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Sophie, 16 ans, vit dans le quartier d’Air bel (11e). Elle est actuellement élève en baccalauréat professionnel esthétisme, cosmétique et parfumerie. Dans le futur, elle aimerait accéder à un métier d’actions, en l’occurrence celui de gendarme.
Abdel, 16 ans lui aussi et issu du quartier d’Air bel, prépare un baccalauréat dans la filière scientifique pour s’orienter vers la médecine.
Que pensez-vous des filles ou des garçons de votre âge ?
Sophie : Les filles sont perdues et ne savent pas quoi faire. Quant aux garçons, ils sont machos, lourds, dragueurs et immatures.
Abdel : Ça dépend des milieux. La majorité des filles et des garçons, du quartier d’Air bel par exemple, sont complètement perdus et ne savent pas quoi faire de leur vie. Ils ne pensent qu’à brûler des voitures, rouler en moto et ne rien faire d’autre. Après, il y en a qui savent ce qu’ils veulent faire plus tard et qui sont motivés par leurs études.
Qu’est-ce que selon vous représente principalement les caractéristiques féminines ?
S : Les filles font plus attention à elles, à leur apparence. Elles sont aussi plus douces que les garçons mais il est difficile de caractériser la fille d’aujourd’hui. Elle n’a plus vraiment de valeur ou c’est très rare.
A : Elles aiment inventer des rumeurs et se prennent la tête pour des futilités. Elles soignent trop leur apparence avec quatre tonnes de maquillage !
Qu’est-ce que selon vous représente principalement les caractéristiques masculines ?
S : Ce sont encore des bébés qui pensent à s’amuser, ils ne sont pas sérieux. Ils s’ouvrent beaucoup moins que les filles mais se prennent la tête autant qu’elles.
A : Les garçons pensent plus au sport, aux études et à se préparer un avenir. On pense beaucoup moins aux femmes.
Y-a-t-il des comportements spécifiquement masculins ou féminins ?
S : Chez les garçons, il y a souvent des rivalités par rapport aux filles.
A : Les garçons veulent être les meilleurs dans presque tous les domaines et n’aiment pas se prendre la tête, surtout pour des choses sans importance. Les filles sont, pour la plupart, des girouettes : aujourd’hui, c’est l’homme de sa vie et le lendemain, c’est déjà fini et ainsi de suite.
Pensez-vous avoir été élevés différemment d’une fille ou d’un garçon ?
S : Actuellement, j’ai des petits frères et ma mère les élève différemment. Elle est plus laxiste avec eux qu’avec moi mais je pense que c’est le facteur temps qui a une influence plutôt que le sexe.
A : Si j’avais eu des sœurs, ma mère aurait été plus protectrice.
Quelle femme ou quel homme incarne pour vous un modèle ?
S : Je ne vois pas.
A : Mon père parce qu’il est parti de rien et aujourd’hui, on vit tous bien. Il a également un parcours sportif impeccable, 4e dan de karaté. Sinon à part lui, je dirai John Davison Rockfeller. Il est vraiment parti de rien et s’est accaparé toute l’industrie du pétrole.
Qu’est-ce qui vous paraît le plus important : se différencier ou se ressembler ?
S : Si on se ressemblait tous, ça serait ennuyeux. On aurait plus cette phase de découverte. C’est comme si tout le monde était Français, il n’y aurait pas de cultures donc, non, c’est nul de se ressembler.
A : Se différencier, c’est logique. C’est comme si on était tous des clones, c’est n’importe quoi ! Chaque personne est unique.
Pensez-vous qu’il est essentiel de rentrer dans un moule pour s’insérer dans la société ?
S : Déjà à l’école, je dois me plier au style vestimentaire imposé (noir et blanc). Je commence déjà à rentrer dans un moule ! Mais dans la vie, il faut savoir rester soi-même.
A : Je ne me forcerai pas à changer quelque chose pour m’intégrer dans la société. Par contre, je peux m’adapter tout en restant ce que je suis, surtout d’un point de vue professionnel.
Comptez-vous travailler toute votre vie ?
S : Non. Si j’accède vraiment au métier que je veux faire, du fait que c’est bien payé, je vais mettre de l’argent de côté et m’arrêter d’ici vingt ans. Travailler jusqu’à 65 ans pour avoir une retraite misérable, ça ne sert à rien !
A : Pas toute ma vie mais presque. Même à la retraite, je continuerai. Dans le milieu de la médecine, on peut travailler à l’étranger et faire des missions dans des pays pauvres.
Pensez-vous qu’une femme a autant de chances de réussir dans la vie qu’un homme ?
S : Tout dépend de l’expérience mais souvent, un homme arrive plus à décrocher un travail, en n’ayant aucun bagage, qu’une femme. Personnellement, je pense que ce sont les valeurs des personnes qui priment.
A : C’est différent selon les filières. Par exemple, dans les milieux militaire, sportif..., un homme est favorisé par rapport à une femme et même si elle a le même emploi que l’homme, ça ne changerait pas grand chose au niveau du salaire. Aux informations, ils disent souvent que les femmes sont moins bien payées que les hommes pour le même travail. Tout le monde devrait mériter son salaire.
Etes-vous pour la parité homme-femme en politique, dans les entreprises et pensez-vous que les femmes soient assez représentées dans les postes à responsabilité ?
S : Oui, bien sûr je suis pour mais il y a encore trop de discrimination, trop de différence. Les femmes sont souvent sous-estimées. Je ne sais pas si elles sont assez représentées dans les postes à responsabilité.
