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La série aurait pu être diffusée à un tout autre moment, elle n’aurait rien perdu de son rythme crawlé. En ouverture de la semaine pour l’emploi des personnes en situation de handicap, « Vestiaires » fait une plongée remarquée dans le grand bassin du paysage audiovisuel français. Sur la chaîne publique de France 2 plus précisément, où chaque épisode sera glissé deux fois par jour, juste après le journal de 13h puis avant le JT de la nuit, et ce jusqu’à épuisement de la première saison, soit vers la mi-décembre. Le propos : le handicap « rendu familier au point de l’oublier » grâce à l’humour, jamais vulgaire, déployé par deux nageurs handicapés, partageant avec esprit et satire leur vision du monde.
Dans les vestiaires d’une piscine marseillaise, on suit les réflexions quotidiennes qui agitent Romy et Orson, ainsi que leurs partenaires sportifs. Le tout moulé dans la tenue réglementaire - le maillot de bain. Ce même maillot qu’ont eu à endosser Fabrice Chanut et Adda Abdelli, concepteurs et scénaristes de la série, mais également anciens champions de handinatation, qui ont souhaiter questionner le rapport de la télé, de l’image à la différence : « Comment filmer le handicap ? Ne pas tomber dans le compassionnel, l’héroïsme ou l’exhibitionnisme ? L’absence d’image ou le trop d’images ? ».
Tout les sujets y passent, depuis les questions d’argent jusqu’à la vie sentimentale. Rien n’est tabou, puisque nos scénaristes mettent l’humanité à nu.
Orson : « Atteint d’une agénésie de la main gauche (malformation pour les intimes), il sera très vite surnommé Abraracourcix par les membres de l’équipe », champion de France de brasse, veut toujours avoir le dernier mot. Romy : « Né en Algérie, il a l’incroyable privilège d’être le dernier poliomyélite de sa génération. Accueilli en France très jeune par une famille catholique pratiquante qui l’a renommé Romuald… car Saint Rachid n’existait pas, le mélange des deux religions aurait pu en faire un saint : la réalité est bien différente », gentiment moqueur. Et les autres, Ramirez et Caro qu’un AVC de jeunesse a rendue amnésique de l’instantanéité.
Abordant la différence sous divers aspects, « Vestiaires » connaît déjà un retentissement certain, de bon augure pour le lancement d’une deuxième saison.
Réalisée par les Films d’Avalon et Astharte et Cie, la série est à ne pas confondre avec l’autre format court du même nom, et revendiquant un même humour, développé pour la télévision locale montpelliéraine.
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