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Obama. Barack, de son prénom, qui signifie en arabe et en swahili : béni. De la bénédiction, il lui en fallut assurément une sacrée dose ce 3 janvier 2008 pour remporter l’approbation d’une large majorité d’électeurs démocrates de l’Iowa. Ce petit Etat rural du centre des Etats-Unis l’a propulsé favori du parti démocrate avec 38 % des voix, loin devant ses concurrents, la très médiatique ex-First lady et sénatrice de New York Hillary Clinton (29 %), et l’ex-sénateur de Caroline du Nord John Edwards (30 %), donnant ainsi le ton pour la future présidentielle. Le caucus de l’Iowa fait l’objet d’une forte couverture médiatique tous les quatre ans, quelques semaines avant l’élection présidentielle américaine, car il sert d’indicateur pour savoir quel candidat peut espérer gagner l’investiture de son parti politique. Pour les primaires du New Hampshire, qui débuteront demain, cela semble également gagné d’avance pour Obama, largement en tête dans les derniers sondages.
Même si les faits parlent d’eux-mêmes - « c’est le premier homme politique américain noir à avoir une chance sérieuse d’accéder à la présidence des Etats-Unis », se targuent déjà certains politologues - le pari n’est pas des moindres, si l’on se réfère aussi à ses origines multi-ethniques. Né à Hawaii d’un père Kenyan et d’une mère blanche Américaine - elle même d’ascendance Cherokee (une des nombreuses tribus indiennes d’Amérique désormais éteinte) - il aurait aussi une ancêtre Française à la huitième génération. Et même s’il a passé une grande partie de sa jeunesse en Indonésie, les affaires politiques du sol qui l’a vu naître restent son domaine de prédilection. Rien n’empêche, car aux Etats-Unis, il suffit simplement d’être né sur le territoire américain pour prétendre à la présidence, peu importe l’ascendance ou les origines. A contrario, on ne peut y prétendre même en ayant des ancêtres américains sur plusieurs générations, si l’on naît à l’étranger. Nous l’aurons compris, ce globe trotteur multiracial, n’a certainement pas gagné ces premières élections grâce à ses origines et encore moins à une campagne basée sur le dictat des fameux quotas de la "discrimination positive". En d’autres termes, il n’est pas le noir de service, loin s’en faut !
Et son engagement politique ne date pas de la dernière lune. Barak Obama a prêté serment comme sénateur le 5 janvier 2005 devenant le seul Afro-américain à siéger au Sénat, et le cinquième de l’histoire. Il se fait aussi remarquer par ses positions contre la guerre en Irak, « je suis contre les guerres idiotes », fait le tour des sites internet américains. Le 27 juillet 2004, devant les délégués démocrates, il se présente comme l’incarnation du rêve américain, un rêve dans lequel « un gosse avec un drôle de nom peut entretenir l’espoir que l’Amérique a une place pour lui ».
« Dans un parti démocrate en mal d’orateur, il a bouleversé les militants malgré les railleries de certains Républicains de l’Amérique d’après le 11 septembre qui s’amusaient à faire rimer Obama avec Oussama, les mêmes détracteurs qui ont déniché cette année son deuxième prénom : Hussein… », note un journaliste du quotidien le Monde (du 5 janvier 2008).
Cette première victoire de Barack – Hussein – Obama, indiquerait-elle alors, simplement et enfin, la sortie de l’Amérique de son traumatisant 11 septembre et ses conséquences désastreuses sur sa politique étrangère notamment au Proche et Moyen-Orient ? Annoncerait-elle tout autant, un renouveau, une ère nouvelle pour nos démocraties ultramodernes en mal de tant de choses ? Dans ce cas, qu’en est-il de « la vieille Europe », de la France ?
Avons-nous noté aussi, notre filiation avec l’Iowa ? Les premiers explorateurs européens qui entrèrent dans le territoire actuel de cet Etat, furent des Français !
Mais laissons pour un temps l’Amérique et ses paradoxes et revenons donc à nos moutons, à Marseille, à nos municipales…
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