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Fichier Edvige : début juillet à Marseille, Rachida Dati tâtait déjà de la polémique

Publié le 11 septembre 2008
par Ahmed Nadjar, Anne-Aurélie Morell, Gaël Assouma
Il y a deux mois, alors en visite dans notre ville, Rachida Dati avait dû répondre aux premières interrogations et inquiétudes soulevées par le système de fichage Edvige, relayées notamment par Michel Pezet et une militante associative (vidéo). Depuis, la controverse a enflée et, hier, Nicolas Sarkozy a sommé Michèle Alliot-Marie d’« ouvrir rapidement une concertation ».

Le 4 juillet dernier, trois jours après que le décret portant création du système de fichage Edvige – devant permettre de répertorier les personnes pouvant « porter atteinte à l’ordre public », tels des mineurs délinquants ou « susceptibles » de l’être, des syndicalistes, des acteurs de la vie politique et associative, etc. – eût paru au journal officiel, la polémique grondait déjà à Marseille. Ainsi, lors de la visite de la ministre de la Justice Rachida Dati, cette dernière fût prise à partie par une militante associative, ainsi que par Michel Pezet [1], ex-candidat malheureux (PS dissident) à la mairie d’Aix-en-Provence.
La réunion organisée au Théâtre du Merlan, qui devait tourner autour des questions d’« Egalité des chances, d’accès aux droits et de lutte contre les discriminations », a donc été l’occasion d’une passe d’armes à propos du dispositif. Non pas au sujet des informations « relatives aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou à l’appartenance syndicale », voire aux préférences sexuelles ou à l’état de santé, pouvant être collectées, quand bien même de « manière exceptionnelle ». Cette partie immergée de l’iceberg n’avait pas encore fait surface. Mais sur la notion de mineurs âgés de treize à seize ans, « susceptibles » de troubler l’ordre public et donc d’être fichés pour une durée indéterminée. Avec tout ce que cela implique de subjectif dans l’interprétation du mot « susceptibles »…

Rachida Dati défend le système de collecte de données Edvige, face à ses détracteurs :

L’été passé, quelque 135 000 signatures au crédit de la pétition « Non à Edvige » plus tard, et des voix s’élevant de sa majorité, Nicolas Sarkozy a préféré devancer, hier, le Conseil d’Etat. Avant que celui-ci n’étudie plusieurs recours en annulation, le chef de l’Etat a intimé à la ministre de l’Intérieur de revoir son dossier, en ouvrant « rapidement une concertation ». Il n’en désavoue pas pour autant le principe de fichage, « nécessaire » selon lui à la lutte contre la criminalité.


[1] Par la suite, Michel Pezet a complété le tir en attaquant globalement la mesure dans une tribune publiée par Le Monde début septembre.

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