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Majoritairement ressortissants des DOM-TOM, les 200 manifestants rassemblés samedi après-midi en face de la mairie centrale rejoignent à leur tour le vaste mouvement de contestation antillais pour la hausse des salaires et la baisse des prix. Constitué de personnes de tous âges, le groupe contestataire s’est voulu calme mais déterminé.
Bravant le mistral, des représentants des vingt-sept associations présentes, des militants de gauche et de la LDH sont montés au pupitre pour dénoncer la vie chère et l’inégalité de traitement des citoyens domiens. La situation peu ou mal relayée par les médias métropolitains est en effet critique.
M. Chaviano qui a vécu quelques temps en Guadeloupe parle d’« une impression de grande désinformation en France métropolitaine et d’une véritable révolution culturelle en marche au sein des DOM-TOM ».
Mais avant d’entrevoir une révolution d’un quelconque type dans les protestations des citoyens martiniquais, guadeloupéens et réunionnais, d’autres alertés par la flambée des prix s’inquiètent avant tout de la difficulté de subvenir aux besoins de première nécessité :
« Lorsque nous rendons visite aux parents et à la famille restés là-bas, au lieu de leur ramener des cadeaux, on leur ramène du riz et des pâtes » témoigne Patrick Jeanette, responsable de la Radio Culture Outre-mer basée à Marseille. Lorsqu’on sait que le prix d’un kilo de pâtes en Guadeloupe est environ de 2,60 euros pour moins d’un euros en métropole, que le prix de la baguette atteint lui les deux euros, on comprend aisément le sens des priorités.
Et même si, « les DOM ce n’est pas en France mais c’est la France » comme l’a si bien précisé Mona Georgelin, présidente de l’association Mamanthé, les dirigeants politiques français semblent aux yeux de François Nilor, président de l’association ADCAP « avec leur mesurettes et leur manque de détermination », omettre une telle évidence.
Politique à géométrie variable ? Beaucoup dénoncent du moins des structures et une mentalité coloniale en vigueur dans ces îles paradisiaques qui font surtout le bonheur des « békés » (descendants d’anciens colons blancs). « Alors qu’ils sont minoritaires, les békés détiennent plus de 50% des richesses dans les DOM-TOM laissant le reste de la population avec ses problèmes de chômage et dans la misère », s’insurge François Nilor.
Pour le représentant du syndicat « Solidaires », ce qui se passe hors métropole est « un signe avant coureur et un exemple que les syndicats français devraient suivre ». La Ligue des droits de l’homme regrette quant à elle « qu’il n’y ait pas un plus grand soutien de la part des partis politiques et syndicats car, tous devraient se sentir concernés ». Le conseiller municipal d’Aix-en-Provence, Remy Jean (ancien militant LCR), celui des Pennes-Mirabeau Marc Galland (PC) ainsi que celui de la ville de Septèmes qui ont assisté à ce rassemblement ont écouté dans un silence religieux les doléances des manifestants.
Un mouvement qui n’est pas près de s’estomper dans les DOM-TOM et qui prend peu à peu de l’ampleur en métropole avec un rassemblement « national » prévu pour le 21 février à Paris et dans plusieurs villes françaises.
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