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Quand les Grandes Gueules devraient se taire

Publié le 24 août 2011
par Nassurdine Haidari
Le 11 août, au micro des Grandes Gueules de RMC, une émission, allait réveiller les velléités racialistes de Karim Zéribi, de Claire O’petit, de Gilbert Collard et rompre avec l’image très policée de ces personnalités considérées jusqu’alors comme des chantres de la tolérance et de l’antiracisme. Certes, les victimes expiatoires n’étaient autres que des Roms. Ces Roms qui, selon la conviction de Monsieur Zeribi, élu marseillais récemment encarté à Europe Ecologie Les Verts, n’ont pas la culture du travail, quand bien même ils pourraient accéder à l’emploi : « Si demain les Roms pouvaient travailler, je ne suis pas convaincu que, culturellement parlant, ils se jetteraient sur les offres d’emploi à Pôle Emploi » (sic).

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Hormis le caractère discriminatoire de ces propos sans fondements et nauséabonds venant d’un ancien pourfendeur des clichés sur la banlieue, l’émission, a été ponctuée par une myriade de préjugés et de propos de comptoir racistes sur les conditions de vie déplorables des Roms les assimilant à des fainéants, sales, délinquants et agressifs.

Mais dans cet élan raciste, nos intervenants des Grandes gueules ne se sont pas arrêtés en si bon chemin. Ils ont sciemment versé dans la caricature et se sont lancés dans la comparaison sordide entre certaines communautés. D’un côté les Turcs, travailleurs au noir qui accepteraient l’exploitation malgré eux, et de l’autre les Roms, petits mafieux de la mendicité qui naturellement on fait le choix de la mendicité, selon Karim Zéribi, allant jusqu’à proposer le retour dans leur pays d’origine avec tout de même des attentions plus que nécessaires : « En même temps on peut renvoyer en Roumanie ces populations en les traitant correctement » (sic). Paraphrasant notre ministre de l’Intérieur, Monsieur Claude Guéant, qui a récemment reçu la carte d’honneur du Front National.

Oui ! la stupidité discriminatoire de certains élus, même issus de l’immigration post-coloniale, est parfois sans borne et cette émission venait nous rappeler que des propos racialistes pouvaient structurer le mode de pensée d’hommes et de femmes se qualifiant de gauche mais somme toute proches sur certains points des analyses de Marine Le Pen.

Faudrait-il rappeler à Monsieur Zéribi que pendant la colonisation certains racistes avançaient de tels propos pour disqualifier la culture de toute une population sur les mêmes critères que ceux qu’il a avancés, et que certaines expressions devenues usuelles, telles que « travail d’arabe » ou parler le « petit nègre », traduisent malheureusement encore ce mépris fondé sur des visions discriminantes et racialistes.

Il n’y a pas de culture du chômage ou de la glandouille qui serait affiliée à une population fusse-t-elle noire arabe ou rom.

Je suis outré par ce genre d’analyses dont Eric Zemmour conservait jalousement les secrets. Vous pourrez maintenant les partager à deux.

Quant à notre élu modem de Saint-Denis, Madame O’petit, le constat était aussi sans appel : « Il y a certainement chez eux une culture qui n’est pas la nôtre, les condamnant ainsi à ne jamais rejoindre la communauté nationale, ni à s’intégrer, trop crasseux, trop grossiers, pour nous Français. »

Oui ! La situation à la porte d’Aix était intenable pour les commerçants, pour les habitants du quartier et pour l’ensemble des Marseillais. Cependant, pour trouver des solutions politiques viables il faut sortir des clichés racistes, des constats boiteux qui ne créent que du conflit et de la haine et appeler nos responsables politiques à la responsabilité qui reste en politique un principe fondamental.

Quant à Me Gilbert Collard, nouveau soutien de Marine Le Pen, il devrait apprendre à cultiver son jardin, au lieu de demander aux autres d’ouvrir leurs portes pour accueillir des Roms, peut être aurait-il plus de lucidité dans ces jugements et plus de compassion à l’égard d’une population qui, sans possibilité de travailler, sans aides sociales, sans possibilité de se loger, de vivre décemment, interpelle la conscience de chacun d’entre nous et nous oblige à regarder ensemble le monde que nous léguons à nos enfants.

Le rappel des faits et la réponse de Karim Zéribi sont à lire sur MarsActu


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