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La Caisse mutuelle complémentaire d’action sociale (CMCAS, équivalent du comité d’entreprise) d’EDF-GDF, « l’une des seules au monde à être entièrement gérée par le personnel », consacre une part importante de son budget à des projets solidaires. Cette année, sur l’initiative de l’un des membres de l’entité régionale, Morad Djebourri, des vélos sont collectés et remis en selle, afin de les convoyer vers plusieurs villes marocaines, où ils serviront à des enfants en âge scolaire.
Directeur de la Maison familiale de Trouves, dans le Var, Morad Djebourri suit en 2008 au Maroc l’association corse Per a Pace (Pour la paix), émanation de la CMCAS de l’île de Beauté qui organise régulièrement des séjours solidaires au Maghreb. « C’est là que ça m’a pris », explique-t-il. Lorsqu’en pleine montagne il observe chaque matin, vers 6h30, un cortège d’enfants dévalant de toute sa hauteur un chemin rocailleux pour rejoindre, probablement de l’autre côté de la vallée, leur école, une idée germe dans son esprit. Certes, ces enfants doivent être particulièrement volontaires et robustes pour parcourir tant de kilomètres tous les jours, aller-retour, mais « quelle perte de temps » ! D’autant qu’ils sont férus d’apprentissage et cumulent souvent les cours donnés en journée avec ceux donnés au village le soir. Pour raccourcir leur temps de trajet, Morad imagine leur fournir un moyen de transport tout ce qu’il y a d’écolo et d’économique : des vélos.
Pédaler pour étudier
La réalité, constatée dans d’autres localités marocaines, lui confirme la pertinence de son idée. A Marrakech – et dans une moindre mesure à Casablanca, mieux fournie en terme de transports en commun – de nombreux écoliers quittent les bancs de l’école, las de marcher des heures entières pour rallier leur établissement scolaire. Les étudiants du secondaire paraissent particulièrement frappés : car si le réseau d’écoles primaires est plutôt dense autour de la capitale touristique du pays, collèges et lycées se trouvent en majorité au centre de la Ville rouge.
De retour en France, Morad Djebourri fait part de son projet à la Commission Contenu des Actions de la CMCAS marseillaise, qui accepte le concept. Il lance alors l’opération en communiquant via le site 107 web, en partant du principe qu’« un vélo, on en a (presque) tous un chez soi. Et bien souvent, on ne s’en sert plus : trop usé, les pneus à plat, le guidon tordu… Bref, des pannes ou des anomalies qui nous poussent à le stocker dans la cave ou le garage, se promettant de s’en débarrasser un jour mais ne trouvant jamais le temps de s’en occuper ». Depuis le 2 mars, une soixantaine de cycles a ainsi été collectée auprès des ressortissants du CMCAS Marseille et de leur famille. L’appel au don n’est pas strictement circonscrit à eux, même si le manque de temps et de moyens de diffusion de l’information restreint forcément l’ampleur de l’invite. Morad Djebourri espère récupérer environ 200 vélos usagés. Ils seront donnés directement aux écoles, et seront prêtés aux enfants pour la durée de l’année scolaire. Tout cela se fait en étroite collaboration avec des associations marocaines oeuvrant contre la déscolarisation, comme Al Karam : « il serait hors de propos de ramener des produits dont personne n’aurait l’utilité là-bas, juste par lubie », assure le Tourvain.
Réparation solidaire
Pas question non plus de débarquer de vieilles bécanes hors d’usage au Maroc. Pour rester dans la veine solidaire, les vélos seront réparés grâce au concours d’une classe du lycée technique Don Bosco. L’institution marseillaise, située près de la place Castellane et gérée par l’église, a immédiatement adhéré au projet. Et c’est avec enthousiasme qu’une trentaine d’élèves dits « en difficulté » ont accepté de participer à l’aventure, en donnant de leur temps et de leur savoir-faire. « Nous avons eu un premier contact avec eux juste avant les vacances de février. Sur trente élèves, vingt-huit étaient à fond. Ce qui ne veut pas dire que les deux timides ne le sont pas. Le prof n’avait jamais vu ses élèves aussi concentrés, aussi passionnés », relate Morad Djebourri. A cet âge-là, on préfère s’exercer à quelque chose de concret, plutôt que de se limiter à la théorie.
Une fois « l’état des lieux » de l’engin effectué, les élèves interviendront deux ou trois heures par semaine sur chacune des bicyclettes le nécessitant ; « certaines sont impeccables, d’autres présentent un problème de pédalier, de frein, de chaîne,… ». Tout cela se fait sur la base du volontariat et du bénévolat. Aucune contrepartie n’est envisagée, si ce ne sont l’organisation d’un grand goûter en juin, et la satisfaction d’avoir généreusement contribué à l’aboutissement de la démarche. « Nous souhaitions emmener deux ou trois jeunes avec nous sur place, mais cela s’est révélé compliqué. Ce qui est sûr, c’est que nous leur donnerons des nouvelles par internet. On enverra des photos des minots perchés sur la selle des vélos que les élèves de Don Bosco auront aidé à remettre en état », annonce Morad.
Si ça roule, « on repart pour un tour »
Car, en effet, un voyage sera organisé en parallèle, au mois d’octobre a priori. Il ne s’agit pas « d’arriver, de débarquer les vélos et de repartir aussi sec ». A la visite d’agrément viendra se greffer ce côté solidaire qui tient tant à Morad Djebourri et au CMCAS. Chaque jour, avant d’admirer les sites remarquables du royaume, les jeunes agents ayant pris le départ rencontreront des associations, la population, partageront un repas, une nuit chez l’habitant… Ils auront également l’occasion d’assurer le suivi de la distribution de vélos.
Si l’opération se révèle être un succès, elle pourrait se renouveler l’année prochaine et les suivantes. « Nous sommes prêts à repartir pour un tour si ça fonctionne. Peut-être dans d’autres pays qui en aurait besoin, comme l’est de l’Algérie, ou encore le Sénégal », s’anime Morad. En attendant, il est tout à son problème de stockage : trouver la place pour plusieurs dizaines de vélos n’est pas mince affaire…
Si vous souhaitez faire don d’un (ou de plusieurs) vélo(s), et leur offrir une seconde vie, n’hésitez pas à entrer en contact avec la CMCAS de Marseille. Les cycles de petite taille (les enfants concernés ont entre 7 et 17 ans environ) sont particulièrement bienvenus. Date limite : 28 juin 2009.
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