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Voici pour cette occasion une belle poésie. Elle vous est offerte par Mohamed Boualam :
L’anniversaire de l’étoile et du croissant rouge.
pas question de changer mon nom
pas question de franciser mon prénom
pas question d’avoir la tête comique du bon magrebin de service de télévision
attention, je ne parle pas de religion
la burka, ne fait pas partie de ma tradition
l’assimilation, c’est toujours de la colonisationbon
je vais arrêter de vous gonfler avec mes rimes qui se termine avec le même son
je suis français, résultat de quelques histoires d’hier
je me bats encore pour le pays de Zola, de Louise Michel et de Prévert
je ne veux plus de mensonges, ni d’illusions
l’Algérie contre les colons, la France contre les nazis, deux pays aimés, deux libertés, deux nations
ce n’est pas du courage, c’est une belle idée, ces affirmations
l’Afrique du nord est encore loin mais c’est pour demain la belle contrée de la barbarie ?
j’ai une histoire, je suis né, origine barbare, j’écris l’espoir, j’en ris
j’ai tout perdu, j’ai tout gagné, j’ai tout à donner, tout à sacrifier
j’ai l’ouverture d’esprit contre les identitaires :)
j’ai des papiers, pour les policiers, ça peut le faire :)
j’ai une couleur pour les sans couleurs :)
j’ai une culture, en héritage, des morts dans la douleur
ici, là, là-bas, je suis étranger, alors, je voyage
même le lieu, d’où je suis parti a oublié mon image
je croise des poètes qui me parlent de lointains nuages
j’aime écouter les belles images de leurs villes et de leurs villages
casse toi, étranger, que veux tu ? va vivre ailleurs, sinon, faut payer le télépéage
mes pas semblent dérangés, les gens de ces pays qui font du racolage
car il faut absolument qu’ils vendent leurs belles vertus, que du pinaillage
pour acheter des bons purs de chez eux, la consanguinité des idées, c’est leur adage
je leur souhaite de sentir, cette solitude des navires qui ne trouvent aucun mouillage
jusqu’à se rouiller et couler, loin, loin, très loin des rivages
j’écris pour la fête d’un pays qui m’est inconnu, sa liberté a 50 ans
et dans ma mémoire, ses martyrs indigènes et français resteront gravés pour plus de 100000 ans
grâce à eux, j’ai grandi, ils m’ont donnés leur sang
ne me donnez pas un seul drapeau
couvrez ma tombe avec toutes les couleurs de la terre
et si je dois crever dans un caniveau, éclairer moi juste avec l’étoile et le croissant rouge de mon père
et faites sourire mes yeux avec un tissu, un bandeau blanc et vert.
Mohamed Boualam
En mémoire aux martyrs qui ont donnés leurs vies pour la décolonisation.
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