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Deux ans ( !) après la première représentation donnée dans la Capitale, le spectacle Hééé Mariamou a fait escale, il y a une quinzaine de jours, à Marseille.

Maïmouna Coulibaly – qui a alors à peine 23 ans – l’écrit l’année où la France footballistique Black-Blanc-Beur fait vibrer à l’unisson un pays tout entier. L’idée, soufflée par une formatrice d’éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse : parler de la double culture et de ses « effets ». Hééé Mariamou voit le jour, balançant entre pièce de théâtre, conte moderne et comédie musicale.
Lors des révoltes urbaines de la fin 2005, en réaction aux « conneries » dévidées par les média sur les quartiers et leurs habitants, Maïmouna Coulibaly le ressort des tiroirs et le complète. Il n’a « pas pris une ride ». Et pour cause : celle qui a longtemps vécu dans la cité grignoise de la Grande Borne, en région parisienne, y dresse un état des lieux en sept tableaux – certes impitoyables – mais pleins d’humour, de la vie dans les banlieues. Ou la chronique de la destinée ballottée d’une ado de 15 ans, fille d’immigrés maliens, et de sa bande de copines. Entre lycée, premiers émois, traditions et bi-culture, frustrations et racisme latent.

La troupe qui joue Hééé Mariamou est principalement composée de danseuses de la compagnie Les Ambianceuses, fondée par Maïmouna en 2002. Mais aussi de comédiennes rencontrées par elle sur sa route professionnelle (son parcours est impressionnant : prof de danse dans le prestigieux Centre du Marais à Paris, un temps animatrice sur Trace TV, comédienne, metteuse en scène…). Comme Kathy Manyongo, qui interprète la mère, furibonde de voir sa fille s’éveiller à la sexualité et qui décide de la marier.
Du proviseur, incarné par Sandra Honnoré, à la « suiveuse » Céline Moutin, en passant par Dalila Ouled El Moumna ou encore Chimène Edom, la troupe est composée d’actrices de tous horizons. Seul mec à participer à l’aventure scénique : Djibril Pavadé, alias « Sexy Choco ». Un vrai « coq » parmi les naïades du groupe, de l’avis de deux d’entre elles, Maud Baron et Bérénice Konon.
Le 30 avril, en première partie de soirée et avant la représentation de Hééé Mariamou, des élèves du collège Jacques Prévert, situé dans le quartier de Frais Vallon, ont offert à la salle (comble) de l’Espace Culturel de la Busserine, un superbe spectacle, répété depuis de longs mois dans le cadre du projet Danses africaines, racines en mouvement. Voulu par leur prof d’anglais Véronique Debauche, et rendu possible par les membres de l’association Iles du Sud/Kaloum, notamment grâce à Marie-Christine Saby, prof de danse et chorégraphe, il mêlait danses traditionnelles et plus contemporaines.
Le lendemain, 1er mai, Maïmouna Coulibaly et deux de ses Ambianceuses étaient justement les invitées du bar associatif Le Kaloum – scène intime mais réputée de la culture africaine à Marseille. Car leur kif, c’est avant tout la danse : N’dombolo, Ragga Dancehall, Coupé-décalé ou encore Krump’in, rien ne leur est inconnu. La danse comme fil rouge, dans tout ce qu’entreprend Maïmouna. D’ailleurs, après la sortie de deux premiers DVD à succès, véritables cours de danse à domicile, elle s’apprête à en sortir un troisième…
Pour approfondir, visitez le site des Ambianceuses http://www.lesambianceuses.com.
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