A : En politique, je suis pour. Il devrait y avoir autant de femmes que d’hommes à l’Assemblée Nationale et une femme devrait avoir autant de chances qu’un homme d’accéder à des hauts postes. Je pense qu’elles ne sont pas assez représentées.
Pensez-vous que dans une famille les hommes doivent apporter de l’argent ?
S : Non, enfin plus maintenant. Aujourd’hui, la femme travaille, veut l’égalité et peut aussi bien ramener l’argent que l’homme.
A : Ça a bien changé. On a fait un sujet d’histoire justement dessus qui expliquait que les femmes, dans les années 50-60, étaient au foyer et les hommes travaillaient à l’usine pour ramener l’argent, tandis que maintenant il y a de en plus en plus de femmes qui travaillent autant que les hommes.
Si votre conjoint gagne plus d’argent que vous, cela vous pose-t-il un problème ?
S : Non, je serai heureuse pour lui. Ça voudra dire qu’il fait le nécessaire pour y parvenir.
A : Quel problème, aucun problème ! Je ne vois pas à qui ça en poserait un.
Compterez-vous sur votre conjoint pour votre subsistance ?
S : Oui mais pas tout le temps. Quand je peux me débrouiller toute seule, je n’en vois pas l’utilité. Dans un couple, ça doit être fusionnel, il doit sentir que j’ai besoin de lui ou lui de moi.
A : Oui, si j’ai besoin d’elle pour accomplir une tâche mais si je peux me débrouiller seul, je le fais. En situation difficile, ce n’est pas à la femme d’endosser plus que l’homme, c’est chacun sa part de responsabilité, 50/50.
Etes-vous pour la répartition des tâches ménagères dans un couple ?
S : Oh oui ! Si les deux personnes du couple travaillent, elles doivent se les répartir. Il n’y a pas de raison que l’une en fasse plus que l’autre. Mais si l’une n’a pas d’activité, la question de la répartition ne se pose pas.
A : Je suis d’accord avec elle. Par contre, si il n’y a qu’une personne qui travaille, la répartition ne doit pas être à l’extrême soit 100% d’un côté et 0% de l’autre, mais plus équitable.
Etant plus jeune avez-vous participé aux tâches ménagères et y participez-vous encore ?
S : Avant, j’y ai beaucoup participé, mais maintenant je suis moins à la maison.
A : Oui, je les aide beaucoup.
Selon vous les jeunes filles ont-elles le droit de sortir (heures) ?
S : Je pense que vers 13, 14 ans, elles peuvent sortir la journée avec les parents qui l’accompagnent, et dès 15 ans, la permission de 23 heures est correcte. Il faut prendre ses précautions, nos parents ont quand même notre responsabilité. A la majorité, je pense que c’est le bon âge pour sortir en discothèque.
A : A 20, 21 ans, les filles peuvent sortir sans véritable couvre-feu mais on ne sait jamais ce qui peut leur arriver, c’est dangereux le soir.
Où faites-vous vos rencontres amoureuses ?
S : Juste une et c’était dans mon quartier.
A : Ça ne se fait pas d’un coup, ça met des semaines et des mois à se faire. Le plus souvent, c’était au lycée.
Où pensez-vous rencontrer votre compagne ou compagnon ?
S : Je l’ai déjà rencontré. Ça fait un an et demi qu’on est ensemble.
A : C’est impossible que ça se fasse dans la rue. Je pense que ça se fera à la faculté.
Comment envisagez-vous votre vie amoureuse ?
S : On partagera tous les bons moments comme les mauvais, avec des hauts et des bas comme chaque couple.
A : Avec des hauts et des bas. Je compte chérir et protéger ma femme et mon foyer, et subvenir aux besoins.
Voulez-vous vous marier et avoir des enfants ?
S : Oui mais seulement un ou deux enfants.
A : Je compte me marier et avoir trois, quatre enfants.
Si vous avez des enfants prendrez-vous un congé paternité-maternité ?
S : Oui, pendant un an et demi, deux ans jusqu’à ce que l’enfant sache au moins parler et marcher.
A : Tout dépend de notre situation. Si j’ouvre mon cabinet, ce sera difficile, mais si elle veut on peut partager.
Etes-vous pour une contraception ?
S : Oui. Je ne vais pas me retrouver maman en étant encore au lycée.
A : Oui.
A quel âge pensez-vous qu’il est normal pour les filles d’avoir leur premier rapport sexuel ?
S : Tout dépend de la situation du couple et des personnes. Si la fille a rencontré quelqu’un depuis longtemps et qu’elle n’a des rapports qu’avec lui alors il n’y a pas vraiment d’âge, enfin, au minimum, elle doit avoir 16 ans. Sinon, elle devra attendre de trouver l’homme de sa vie.
A : Il n’y a pas d’âge précis mais il y a des limites, c’est sûr. C’est à elle de voir quand elle se sent prête mais dès l’âge de 17, 18 ans, je pense que c’est convenable.
A quel âge pensez-vous qu’il est normal pour les garçons d’avoir leur premier rapport sexuel ?
S : C’est la même chose. Je n’admet pas qu’il y ait des différences entre les sexes à ce sujet.
A : C’est pareil. Je pense qu’il ne doit pas y avoir de différence. Dès l’âge de 17, 18 ans, avec toutes les conditions qui sont présentes.
Connaissez-vous les infections sexuellement transmissibles ?En avez-vous peur ?
S : Oui je les connais mais je n’en ai pas peur vu que mon copain a fait tous les tests.
A : Je ne les connais pas toutes mais j’ai peur des plus graves. Si du jour au lendemain, on vous annonce que avez le sida, vous ne pouvez pas vivre normalement.
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