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Il aura fallu deux mois de mobilisation et 500 signatures sur la pétition du collectif des habitants de Beisson pour que l’équipe municipale aixoise, pas au complet, daigne rencontrer les habitants. Alain Joissains, ancien Maire d’Aix et « conseiller politique bénévole » du Maire, Dahbia Draouzia, déléguée à l’enfance et ancienne adjointe aux affaires sociales, Jacques Garçon, Adjoint Propreté Urbaine, Helliot Brami, Adjoint Eau et Assainissement, Stéphane Paoli, conseiller municipal …sont venus rassurer les habitants « très, très, très inquiets » insiste Mabrouk Bekkari, l’un des membres actifs du collectif Beisson, qui au nom des habitants à réclamer des explications.
Les questions étaient sur toutes les bouches : « pourquoi murés et détruire des appartements alors que les demandes de logements ne cessent d’augmenter (5000) à Aix ? Pourquoi les détruire alors que les ingénieurs ont estimé que les murs fondateurs étaient très solides ?
« Nous voulons que la Mairie joue la transparence » lance Mabrouk Bekkari aux élus présents et à la deucentaine d’habitants. « Nous n’avons pas été consultés sur ce qui devait se faire. Il est normal qu’aujourd’hui nous ayons des suspicions ». En effet, le collectif pense que le Maire d’Aix a pour objectif de détruire Beisson pour reconstruire des appartements « pour personnes aisées. On appelle ça de l’épuration sociale » résume t’il. Mabrouk Bekkari poursuit tout en ironisant : « c’est grâce à la crise s’ils ne nous rasent pas » ; car ce dernier est persuadé : « l’intention de la municipalité est bien de détruire Beisson ». « Un quartier qui attire la convoitise des promoteurs car il se situe sur un site panoramique exceptionnel » souligne Léo Purguette, un représentant des communistes du Pays d’Aix.
Un souhait : « le retour au projet initial »
Le projet qui consistait à rénover les logements aurait-il été dénaturé ? La destruction de Beisson est-elle imminente ? Alain Joissains a tenté de rassurer. « Tout d’abord, Maryse Joissains m’a prié de venir vous saluer » dit-il sous les huées des habitants en colère. « Ce sont des craintes injustifiées » poursuit-il. « Il n’a jamais été question de détruire Beisson. Seul l’ilot E va être détruit et ceci, que nous ayons ou pas l’aide de l’ANRU. Un bâtiment qui sera réservé aux vieilles personnes et aux handicapés » souligne l’ancien Maire d’Aix sous les cris de la foule.
« Nous avons toujours été présents pour aider ces personnes âgées et aujourd’hui encore » lance Sellam. Un autre membre du collectif poursuit : « C’est une aberration, on ne devrait pas détruire ces logements solides. Il suffit seulement de rénover l’intérieur ». En effet, les problèmes inhérents au manque de rénovation se sont accumulés au cours des dix dernières années : « l’électricité est à refaire, il y’a des rats de partout, les caves sont souvent inondées et les chaudières sont dangereuses ». « Ça ne mérite pas le nom d’habitation » lance Evelyne, une habitante de longue date, qui a tout de même inciter les habitants « à ne pas quitter Beisson car les appartements seraient certainement murés par la suite ».
Le collectif est catégorique, il est contre la destruction de l’ilot E et d’aucun autre bâtiment. Car pour ces derniers, sa destruction marquerait le début d’une longue série. Ils réclament donc un retour au projet initial qui consistait à rénover les bâtiments.
A qui la faute ?
Pourquoi la « cité radieuse », telle qu’on l’appelait auparavant, a-t-elle été abandonnée ? Comment s’est-elle retrouvée sans commerces, et « sans vie » ? « Des commerces qui permettaient au quartier de vivre, aux personnes âgées de faire leurs provisions sans trop se déplacer et donc de favoriser le lien social. »
Dahbia Draouzia, ancienne adjointe aux affaires sociales a reconnu les insuffisances de la politique municipale sous le précédent mandat. « On n’a pas été à la hauteur car la situation était difficile. Nous avons eu 5 directeurs (qui se sont succédé en 7 ans, ndlr) et qui n’ont pas fait leur travail. Aujourd’hui, il y’a une femme à la tête de l’office HLM d’Aix : Mireille Mantot. Elle, fera ce qu’elle a dit ». Puis ajoute : « Pour Beisson, je ne savais pas qu’il n’y avait pas eu de concertation ».
De son côté, Alain Joissains a fait savoir que le Maire d’Aix avait l’intention de créer « un marché de proximité ou une petite superette sur Beisson. » Mais les habitants n’ont pas attendu que cela se fasse et ont déjà pris les choses en main. En effet, Mabrouk Bekkari avoue : « le seul commerce qui existe et qu’on a crée, est dans l’illégalité » dit-il en pointant du doigt l’alimentation qui se situe juste derrière les élus. « On n’a pas eu le choix » ajoute-t-il, sous les applaudissements de la foule.
Par ailleurs, François-Xavier de Peretti, le candidat déçu (Modem) aux dernières élections municipales, a tenu à s’exprimer sur la « situation inadmissible » dans laquelle se trouvent les habitants de Beisson. « Je m’inscris en faux dans tout ce que j’ai entendu dans l’allocution d’Alain Joissains. Cette réunion est positive ? 500 signatures pour enfin rencontrer les responsables ! Si vous trouvez ça heureux et positif, c’est qu’on n’a pas la même conception du bonheur » répond-t-il à Alain Joissains. « C’est une politique de l’abandon, il n’y a qu’à regarder autour de soi. Les enfants grandissent et ils n’ont pas vu un seul espace normal. En 9 ans rien n’a été fait » insiste t-il. « C’est assez de temps pour faire quelque chose » poursuit Fleur Skrivan, conseillère municipal d’opposition (PS) et conseillère régional PACA (Présidente de la Commission Culture).
Le Conseil Général et le Conseil Régional cofinanceront également ce projet, mais « pas pour des destructions » insiste Fleur Skrivan. Plutôt pour « la création d’une médiathèque par exemple. » Après la destruction du Centre Social et « les promesses de reconstructions qui n’ont jamais été tenues par le Maire d’Aix », les habitants espèrent que cela se fera « le plus tôt possible ». En attendant, la municipalité propose au collectif de désigner des porte-paroles chargés de créer des groupes de travail thématiques afin de regrouper les propositions des habitants et de les transmettre à la Mairie.
A l’issue de ces deux heures de débat, le collectif a demandé à être davantage consulté et a notamment regretté l’absence du Maire et de Sophie Joissains, déléguée à la politique de la ville, qui est pourtant son domaine de prédilection.
Les habitants estiment qu’ils sont encore dans le flou et que cette réunion n’a pas apporté de solutions concrètes. Mabrouk Bekkari nuance tout de même : « Tout n’est pas noir. Il y’aura des discussions, le collectif va rester vigilant et mobilisé. Si on estime qu’on n’a pas été entendu on s’invitera aux festivals » conclu-t-il.
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