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Carte scolaire : « ils veulent nous la faire à l’envers »

Publié le 20 février 2009
par Anne-Aurélie Morell
Mercredi, l’inspecteur d’académie a tenu une conférence de presse, afin de vanter l’équilibre maintenu dans le département pour la rentrée prochaine, tant au niveau du nombre de classes - « 34 fermetures pour 34 ouvertures » - que du nombre d’enseignants. En dessous de ses fenêtres, une centaine de manifestants de divers horizons crient leur colère. Un peu plus tôt dans la journée, une délégation du Collectif pour sauver la maternelle de Mourepiane était reçue par l’adjointe au maire en charge de l’éducation…

Parents d’élèves, étudiants de l’IUFM, enseignants Rased… ils étaient plusieurs dizaines mercredi 18 février, à manifester au pied de l’immeuble qui abrite l’inspection d’académie d’Aix Marseille. Quelques étages au-dessus, Gérard Trève tient conférence. L’inspecteur d’académie explique à la presse les changements qui doivent intervenir à la rentrée prochaine. Selon lui, la carte scolaire ne connaîtra pas de grands bouleversements, puisque sur quelque 7 000 classes que compte le premier degré, seules « 34 fermetures, pour 34 ouvertures » sont annoncées. Sans compter la vingtaine de classes, dont on a la quasi-certitude qu’elles fermeront, mais qui ne sont classées pour l’instant que dans la catégorie « fermetures à surveiller ». Parmi les fermetures actées se trouvent une classe de la maternelle La Savine 2, une de l’école de La Bricarde, et pour ce qui est de l’élémentaire, une classe de l’école des Abeilles ou encore des Marronniers à St Tronc. Parmi les fermetures « à surveiller », il y a celle de la maternelle de Mourepiane et de ses deux uniques classes, dont nous vous parlions la semaine passée.

Les habitants du quartier et parents d’élèves constitués en un Collectif pour sauver la maternelle de Mourepiane étaient d’ailleurs reçus un peu plus tôt par l’adjointe au maire déléguée aux questions d’éducation, Danièle Casanova. Une délégation de quatre personnes a pu participer à une réunion, en présence de Christine Susini-Monges, de la direction générale de l’Education et de la Petite enfance. Mais au sortir de cette rencontre, c’est la déception qui domine : « nous avons l’impression d’avoir été reçus parce qu’il fallait nous recevoir, pour se donner bonne conscience, pour dire « vous voyez, nous vous écoutons ». Mais en réalité, Mme Casanova n’a pas eu une seule seconde l’intention de changer d’avis. Elle est restée campée sur ses positions », s’agace Hélène Ouznani-Graglia, du Collectif. Les arguments avancés par l’adjointe au maire sont soigneusement démontés un à un. Le fait qu’il n’y ait pas assez d’élèves ? « C’est en fait parce que la mairie ne prend pas en compte la vingtaine d’enfants de deux ans et demi scolarisés ». Que les classes de deux niveaux entraînent un redoublement d’office ? « Il n’y a qu’à regarder nos enfants, qui s’en sortent très bien par la suite, justement grâce à l’attention dont ils font l’objet dans cette petite structure ». Sur ce point d’ailleurs, les parents ripostent : « Danièle Casanova nous a assuré que si l’école de Mourepiane avait trois classes de niveaux différents, elle ne fermerait pas. Nous lui avons donc promis de trouver le nombre d’enfants nécessaire à l’ouverture d’une troisième classe. Cela l’a mise en rage. Elle nous a opposé qu’il fallait que tous les élèves viennent de Mourepiane, alors que le quartier fait parti du même périmètre que Saint-Henri et Saint-André. Elle nous a donc menacés de faire créer deux secteurs bien distincts, afin de nous empêcher de « recruter » ailleurs ». Bref l’impasse.

La délégation ressort amère de cette réunion infructueuse. « On veut nous la faire à l’envers » pestent ses membres. Puis elle se rend donc sous les fenêtres de l’inspection académique, rejoindre les nombreux autres mécontents. Ceux-là craignent plutôt pour leur emploi : l’ouverture de postes devrait être réduite de moitié pour les instits en devenir sortant des bancs de l’IUFM, tandis que les RASED (enseignants affectés aux élèves en difficulté) devraient également voir leur effectif fondre. Pourtant, Gérard Trève a certifié que le nombre de personnel serait égal et qu’« aucune perte d’enseignants » ne serait à déplorer, et ce malgré « une baisse constante du nombre d’élèves depuis 2006 ».
Ce qui n’a pas paru rassurer les manifestants, convaincus qu’il faut poursuivre le mouvement.


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