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Rassemblement hier sur le vieux port en réaction aux assassinats des journalistes et dessinateurs de Charlie Hebdo.

8 janvier 2015

Près de 6000 personnes se sont rassemblées hier au Vieux Port, dans le silence, pour exprimer leur tristesse et leur choc après la fusillade du matin qui a fait douze victimes au siège du magazine Charlie Hebdo, à Paris. La rédaction de Med-in-Marseille condamne cet acte. Notre rôle à la rédaction, dans ce contexte de la montée des extrêmes, est et demeure d’instaurer un dialogue et laisser la parole aux diverses composantes de la société française, dans le respect du droit de la presse. Et nous sommes très conscients que ceux qui vont souffrir de ce massacre sont aussi tous les Musulmans de France. Mais, le droit de rire est un droit sacré, et si le rire meurt, alors l’humanité s’éteint. Car comme disait le philosophe Henri Bergson, « le rire est le propre de l’homme ».


 


Même si Charlie Hebdo ne plaisait pas à tous et que sa ligne éditoriale pouvait heurter nombre de sensibilités, il reste un média encadré par le droit de la presse français.
C’est vrai que Charlie Hebdo avait souvent recours à la vulgarité et tapait fort, peut-être de façon pas toujours très intelligente, en tout cas volontairement provocatrice sur des symboles qui, pour les dessinateurs, entravaient la liberté des Français. Car pour l’équipe de Charlie, la liberté de penser et de créer se plaçait souvent au-dessus de toute autre croyance. Ils se déclaraient eux-mêmes journal irresponsable. Posture qu’ils assumaient et qui peut être critiquée par ailleurs, mais qui rentrait dans la légalité française.

La place de la caricature et du dessin de presse s’est installée en France progressivement, au cours du 19ème et est une des composantes de la culture française et de sa démocratie. Cette satire à la française est un fait qu’a accepté la société. Curseur de notre démocratie, de nos déchirements, de nos désaccords, la satire et la caricature sont là pour déranger, nous heurter, nous faire prendre conscience, nous faire réagir. Nous ne sommes pas obligés d’être d’accord avec ces dessins, mais le droit français l’encadre. Et au fil de l’histoire française, le Prince, le roi, les dirigeants républicains, les religieux de quelque confession que ce soit, tous ceux qui ont eu du pouvoir en France, ont bien été obligés d’accepter ce miroir déformant et provocateur d’une certaine réalité. Mais, cet esprit, proprement français, est le fruit d’une longue histoire intellectuelle et artistique de notre pays.

Rappelons que la liberté d’opinion et le droit de la presse est un combat sans fin et a été sans cesse remis en cause, à travers l’histoire française. Combat contre le pouvoir en place, combat pour la liberté de conscience et la liberté religieuse, la liberté d’être sans religion, agnostique ou athée. Apparue en France, à la fin du XVIIème siècle, sous l’influence des philosophes des Lumières, la liberté d’opinion qui est un des fondements de notre droit français. Le 26 août 1789, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui est un des fondements de notre droit français affirme la liberté d’opinion de tous les Français. L’article 10 de la DDHC stipule que « toute personne est libre de penser comme elle l’entend ou d’avoir des opinions contraires à celle de la majorité (son corollaire est la liberté d’expression) ». La Déclaration de 1789 précise d’ailleurs que cette liberté d’opinion s’étend à la liberté religieuse, chacun étant libre d’adopter le culte de son choix, ou de n’en adopter aucun.

Article 19, de la DDHC 1948 relatif à la liberté d’opinion
Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit.



La liberté de la presse a été instaurée par la loi du 29 juillet 1881. Le directeur de la publication peut-être condamné pour diffamation, concept juridique désignant le fait de tenir des propos pouvant porter atteinte à l’honneur d’une personne physique ou morale.
La sanction la plus grave est celle pour diffamation publique envers une personne ou une institution publique, ou pour diffamation envers un individu ou un groupe pour motif discriminatoire. L’article 24 du droit de la presse prévoit des condamnations pour provocation, notamment « Ceux qui auront provoqué à la discrimination, à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée.


Sur cette base juridique, Charlie Hebdo a souvent été attaqué devant les tribunaux. En 2007, Charlie Hebdo a été poursuivi par la Grande Mosquée de Paris, l’Union des organisations islamiques de France (UOIF) et la ligue islamique mondiale pour la publication de deux des caricatures de Mahomet du journal Jyllands-Posten ainsi que la une dessinée par Cabu représentant « Mahomet débordé par les intégristes ». Le procès de Charlie Hebdo, qui s’est tenu au Tribunal de grande instance de Paris du 7 au 8 février, a abouti à la relaxe, requise par le procureur de la République, et prononcée le 22 mars. En 2012, Charlie Hebdo publie de nouvelles caricatures du prophète Mahomet avec de nombreuses condamnations tant de la part de certains dirigeants politiques que d’instances religieuses tels que le Conseil français du culte musulman (CFCM) ou encore le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF).

 



 

 

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