Qui sommes nous ?

Nous Contacter

Babel Med Music, la world music à l’état pur

Publié le 16 mars 2012
par Sarah Lehaye
Les jours approchent, les gens l’attendent, le compte à rebours a démarré, Babel Med Music est sur la lancée de ces rayonnantes années passées, malgré une industrie musicale de plus en plus mise à mal. Premier salon professionnel de la world music en France, ce rendez-vous s’inscrit comme une passerelle entre les artistes et les producteurs, doublé d’un panorama dévoilant la richesse des ondes planétaires. Du 29 au 31 mars, le festival de renommée mondiale du Dock des Suds va s’articuler autour d’une multitude de rencontres, débats, conférences, projections et de concerts ! J-13, attention, ça va swinguer !

Une fois de plus, la programmation de cette 8e édition a été concoctée avec des ingrédients de première qualité, triés minutieusement sur le volet. L’engouement créé par l’envergure de l’évènement a été démontré avec 950 candidatures réceptionnées de soixante-sept pays des cinq continents. Pour l’heure, vingt-deux pays seront représentés, du Brésil au Tajikistan en passant par les Caraïbes, la France, Israël, Palestine et tant d’autres. Trois jours et trois nuits durant lesquels les Docks des Suds verront défiler trente soirées de concerts, plus de 2.500 professionnels, une vingtaine de conférences, 163 stands et des milliers de spectateurs.

Tour du monde en musique

« Marseille n’est pas que méditerranéenne, elle est aussi africaine, comorienne... avec des gens qui ont des choses à dire, des sons qui pensent et qui avancent avec l’histoire du pays » a commenté Bernard Aubert, coresponsable (avec Sami Sadak) de Babel Med Music. Ce festival met un point d’honneur à la sélection d’artistes régionaux. Cette saison, six artistes sur trente-et-un représenteront les couleurs de la région aux sonorités hétérogènes. C’est le groupe de musique médiévale occitane, Saboï, qui ouvre le bal des richesses internes. A l’appel des costumes et des instruments à vents médiévaux, galoubets et fifres provençaux, grailhes catalanes, tarotas ou autres trompes gauloises, vous prendrez vite part aux farandoles frénétiques provençales et rondes sabbatiques de toutes les fêtes païennes ou religieuses. Sibongile Mbambo, marseillaise native de Cape Town, enivrera la salle par son aura et le timbre chaud de sa voix. Sa grande particularité, la langue d’interprétation de son peuple, le Xhosa, rythmée par des claquements de langue. Son inspiration musicale traditionnelle qu’elle allie à la culture urbaine offre une parfaite symbiose. La région peut-être fière de ces petits trésors avec la présence du marseillais guinéen Ba Cissoko, qui a su mettre la kora, ce cordophone mandingue à 21 cordes, à profit de ces influences rock, jazz et funk.

JPG - 109.1 ko
Groupe de musique médiévale occitane SABOÏ à Brignoles ©Orm Vanessa

Les chants libertaires entre le troubadour occitan et les asik anatoliens prolongeront ce voyage musical avec le trio Forabandit, de Marseille à l’Iran en passant par Istanbul. Le groupe Temenik Electric débarque avec son style qui lui est propre, à la hauteur d’une rencontre entre Lenny Kravitz et l’Orchestre National de Barbès. Certains pourraient appeler ce genre de musique du rock-orient, de l’électro-rock métissé, les cinq hommes marseillais traduisent cela par Rock de Babel. Le métissage des sonorités rock-pop au langage arabe rappellent les origines arabo-occidentales. Une rencontre des genres qui carbure. La page des artistes locaux se clôturera avec un marseillais et pas des moindres. Connu et reconnu pour son talent de mixeur et échantillonneur par la scène marseillaise et nationale, il a notamment contribué aux couleurs musicales du groupe IAM, Imhotep biensûr ! Treize années après le succès de son premier album solo, Blue Print, aux influences trip-hop et aux sonorités orientales, il revient sur la scène avec son dernier opus, Kheper, un projet aux frontières du ethnic-trip-hop world-lounge et Châabi-break-beat.

