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Une Histoire, Cent Mémoires

Les traditions sont reines dans le Pays de Cézanne. Et l’Histoire y est pour quelque chose. A l’époque on pensait que le calisson protégeait de la peste. « 1630, le fléau est si terrible que les habitants sont confinés chez eux. Tous les coins de rues, des niches sont abrités de statues de la Vierge, pour que les fidèles puissent prier depuis leurs fenêtres. Le 20 janvier 1630, la situation ne cesse d’empirer. Le notable Martelly se rend à la messe et décide de rendre grâce, chaque année en septembre, à la Vierge de la Seds, sainte patronne de la ville, afin de bénéficier de sa protection. C’est au cours de cet office qu’à lieu la première distribution de calissons bénis. Depuis, chaque 1er dimanche de septembre les cloches de la ville carillonnent pour rappeler ce vœu ». Un vœu renouvelé pour la 379ème fois dans la Cathédrale Saint Sauveur et en présence d’une foule de curieux. A 14h, les festivités débutent Place des quatre Dauphins où la température s’élève aux sons des galoubets et des tambourins, accompagnés des danses folkloriques provençales des membres « d’Histoire d’Aix et de Provence ». S’en suit un défilé haut en couleurs. Les tambourinaires, les Echansons du Roy René en tenue de grand apparat, suivis des confiseurs, des calissoniers et d’une foule enthousiasmée sont accueillis sur le Parvis de l’Eglise Saint Jean de Malte par Monseigneur Claude Feidt. Après lecture du texte évangélique, l’archevêque procède à la bénédiction des nombreux paniers remplis de calissons. Et à 16h, après un « Ave Maria » tout en émotion, les Aixois succombent au pêché de gourmandise en dégustant les calissons bénis, sous l’œil bienveillant de l’archevêque.

Emblème de la ville, la petite navette subtile, à la robe d’hostie et au cœur d’amende douce a été aussi célébrée à travers l’émission d’un timbre « calisson » et d’un troisième jeton touristique aixois de La Monnaie de Paris que les passionnés se sont arrachés. Philatélistes et numismates n’ont pas contenu leur enthousiasme. 2 Rue Cardinale, à deux pas du musée Granet, les collectionneurs se sont précipités à la première bourse d’échange-exposition organisée par l’Association Jetons Touristiques.com. Après celui consacré en 2000 à la Cathédrale et le second l’année dernière à l’Atelier Paul Cézanne, il met en avant le calisson de façon originale. Au prix de 2 euros, « ce jeton pèse 15,75g et fait 2 mm d’épaisseur. Composé de cuivre, d’aluminium et de nickel, il est pour les numismates un métal précieux. Il représente la façade de l’Eglise Saint Jean de Malte et y figure également un rappel du vœu Martelly » explique le président de l’Association, Stéphane Sibot. Sur les 5000 jetons frappés dans les ateliers de Pessac, seul 1000 jetons étaient encore disponibles. « Les 4000 autres étant déjà placés par le biais d’Internet ». Les gains procurés par la vente de ces médailles permettront de participer à la réalisation d’une nouvelle cloche, baptisée « La Calissonne », pour le clocher de St Jean-de-Malte qui avait dû être empruntée par Bonaparte, futur empereur pour entreprendre la campagne d’Italie. Le succès de ce troisième jeton aixois n’a pas fait oublier aux passionnés le privilège d’un timbre « calisson ». Obtenu après trois ans de travail, il représente un panier de calissons sur un fond rose comme pour rappeler les parfums, les saveurs et toute l’histoire de la Provence. Et pour la première fois en France, les timbres ont pu être oblitérés avec un cachet de la poste en forme de Calisson. « C’est un privilège et un honneur » souligne Yvon Roméro, Président de l’Association Philatélique du Pays d’Aix, d’autant plus que l’émission du timbre par la poste était prévue pour le mois d’octobre. La bénédiction des calissons fait désormais partie intégrante de la vie des aixois et au plus grand bonheur des gourmands. « Venite Ad Calicem » : « Venez tous aux calissons ».

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