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Les objectifs de ce musée sont pourtant nobles et ambitieux. Déclarer que "ce musée sera celui de la charrue et des armoires normandes" comme l’a relevé Rudy Riccioti, l’architecte du projet, est assez insultant pour ses initiateurs qui ont une tout autre ambition.
La première exposition de préfiguration du Mucem, qui s’est achevée le 24 semptembre, donnait le ton. Elle s’intitulait Trésors du quotidien. 360 objets issus de plusieurs pays d’Europe et de la Méditerranée étaient présentés. Pas des trésors, ni des oeuvres d’art, des objets de la vie quotidienne, précieux pour ceux qui les ont fabriqués et ceux qui s’en sont servi. Des outils, des vêtements, des objets de cultes, des instruments de musique, Syriens, Polonais, Espagnols, Français et pas seulement des charrue et des armoires normandes.

La distinction et la ressemblance caractérisaient ces objets et c’est là qu’il fallait chercher le sens d’une exposition un peu déroutante .
Etonnant comme les coffres de mariage, syriens et polonais se ressemblent. Même forme, même fonction, continents et religions différents. Confronter, d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre, les distinctions et les ressemblances pour une foule de gestes de la vie quotidienne est le talent de ce premier travail du Mucem. L’exposition était faite pour bouleverser les chronologies et les classements, mettre de la vie et de la diversité, là où l’on ne voudrait voir qu’ordre et pure logique historique, voire politique. Le quotidien, la vraie vie, prennent le dessus sur un discours historique convenu. Les objets ne trompent pas.
Distinction et ressemblance : "Chacun, individu, groupe familial, professionnel, village ou quartier ne peut exister que s’il résout une contradiction : ressembler suffisamment aux autres pour ne pas être rejeté, et s’en distinguer, s’identifier pour y être reconnaissable. C’est cette distinction, dynamique mais dont les valeurs de référence peuvent choquer, qui fonde cette notion de " diversité culturelle" qui pose actuellement tant de problème à nos sociétés mondialisées par l’économie et par les médias."
La conscience de la parenté et des " infinies variations" qui colorent les peuples de l’espace euroméditerranéen puisse-t-elle, conjurer l’idée, aussi fausse que dangereuse, d’un possible choc des civilisations ? Pour défendre une si belle idée, le Mucem mérite de vivre et Marseille a besoin d’un vrai grand musée pour devenir cette capitale culturelle - ajoutons même "capitale de la diversité culturelle"- qui dans les musées et dans la rue se cherche encore.

Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, Fort Saint Jean, Espace Georges-Henri Rivière, Vieux-Port
Tel 04 96 13 80 90 ( aux heures de bureaux).
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