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L’armement, corollaire de la paix ?

Publié le 10 août 2011
par Marie-Ameline Barbier
Une trentaine de militants se sont rassemblés mardi pour se souvenir des victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki et exprimer leur refus de l’arme nucléaire. L’occasion pour ces pacifistes de faire le point sur la campagne d’abolition de l’arme nucléaire en France.

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Emmenés par le Mouvement de la paix, pacifistes anonymes, membres du Collectif 13, de la CGT et de divers partis de gauche ont manifesté Cours Estienne d’Orves pour combattre les armes nucléaires et dénoncer l’attitude de la France, tenant bien peu compte des décisions et conventions internationales en la matière. Crée en 1948 pour faire barrage à la guerre et s’opposer à l’arme nucléaire, suite aux terribles bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki d’août 1945, le Mouvement de la paix agit pour le désarmement nucléaire et prône la réduction des budgets militaires. Des budgets colossaux qui pourraient être utilisés à bien d’autre fins : « la dissuasion nucléaire en France, c’est neuf milliards d’euros par an, ne pourrait-on pas les utiliser dans des perspectives plus humaines et sociales ? » interroge Michel Dolot, secrétaire du Conseil départemental du Mouvement de la Paix.

Ce militant reproche par ailleurs à la France de ne pas tenir ses promesses : «  la France s’est engagée à se débarrasser de son armement, mais elle ne le fait pas », condamne Michel Dolot. La France a en effet approuvé le traité de non prolifération des armes de 1968, complété en 2000 par un autre protocole, au cours duquel les cinq grandes puissances nucléaires reconnues, dont la France, ont signé « un engagement sans équivoque d’accomplir l’élimination totale de leurs arsenaux nucléaires ». Un objectif dont la France est encore loin. Signe pourtant encourageant, Michel Dolot rappelle qu’Alain Juppé et Michel Rocard s’étaient prononcés pour un désarmement nucléaire mondial en 2009, appelé «  l’option zéro », y compris pour la France. « Mais depuis, Juppé est entré au gouvernement et le consensus se fissure ! », déplore le pacifiste.

Et si depuis vingt ans, la France a bien diminué son arsenal nucléaire, le chemin est encore long pour Rolland Nivet du Mouvement de la paix de Rennes, qui rappelle qu’en Bretagne, l’Ile-Longue abrite encore quatre sous-marins nucléaires et plus de 400 bombes atomiques. « Des armes de dissuasion qui doivent être renouvelées, remplacées alors que la France a signé le traité de non prolifération », s’insurge le militant breton. Et les Bouches-du-Rhône ne sont pas en reste : Istres sert aussi de base de stockage du nucléaire. Il s’agit d’une des seules trois dernières bases aériennes en France qui conserve l’arme nucléaire avec Saint-Dizier et Avord. « Ce qu’on craint aussi surtout, ce sont les risques d’incendie », avertit Michel Dolot.

Pour ces militants, la solution passe ainsi par l’abolition totale de l’arme nucléaire. Et afin d’atteindre ce but, ces derniers s’appuient sur un modèle de convention d’élimination des armes nucléaires qui a été mis au point par des ONG depuis une dizaine d’années. A ce jour, près de 130 pays la soutiennent.


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