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« Bienvenue à nos frères palestiniens ». Le ton de cette soirée est donné. Et il fallait voir l’ambiance qui régnait autour de leur présence à Aix, au centre « Le Pollux » au Jas de Bouffan. Sourires, émerveillement, convivialité, échanges ont rythmé cette fin de journée qui restera certainement dans la mémoire de ces étudiants venus de Ramallah et de Jérusalem et de ces habitants enthousiastes et « fiers d’accueillir » leurs « frères », leurs « amis ».
Un séjour linguistique de 45 jours
Ils sont 11 étudiants. 8 filles et 3 garçons âgés de 21 et 22 ans. Ils saisissent cette occasion pour apprendre les bases de la langue française. Ils sont en deuxième, troisième ou quatrième année de droit à l’Université de BIRZET et ils ont été choisis en fonction de leur personnalité, de leur moyenne générale et de leur objectif qui n’est autre que de poursuivre un Master en France. Ce ne sont pas les premiers étudiants palestiniens à avoir l’opportunité d’apprendre la langue française et ce ne seront certainement pas les derniers. Cette initiative est d’ailleurs saluée par ces palestiniens qui apprécient notamment « les méthodes d’enseignements ». Nimati, jeune étudiante pense même que « les études sont plus intéressante qu’en Palestine ». Elle qui rêve de devenir un jour, ambassadrice de la Palestine en France. Istiqlal, elle, a pour ambition de devenir avocate sans doute pour faire régner la justice sur une terre où l’injustice fait sa loi.
Mais ce qui a le plus impressionné ces jeunes palestiniens, c’est avant tout l’accueil qui leur a été offert par l’association et les habitants venus de tous les quartiers d’Aix. « Ici, on se sent comme chez nous. On ne s’attendait pas à toute cette énergie et à tous ces efforts employés pour nous accueillir. On est heureux de voir qu’il y’a beaucoup de maghrébins et de français qui portent la Palestine dans leur cœur et leur esprit. On sent qu’il y’a beaucoup de sacrifices de leur part » souligne Istiqlal (signifie « indépendance » en Palestine).
De leur côté, les habitants ont profité de leur présence pour échanger sur la question palestinienne, comme le souhaitait, l’ATMF. « Notre but est de pousser les gens à se rencontrer et à s’interroger sur la question palestinienne mais aussi à créer un contact direct avec les palestiniens » explique Saida Shreiner, animatrice du secteur femme à l’ATMF.
C’est d’ailleurs au cours d’un repas très convivial que Raja, étudiante palestinienne s’est exprimée sur le sort qui s’acharne sur son peuple. « On vit une souffrance, jour et nuit. On ne peut pas accéder aux choses élémentaires. Il y’a 650 check- point qui nous empêchent de rendre visite à nos familles. On ne peut pas se déplacer de village en village. C’est notre quotidien mais on continue de vivre » explique-t-elle face à la foule attentive.
Puis, il y’a « ce mur de la honte construit dans l’unique but de récupérer des terres palestiniennes et d’y implanter des colonies » poursuit en colère, Nacer El Idrissi, président de l’ATMF d’Aix. Ce dernier a également évoqué les récents témoignages de soldats israéliens qui avaient « dénoncé les agressions et les assassinats, sans distinction, de palestiniens ». Malgré cette souffrance, les palestiniens aiment la vie » poursuit le président de l’ATMF, et ils l’ont prouvé hier soir, en chantant et dansant. Il faut dire que les voix des étudiantes palestiniennes ont résonné comme un chant d’espoir et de lutte, emportant l’adhésion des habitants qui se sont laissés emporter par la musique.
« Une rencontre teintée d’émotion »
« Cette rencontre avec nos frères palestiniens a été une rencontre de partage et d’émotion. On leur a témoigné notre solidarité et notre soutien. Je suis émue d’avoir pu échanger avec eux » résume une habitante du Jas. Ces échanges se sont également manifestés à travers le crépitement des flashs. Chacun voulait sa photo avec les étudiants et vice-versa. Des photos souvenirs comme pour marquer le début d’une amitié et la découverte d’un monde qui se mobilise pour la Palestine. Une rencontre qui en a secoué plus d’un et qui aura eu le mérite de redonner le sourire à ces jeunes palestiniens plus habitués à subir les contrôles et à se voir priver de leurs droits les plus élémentaires. Souhaitons leur un bon séjour en France.
Nacer El Idrissi a fait savoir que le concert de solidarité qui devait avoir lieu peu de temps après les attaques sur la bande de Gaza allait être réorganisé. « La « Mairie d’hier » l’avait annulé mais nous le maintenons pour le 10 octobre » a-t-il lancé sous les applaudissements de la foule.
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