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6ème opus pour les rencontres Films Femmes Méditerranée du 27 septembre au 4 octobres à Marseille. Proposant différentes genres de films, du documentaire à la fiction en passant par des courts-métrages, les rencontres s’étendent également au-delà de Marseille, à Hyères et à la Ciotat, à partir du 6 octobre. Beaucoup de films inédits et d’avant-premières marseillaises ou mondiales, ainsi que des échanges avec des réalisatrices sont programmés. En tout, sont réunis trente films issus de divers pays comme l’Italie, le Maroc, la Tunisie, Liban, Egypte, Turquie, Espagne, Israël, Algérie, Bosnie, Palestine, Grèce, France. Dans l’uniformité culturelle cinématographique remâchée par les anglo-saxons, la mondialisation a du bon, lorsqu’elle s’ouvre enfin sur l’échange des cultures.
Le festival est né de projections de films italiens menées par la Chambre de Commerce Italienne de Marseille. En 2007, l’association se crée et le projet de monter un festival se concrétise. Le Caire, Istanbul, Beyrouth, Tanger, La Calabre, Les Iles Eoliennes seront les différents théâtres où se dérouleront les films présentés.
Premier long métrage de fiction sur la mémoire et la transmission qui se déroule à Istanbul Les collections de Mithat Bey, film turc de Pelin Esmer sorti sur les écrans nationaux en 2011 et encore inédit à Marseille est présenté mercredi. L’histoire de deux hommes, l’un collectionneur, l’autre concierge, avec comme personnage central la ville d’Istanbul. « Je voulais rencontrer l’histoire d’une interférence improbable entre deux hommes solitaires, dont l’origine sociale, les vies, les rêves et les réalités étaient éloignées » explique la réalisatrice.
Nettement plus politique le documentaire Draquil , l’Italie qui tremble de Sabina Guzzenti , ancienne auteure et interprète de programmes cultes sur la RAI 3 s’attaque au système mis en place par Berlusconi : « A travers une analyse de la gestion de l’après séisme à l’Aquila, ce film montre le fonctionnement de la propagande berlusconienne, jusqu’où elle va, quels effets elle a sur la population. Dès que l’on creuse des scandales éclatent partout. » Réalisatrice polémique dans son pays s’y bat pour la liberté d’expression
Jeudi, le Prado présente Beyrouth Hôtel. Cette oeuvre libano-française de Danielle Arbid relate une histoire d’amour entre une jeune libanaise et un avocat d’affaires français avec pour toile de fond Beyrouth entre guerre et paix. Réalisé pour Arte ce film, avec l’actrice libanaise Darine Hamzé et le français Charles Berling, a été présenté au festival de Locarno.
Plus tard dans la soirée le même cinéma projette le documentaire, La nuit elle danse, déjà sélectionné au Fidmarseille 2011 (Festival du documentaire). Une production et une réalisatrice canadiennes pour un film sur plusieurs générations de femmes égyptiennes toutes danseuses de métier, dans les bas-fonds du Caire
Autre univers pour la soirée de vendredi au Chambord, celui du Maroc avec Sur la planche, présenté à Cannes à la quinzaine des réalisateurs. Pour son premier métrage de fictions, Leïla Kilani filme quatre jeunes femmes de vingt ans à Tanger. Ouvrières le jour, elles se prêtent à d’autres trafics la nuit. « J’ai écrit le film à partir d’un fait divers. En 2005…on parlait d’un nouveau trend : la féminisation de la criminalité. Une bande de quatre filles un peu ouvrières, mais ce n’était pas tout à fait clair, repéraient des mecs dans les cafés et les dévalisaient ». Un polar franco-marocain qui met en scène des femmes là où on les attend le moins. Un film qui sortira en France en 2012. A 21 heures, place est faite à la découverte de nouveaux talents à travers 13 courts-métrages.
Le Lendemain samedi , le film Un-Zero de l’Egyptienne Kamla Abu Zekri plébiscité par le public égyptien construit une histoire incluant huit personnages le temps d’une soirée de finale de match de football. A travers la fiction, il évoque la société égyptienne : « j’ai pris conscience de ce que le film montre de la société égyptienne, les inégalités entre les hommes et les femmes, mais aussi les problèmes qui existent des deux côtés. », analysait sa réalisatrice.
Enfin dimanche matin, pour ceux qui ne connaissent pas le magnifique film Les Silences du Palais, il est temps de rattraper le temps perdu. Réalisé en 1994 par la Tunisienne Moufida Tlatti, cette œuvre reprend ,à travers le destin individuel d’une jeune femme, née dans le Palais du Bey d’une mère servante, toute l’histoire le la colonisation de la Tunisie et de la condition de la femme « La colonisé du colonisé », selon la réalisatrice. Voyage en Méditerranée encore en début de soirée avec les îles Eoliennes qui sont le principal sujet de Fughe E Approdi de l’Italienne Giovanna Tviani, un documentaire poétique inspiré.
Lundi, place à la création hexagonale avec Polo et le Professionnels de Suzel Roche, un documentaire de 2009 sur l’ère Robert Vigouroux à Marseille à partir d’images d’archives et de textes écrits par l’ancien maire, à la Maison de la Région. Autre univers, Les Roses Noires d’Hélène Milano de 2009 met sous les projecteurs des jeunes filles de banlieue parisienne et de la Cité phocéenne sur la construction de leur identité féminine à travers le langage qu’elles utilisent.
De son côté, le documentaire, Vues Dévoilées de la jeune réalisatrice Alba Sottora Clua revient sur le parcours de cinq femmes à la destinée hors du commun dans des pays musulmans : Bosnie, Turquie, Iran, Afghanistan, Pakistan. A travers ces portraits, un coup est porté aux stéréotypes sur les femmes musulmanes. En première française, à ne pas manquer.
Enfin, vous pourrez découvrir Polisse, Mardi 4 octobre au cinéma Le Prado, le dernier film de la réalisatrice Maïwen, avec, entre autres, Karin Viard, Joeystarr. Une fiction sur le quotidien des policiers d’une Brigade de Protection des Mineurs et la disposition de chacun à encaisser les faits sordides auxquels ils sont sans cesse confrontés. Récompensé à Cannes, ce film a reçu un accueil critique disparate, il sortira le 19 octobre sur les écrans français.
Avec des univers et des origines totalement divers, ces rencontres fournissent un patchwork de la production féminine actuelle en provenance des différentes rives de la Grande Bleue. En retour, à chacun de s’interroger s’il y a lieu de considérer à part la création féminine. La fameuse fibre féminine apporte-t-elle un regard véritablement différent ? A moins que les Femmes ne soient enfin parvenues au statut de créatrices comme les autres.
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