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Il fait beau, il fait (presque) chaud, on part se balader en bateau... Il y a pire comme réveil pour un samedi matin, 8h30, Marseille. Bon, on est censés travailler. Mettre en boîte quelques images, poser trois questions. Sur le quai Marcel Pagnol, à l’embouchure du carénage, c’est quand même un rendez-vous de haute importance qui nous attend : élus et associatifs valident dès potron-minet, devant caméras, la faisabilité d’un batobus qui caboterait aux heures de pointe entre Pointe-Rouge, Vieux-Port et Estaque. Un tramway des mers, vous entendez bien ! Qui a certes moins la cote (médiatique, politique ?) que son compère de terre, nommé « désir ». Pourtant, celui-ci pourrait tout autant révolutionner le paysage du transport urbain dans notre ville s’étirant grande entre la Bleue et les collines. Car le but en mouillant le maillot est de désengorger Marseille de ses voitures, tout en désenclavant des quartiers nord et sud accessibles parfois par une seule et unique voie. Et en prime, ce tram’ sur eau ne double pas, lui, une ligne de métro existante.
Ah, ça sentait la (petite) anguille sous roche : annoncé au départ, Eugène Caselli, le président de la communauté urbaine MPM qui devait prononcer un discours n’a finalement pas fait le déplacement. Un embouteillage l’aura sûrement retenu... Pour le reste, rien n’est venu entacher cette sortie en mer idyllique ; car tout bon Marseillais, même qui s’ignore, n’admire pas obligatoirement la Mare Nostrum au quotidien, ni n’empreinte un bateau tous les jours (même le ferry boat, ce n’est pas possible).
Après un aller retour avec escale à la Pointe Rouge, où l’attend un comité d’accueil, le navire reprend la route, direction l’Estaque. Le sommet du G7 a incité à la prudence. Le repas se prendra au Frioul, pour éviter les rapatriements cauchemardesques sur le centre-ville.
Le batobus à bon port
A la barre du projet de desserte maritime du littoral marseillais (et du projet seulement, un vrai matelot officiait au gouvernail de la navette) ? Les associations Vivre à Endoume et Citoyens 13, cette dernière étant pilotée par Christian Pellicani, conseiller municipal et communautaire. Appuyées par d’autres structures et élus, elles ont patiemment élaboré et fait avancer le dossier depuis cinq ans, pour concrétiser une idée qui a le double d’âge.
Côté technique, l’ensemble des dispositions - horaires, régularité, coût, dessertes - seront présentées et précisées lors d’une séance de la CUM, le 28 septembre prochain. Très rapidement, à l’horizon mars 2012 - et ce pour une durée de six mois renouvelables - des navettes moutonneront sur la rade, reliant le nord au sud en passant par l’incontournable centre névralgique de la ville, le Vieux-Port. La promesse d’effectuer le trajet centre-sud ou centre-nord (et inversement) en trente petites minutes de quai à quai (foi de huissier de justice, qui a chronométré consciencieusement) a de quoi allécher ; quand on sait qu’il faut parfois deux à trois fois plus de temps en métro/bus ou voiture pour faire le même trajet par les terres. Bien sûr, ce week-end les conditions climatiques étaient idéales, la mer d’huile, un vent léger. A voir à l’usage si par forte houle, les délais sont tenus.
Autre atout : le potentiel environnemental. Même si, concède Christian Pellicani, pour l’heure les études sur l’impact écologique ne sont « pas finalisées ». Et que donc on ne dispose d’aucun chiffre pour étayer un quelconque bénéfice dans la concurrence batobus/voiture particulière en matière d’émission de CO².
Question financement de l’opération, la CUM, qui gère le réseau de transport marseillais devrait prendre sa part. Pour les usagers, le prix de la traversée pourrait s’approcher de celui d’un trajet en bus. Après un appel d’offre, c’est la RTM qui a en effet décroché la délégation de ce futur service maritime. Dernier écueil, qu’il devient impératif de contourner : trouver son « fonds » de passagers, parmi les « pendulaires », comme on appelle les personnes habitant en centre et travaillant aux antipodes de la cité, et vice et versa. Le risque : tomber dans du transport peinant à trouver son rythme de croisière et quasi-exclusivement emprunté par les touristes, comme c’est le cas à Paris et sur la Seine, où le constat d’échec est cinglant. Toutes proportions gardées.
Si la navette marseillaise prouve son efficience, le modèle pourrait d’ailleurs être reproduit sur l’Etang de Berre avec, imaginons, des liaisons directes entre l’aéroport de Marignane et Istres ou Martigues.
Addendum : Jeudi, les taxis ont manifesté leur mécontentement, craignant que cela nuise à leur activité.
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