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Cela fait plus d’un an que le chantier a démarré, dans une petite localité à la sortie d’Izmir, en Turquie. Le défi est de taille : Osman Erkurt, un scientifique navigateur turc, a entrepris d’édifier deux birèmes [2], répliques exactes de navires antiques, selon les méthodes de l’époque. Grâce à elles, il souhaite relier – comme les Phocéens jadis – Foça (la Phocée turque) à Marseille (l’une des Phocées françaises).
L’une des galères est « un bâtiment de guerre » [3], l’autre « de commerce », précise Jean-Pierre Salvetat, le président marseillais de l’Association méditerranéenne franco-turque. Pas plus tard que début juin, il était à Foça, accompagné d’une petite délégation, à la rencontre du maire de la ville.
« Le projet porté par l’association 360°, d’Osman Erkurt, s’appelle Mare Nostrum. ». Si ce dernier n’en est pas à sa première « aventure maritime », la saveur scientifique et historique de son dessein prend cette fois une dimension « humaine » forte. Les habitants de Foça, les Phocéens d’aujourd’hui, sont « environ 15 000 » et savent que leurs ancêtres ont « essaimés de nombreuses colonies » autour de la Méditerranée, Marseille en étant la plus importante. Et « ils désirent créer des liens ».
« J’espère que le projet sera bien accueilli à Marseille »
Le projet a emporté l’adhésion « du milieu culturel français en Turquie » et est soutenu notamment par le Centre Culturel Français d’Izmir, et l’ambassade tricolore située à Ankara.
Vu que les moyens utilisés sont « ceux de l’Antiquité », la traversée, qui « se fera à la voile et à la rame », devrait prendre au moins deux mois. D’autant qu’Osman Erkurt souhaite visiter la quasi-totalité des villes fondées ou occupées par les Phocéens. Elles sont en abondance autour de la Grande Bleue, de la Turquie aux côtes grecques, italiennes, françaises (corses et continentales) et catalanes.
Tous les maires des villes concernées se sont d’ailleurs réunis il y peu, à l’invitation du maire de Foça. Tous, « sauf Jean-Claude Gaudin, qui n’a pas répondu ». Pourtant, Jean-Pierre Salvetat « espère que le maire de Marseille accueillera bien » les marins des temps anciens. « L’opération culturelle n’est absolument pas dictée par la politique turque », argumente-t-il, et elle pourrait servir la candidature marseillaise au titre de Capitale européenne de la culture 2013. Réponse « à l’horizon fin 2008, début 2009 ». D’ici là, pourvu qu’il n’y ait pas de galères…
[1] Article paru fin 2007 dans Le Figaro.
[2] Résumé du projet sur le site du Centre Culturel Français d’Izmir.
[3] « Mare Nostrum » prend forme en images, face à l’objectif du photo reporter Dung Vo Trung, d’Orizon Photography.
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