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Le 4 juillet dernier, trois jours après que le décret portant création du système de fichage Edvige – devant permettre de répertorier les personnes pouvant « porter atteinte à l’ordre public », tels des mineurs délinquants ou « susceptibles » de l’être, des syndicalistes, des acteurs de la vie politique et associative, etc. – eût paru au journal officiel, la polémique grondait déjà à Marseille. Ainsi, lors de la visite de la ministre de la Justice Rachida Dati, cette dernière fût prise à partie par une militante associative, ainsi que par Michel Pezet [1], ex-candidat malheureux (PS dissident) à la mairie d’Aix-en-Provence.
La réunion organisée au Théâtre du Merlan, qui devait tourner autour des questions d’« Egalité des chances, d’accès aux droits et de lutte contre les discriminations », a donc été l’occasion d’une passe d’armes à propos du dispositif. Non pas au sujet des informations « relatives aux opinions politiques, philosophiques ou religieuses, ou à l’appartenance syndicale », voire aux préférences sexuelles ou à l’état de santé, pouvant être collectées, quand bien même de « manière exceptionnelle ». Cette partie immergée de l’iceberg n’avait pas encore fait surface. Mais sur la notion de mineurs âgés de treize à seize ans, « susceptibles » de troubler l’ordre public et donc d’être fichés pour une durée indéterminée. Avec tout ce que cela implique de subjectif dans l’interprétation du mot « susceptibles »…
Rachida Dati défend le système de collecte de données Edvige, face à ses détracteurs :
L’été passé, quelque 135 000 signatures au crédit de la pétition « Non à Edvige » plus tard, et des voix s’élevant de sa majorité, Nicolas Sarkozy a préféré devancer, hier, le Conseil d’Etat. Avant que celui-ci n’étudie plusieurs recours en annulation, le chef de l’Etat a intimé à la ministre de l’Intérieur de revoir son dossier, en ouvrant « rapidement une concertation ». Il n’en désavoue pas pour autant le principe de fichage, « nécessaire » selon lui à la lutte contre la criminalité.
[1] Par la suite, Michel Pezet a complété le tir en attaquant globalement la mesure dans une tribune publiée par Le Monde début septembre.
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