images, sans production. « Erwann, m’a ouvert les portes et autorisé à filmer ». De janvier 2015 à juin 2017, elle ballade alors sa caméra, au gré de ses instants de libre, au gré de ses envies. Au départ, l’école compte 9 enfants, aujourd’hui, 18 enfants de 4 à 11 ans y sont scolarisés, en classe unique. La pédagogie s’appuie sur l’expérimentation dans un cadre démocratique. « C’est un film qui a évolué avec mon regard, et aussi avec mon rôle de maman ». Car elle avoue avoir mis dans ce film « beaucoup de ce que je suis comme mère ».
L’association Art Up, avec sa directrice Elise Meouchay, qui découvre alors le projet des « Herbes Folles », partage l’enthousiasme de la documentariste et lui procure le matériel nécessaire au tournage.
La première année du tournage, Lucie Thierry a choisi de se concentrer sur le jeu des enfants et les conflits et découvrir comment à partir du jeu des règles communes pouvaient se construire. La seconde année, elle s’est attelée à la question du collectif. Selon elle, la fonction principale de l’école réside aussi dans l’apprentissage du collectif. Car à Bricabracs, les enfants sont en autogestion, ils font le ménage, les repas, gère l’espace collectif.


Photo extraite du film "Les Herbes Folles", de Lucie Thierry, école Bricsabracs

Ce film est aussi un récit sur « le tâtonnement pédagogique », revendiqué par la structure et par la réalisatrice. « Selon moi, il n’y a pas d’école parfaite, rien ne doit être figé, il faut sans cesse re-questionner notre position d’éducateur ».
Aujourd’hui, l’école se démène pour trouver des fonds pour poursuivre le projet. Si les 30 euros mensuels réglés par les parents permettent de payer le loyer, les salaires de l’équipe sont constamment remis en cause. Ainsi les parents multiplient les actions récolter des fonds nécessaires au fonctionnement de l’école, comme les vides grenier, ou des manifestations culturelles pour récolter des fonds nécessaires.
Quant au film, actuellement en montage une campagne de financement participatif est actuellement en cour, sur la plate-forme Helloassoc, pour couvrir les frais de post –production.

Pour aider le film, c’est par ici :
www.helloasso.com/associations/artup-13/collectes/les-herbes-folles-1
sur le travail de luciethierry :
https://luciethierrymonte.wordpress.com/poussiere-de-femmes/

 



 

 

Autres articles Actualités

 

Brèves Actualités

  • 6 novembre

     

    Projet de loi sur la Sécurité Sociale adopté : 4,2 milliards de restrictions demandés

    L’Assemblée nationale a adopté, mardi 31 oct 2017, le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. La gauche de l’Hémicycle a voté contre, dénonçant une attaque sans précédent contre le système de protection sociale. https://www.humanite.fr/le-budget-de-detricotage-de-la-securite-sociale-ete-vote-644835

     

  • 6 novembre

     

    Violences sexuelles faites au femmes, plan d’urgence demandé à Macron

    VIOLENCES SEXUELLES - Louane, Alexandra Lamy, Tatiana de Rosnay... 100 femmes demandent à Macron "un plan d’urgence contre les violences sexuelles" Elles sont les premières signataires d’une pétition en ligne pour en finir avec les violences sexuelles. "Ces violences ne sont pas une fatalité. Elles peuvent cesser". Une centaines de personnalités féminines de la société civile, artistes, comédiennes, réalisatrices, écrivaines, journalistes, médecins... ont signé une tribune adressée au président Emmanuel Macron dans le Journal du dimanche ce 5 novembre, demandant "un plan d’urgence contre les violences sexuelles". Cet appel, initié par des militantes féministes, dont Caroline de Haas, a également été (...)

     

  • 30 octobre

     

    Concert de musique arabe et européenne en soutien à SOS Méditerranée dans le cadre du festival d’Aix-en-Provence

    La série de concerts solidaires exceptionnels inaugurée en 2016 au profit de SOS MEDITERRANEE, se poursuit cet automne, sur l’initiative de Bernard Foccroulle, directeur du festival d’Aix-en-Provence et organiste, et membre du comité de soutien de SOS Méditerranée. Le prochain concert aura lieu - Vendredi 17 Novembre à 20h45 - Eglise St Jean de Malte à Aix-en-Provence "Les couleurs de l’Amour et de l’Exil" Concert de musique arabe et européenne Bernard Foccroulle Orgue Alice Foccroulle Soprano Moneim Adwan Chant et Oud Compositions de Francisco Correa de Arauxo, Alessando Grandi, François Couperin, Dietrich Buxtehude, Bernard Foccroulle, Abou Khalil El-Kabani, les frères (...)