JPG - 182.1 ko
Le souk déjanté de Boogie Balagan ©terrasson

Déjà ouvert sur les sonorités du monde avec les artistes régionaux, les barrières sauteront avec la flopée d’artistes mondiaux. Le voyage sera imminent. De la colère du créole et la force des Antilles avec Soft à la Cobla moderne de l’orchestre Cobla Catalana dels sons essencials, en passant par la légende angolaise, Bonga, au rythme du semba et du blues luso-africain, il n’y aura plus qu’un pas. Le pas vers les vibrations jazz de la bosniaque Amira & Bojan Z, des arméniens Mi Nor Syndicate, et de l’afro-beat urbain de Kalakuta Orchestra. Si la musique n’a pas de frontières, c’est bien le duo déjanté rock, Boogie Balagan, autoproclamé « palestisraëlien » qui peut en témoigner.

Un accent particulier a été mis sur l’actualité et notamment celle des femmes qui ont marqué l’année culturelle. En démontre la présence de la nouvelle figure des musiques arabes actuelles, la tunisienne Emel Mathlouthi, qui est une artiste engagée et militante dans l’âme comme sur scène, mais aussi Khaira Arby, qui se bat pour la situation malienne et défend la cause féminine. Adulée aux États-Unis et pourtant méconnue en France, cette grande dame déploiera son grain de voix exceptionnel au gré des différentes langues accompagnée de ses musiciens. Dans un autre registre, «  l’étoile montante du Brésil », Flavia Coelho débarque avec son bossa muffin. La jeune carioca entraîne avec brio les musiques brésiliennes vers les horizons du hip-hop et du ragga.

Panorama et mutations

Si les trois soirées seront rythmées aux sons endiablés des musiques du monde, les trois journées revêtiront une casquette plus formelle et économique, réservées aux professionnels. Artistes, programmateurs, tourneurs, diffuseurs, institutions, réseaux et médias des quatre coins du monde se retrouveront au cœur d’un forum de 2.000 m², laissant place aux rencontres et conférences. Par ces colloques, il s’agira de mettre en dialogue les acteurs de la sphère économique de la world music et d’ouvrir le débat sur les pratiques et les faits de cet univers si vaste. Pour Marc Ambrogliani, directeur de production des Nuits Métis mais également producteur d’artistes, notamment de Ba Cissoko, « pour le monde de la musique, la crise a trois volets : le marché du disque qui s’écroule avec les disques qui disparaissent, la baisse des subventions avec la politique de décentralisation, et la crise que vit tout le monde ». Au-delà de ces thèmes sera, entre autres, posée la question de « La place et le rôle de la musique pendant et au lendemain des Printemps arabes », et un état des lieux sera dressé sur l’éco-responsabilité des festivals en PACA, notamment relatif à la démarche AGIR+ qui met en place un dispositif de soutien aux festivals éco-responsables. Babel Med Music y adhère bien évidemment ! L’Allemagne, considéré comme un pays porteur pour les musiques du monde, présentera les ficelles de son marché en comparaison avec celui de la France. Les artistes pourront également s’informer sur les différents dispositifs auxquels ils peuvent répondre, tels que des mécanismes d’aides aux projets et au développement.

JPG - 662.4 ko

Comme à l’accoutumée, cinq artistes seront mis à l’honneur et se verront récompenser pour leur création et leur talent, lors de la cérémonie d’ouverture le jeudi 29 mars. Depuis 2007, une grande opération sur deux matinées, est organisée pour près de 180 lycéens et apprentis, venus de 12 lycées mrseillais, qui vont découvrir les rudiments de la création et production musicale. Une action de sensibilisation sera mise en place, en collaboration avec la Région PACA, le Rectorat Aix-Marseille et l’association Latinissimo.

Les écrans de Babel Med Music s’exporteront hors les murs aux Archives et bibliothèque départementales Gaston Defferre pour la projection d’une sélection de films et documentaires sur les musiques du monde, « qui collent à l’actualité » a précisé Sami Sadak, coresponsable de la manifestation et ethnomusicologue.

Il faut rappeler que Babel Med Music (comme la Fiesta des Suds) tient à renouveler ses gestes de solidarité en octroyant 150 places aux personnes isolées, afin de lutter contre l’exclusion par le développement de l’accès à la culture. Une action menée en partenariat avec l’association Cultures du cœur 13. Le festival ouvre également ses portes à plusieurs structures d’insertion.

Retrouvez le programme complet sur le site

Tarifs : soirée : 15 euros / Pass 3 soirs : 35 euros

Ouverture des portes : jeudi 29 mars à 19h30 / vendredi 30 et samedi 31 mars à 18h30


calle
calle
calle

SPIP 1.9.2d [11132] habillé par egt - accessibilité Articles et contenus © Med in Marseille Productions tous droits réservés