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A 70 jours de la présidentielle, c’est l’ex-madone du peuple qui a ouvert les voies de la pêche aux électeurs. Accueillie et épaulée par Patrick Mennucci, qui avait été son directeur de campagne en 2007, Ségolène Royal a effectué un périple bien étudié. De la visite d’une crèche et d’un collège dans le 13e arrondissement à la rencontre des habitants dans le quartier de Belsunce, le soutien de Hollande a réinvesti les quartiers où elle avait bénéficié d’un vote majoritaire en 2007. Lors d’une conférence de presse express (5 minutes) qui n’en était pas une – après plus d’une heure de retard -, Ségolène Royal n’est revenue que sur la polémique de la journée : « on m’a demandé une réaction sur l’incident à l’Assemblée nationale » - suite aux propos de Serge Letchimy à Claude Guéant où elle a précisé que « le rôle d’un Premier ministre est de répondre à un parlementaire » qualifiant la parole de l’hémicycle « libre ». « Il faut que nous cessions de considérer qu’il y a des civilisations supérieures à d’autres, et qu’au contraire, nous sommes rentrés dans un monde de dialogue des civilisations ». Sans perdre de temps, elle s’est aussitôt rendue dans la grande salle bondée de la Maison Arménienne de la jeunesse et de la Culture pour un meeting de soutien au numéro 1 des sondages, en présence de ses acolytes PS. En vue de s’adresser aux quartiers populaires et défavorisés, rien de tel qu’un chanteur de IAM, Saïd, pour ouvrir le bal : « je suis venu en toute neutralité. On m’a proposé de venir chanter, j’ai fait mes deux morceaux, je me suis fait plaisir, c’est tout ». Acclamée par une salle excitée sur fond de slogan « le changement, c’est maintenant », Ségolène s’est adressée aux habitants « des quartiers populaires, aux jeunes de ces quartiers et à leurs parents et grands-parents et à ceux qui ont voté pour moi en 2007 », dans une ville « d’intégration, de métissage, de fraternité et de dialogue entre les civilisations ».
La présidente de Poitou-Charentes a pointé « le désenchantement de cinq années » notamment celui du « plan Marshall des banlieues promis par Nicolas Sarkozy qui n’est jamais venu […]. Après les émeutes de 2005, rien n’a été fait par la droite pour arrimer plus solidement les quartiers populaires à une république de plus en plus indifférente », rappelant que la question des quartiers « est une question centrale dans l’enjeu de la réussite du pays tout entier ». Et cette question passe « en premier lieu » par celles de l’avenir et de la jeunesse. Loin de tout « misérabilisme », elle a appelé à « la responsabilité des jeunes […] car il n’y a pas de droits sans devoirs. Ce que vous ferez de votre éducation, décidera de l’avenir de notre pays ». Rappelant les réalités des banlieues « avec un chômage, une précarité et une pauvreté qui sont plus élevés qu’ailleurs et des jeunes faisant face à la discrimination », l’ancienne candidate à l’Elysée a affirmé que « ces banlieues ne doivent plus être traitées comme un problème mais comme une partie essentielle de la solution du redressement de la France » alors qu’au même moment, le Collectif Agir pour nos libertés a essayé d’interpeller Ségolène Royal sur la question du voile dans la petite enfance, en vain.
Si certains détracteurs ont critiqué les coûts des projets de Hollande, Ségolène leur a répondu : « essayez donc l’ignorance et vous verrez le coût de l’ignorance » (ndlr : phrase reprise durant ses anciens discours lors de ses propres primaires). Revenant sur « l’échec » de la politique de Sarkozy, elle a conclu par « les fondamentaux de la démocratie : le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple ».
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