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Il y a nombre d’avantages à résider dans le quartier des Catalans. Même si les immeubles construits après guerre n’ont pas le charme de l’haussmannien, la proximité immédiate de la plage désormais publique, du jardin du Pharo et du centre-ville, en font un endroit recherché. Mais ce quartier historique de Marseille, où l’ambiance villageoise fait de la résistance, doit supporter les inconvénients de ses avantages. Quand ce ne sont pas d’interminables bouchons qui paralysent l’ensemble des artères courant entre les avenues Pasteur, Charles Livon et de la Corse, ce sont les travaux qui inquiètent. De la création d’un parking souterrain sous l’actuel stade Tasso, à l’édification d’un hôtel accolé au Cercle des nageurs et dont la hauteur annoncée provoque l’ire des riverains dont la « vue mer » serait obstruée, en passant par les nombreuses réunions politiques et économiques qui rythment la vie du Palais du Pharo, construit sous Napoléon pour contenter sa belle qui ne l’habitera jamais,… Les occasions de marronner ne manquent pas.

C’est le cas depuis hier, avec la préparation du sommet Union européenne-Inde, présidé aujourd’hui par Nicolas Sarkozy. En vingt-quatre heures, de nombreux policiers, CRS et civils ont pris position ; des pêcheurs ont été empêchés de pêcher en rond. Ce matin, plusieurs dizaines de « travailleurs de la France qui se lève tôt » n’ont pas pu se rendre à leur travail, leur véhicule ayant été enlevé par la fourrière dans la nuit. « Il y avait deux panneaux sur 500 mètres. Et l’arrêté pris parlait de la Fête du Plateau, pas de ce sommet », s’énerve l’une d’elles. Une retraitée n’hésite pas à lancer quelques jurons. Les automobilistes sans voitures s’organisent et porteront l’affaire ensemble, devant le ministère. En attendant, ils doivent débourser 130 euros pour récupérer leur véhicule à Bougainville. Là-bas les esprits s’échauffent : « ils ont besoin d’argent ou quoi, pour nous taper comme ça ? ». Le quotidien des gens, leur « pouvoir d’achat », l’emporte sur de lointaines questions de politique internationale.

Au Pharo, l’attente s’allonge à mesure que tombent les communiqués de la présidence. A l’extérieur, seules circulent les voitures de police. Un agent « prend racine ». Le président de la République arrivera avec plus d’une demi-heure de retard, pour recevoir José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, et Manmohan Singh, le premier ministre indien. Derrière les barrières dressées pour l’occasion, trois jeunes filles s’agitent à l’idée de savoir que « Sarkozy est là ! ». Quand je leur demande si elles connaissent la raison de ce déploiement, elles savent vaguement que « des hindous (sic) doivent venir ». Un commerçant installé à quelques mètres de là, et dont les clients se font rares, ironise : « c’est bien tout ça, mais faudrait pas que ce soit tous les matins ».
Avec le titre de Capitale européenne de la Culture 2013, et la place que veut se voir accorder Marseille dans le projet d’Union pour la Méditerranée, il faudra s’habituer…
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