     

  • 17 octobre

     

    La ville de Marseille a voté un plan à 1 milliard d’euros de reconstruction des écoles, par des partenariat public-privé

    Un plan massif, à un milliard d’euros, pour reconstruire les écoles de Marseille Régulièrement épinglée pour le délabrement de certaines écoles publiques, la ville de Marseille a voté lundi un plan massif de reconstruction d’un montant d’un milliard d’euros, via des partenariats public-privé (PPP) contestés par l’opposition. "Le projet que nous nous apprêtons à lancer est considérable, c’est un véritable plan Marshall qui n’a aucun équivalent ni dans l’histoire de la ville de Marseille ni dans aucune autre ville", a vanté le maire (LR) Jean-Claude Gaudin, devant le conseil municipal. Le plan prévoit la destruction de 31 établissements obsolètes des années 1960, et leur remplacement par 28 nouvelles écoles, (...)

     

  • 16 octobre

     

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité à Marseille lance une pétition

    MARSEILLE POUBELLE LA VIE Collectif citoyen contre l’insalubrité lance une pétition en ligne, avec une lettre ouverte à Jean-Claude Gaudin " Nous nous sommes mobilisés pour vous apporter les preuves de ce triste constat à travers le Livre Noir de Marseille : Etat des lieux de chaque quartier de la cité. Vous y observerez les rats que côtoient les usagers chaque jour. Ils s’attaquent aux câbles des voitures et pénètrent chez nous. Leurs cadavres trainent dans les rues et dans les parcs….Leur prolifération est vectrice de maladie comme la leptospirose…La gale et la teigne sont revenues dans nos parcs et nos écoles !" (...)

     

  • 9 octobre

     

    Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry, lundi 9 oct

    Lundi 9 octobre 2017 Droit de retrait reconduit ce jour au lycée Saint-Exupéry Pour la troisième journée consécutive les personnels ont décidé d’exercer leur droit de retrait, les conditions de sécurité n’étant toujours pas assurées, ni pour nos élèves, ni pour nous. Dans un communiqué, les professeurs et personnels, leurs sections syndicales, FSU, CGT, FO, SUD, CFDT précisent :"Vendredi, la direction académique a dit réfléchir à la possibilité d’affecter à l’année 4 ou 5 AED supplémentaires sur notre lycée pour la vie scolaire. Il y a urgence ! Nos élèves doivent pouvoir reprendre les cours au plus vite, dans des conditions de sécurité restaurées. Il nous est insupportable d’être une nouvelle fois (...)

     

  • 6 octobre

     

    Lycée Saint exupéry, les enseignants font valoir leur droit de retrait, suite à des violences

    DROIT DE RETRAIT AU LYCEE SAINT-EXUPERY DE MARSEILLE "La rentrée chaotique du lycée continue … En grève le 5 septembre, les personnels dénonçaient déjà les conditions de travail fortement dégradées suite à la perte de 30 contrats aidés (CUI), assurant notamment l’encadrement des élèves et l’entretien des locaux. De façon prévisible, les 10 postes reconduits n’ont pas suffit à assurer la sérénité du travail dans l’établissement. Depuis un mois seulement, les incidents se multiplient, les actes de violence sont récurrents :- 315 exclusions de classe- 6128 absences d’élèves- 490 passages à l’infirmerie- 9 évacuations par les pompiers … Suite à une bagarre d’une violence extrême ce mercredi, l’ensemble des (...)

     

  • 4 octobre

     

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13, Marseille. dimanche

    Fête de l’Automne soutien au Manba, migants 13 Un repas de soutien au collectif Al Manba , soutien migrant-es 13 ; est organisé aux jardins partagés de l’Annonciade, quartiers nord, les Aygalades, à partir des récoltes. Discussions, musique, buvette, chaleur humaine par Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba dim 12:00 · Chemin de la Mûre, 13015 Marseille Page FB Collectif Soutien Migrants 13 / El Manba

     

  • 4 octobre

     

    Recours au Conseil d’Etat , contre le gel des contrats aidés

    Emplois aidés : La justice va-t-elle suspendre le gel décidé par le gouvernement ? TRAVAIL Le Conseil d’Etat examine mardi 03 octobre, un recours déposé par des élus écologistes et plusieurs associations contre la remise en cause des contrats aidés décidée par l’exécutif... http://www.20minutes.fr/economie/2143331-20171003-emplois-aides-justice-va-suspendre-gel-decide-gouvernement

     

  • 25 septembre

     

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées.

    La Ville de Marseille lance une enquête sur des « comportements supposés répréhensibles » dans les musées Depuis plusieurs semaines, des agents des musées dénoncent dans des courriers anonymes des passe-droits, voire les emplois fictifs dont bénéficieraient d’autres agents. La Ville a décidé de diligenter une enquête interne de l’inspection générale des services. A lire sur marsactu https://marsactu.fr/avis-de-tempete-dans-les-musees-de-marseille/

     

Articles récents

Articles au hasard