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« Notre vie est rythmée par des flashs d’actualités. Notre vie est parfois suspendue au flot de ces bonnes ou mauvaises nouvelles qui alimentent notre vie quotidienne. A l’heure européenne ou mondialiste, nous essayons de comprendre ces commentaires et d’imaginer leur implication sur notre territoire. Que ce soit des éléments transmis par les journalistes sur le plan social, économique, sociologique…nous sommes bien souvent ignorants de ces mots, de ces concepts qui font la Une des journaux et qu’on répète sans bien comprendre leur sens. » extrait des « Mots de l’actu ».
Claude Sérillon est parti de ce constat, « les journalistes informent mal ». L’information « ne va pas assez loin », l’actualité « va trop vite ». Tellement vite, que nous assistons à des dérapages de langage. Cet ancien journaliste de France 2 et de TF1 déplore que « la télé privilégie surtout la forme » et non le fond. A travers son livre, il s’est attaché à l’analyse du mot, son utilisation, « soyons prudents, le choix du mot est important », le terme doit être juste.
« Coupable » révélateur
Ainsi, au cours de l’interview réalisée par Laurence Ferrari (TF1) et David Pujadas (France 2), Nicolas Sarkozy emploie dans le cadre de l’affaire Clearstream, le terme de « coupable » au lieu de « prévenu ». « On peut éviter cette connerie » fait remarquer Claude Sérillon. Selon lui, il est inacceptable que deux journalistes n’aient pas relevé ce lapsus très révélateur. Cette complaisance n’est pas innocente, « on a une tradition en France de déférence, de solennité au pouvoir ». La presse TV est frileuse comparativement à la presse étrangère. « On est là pour déranger, on n’est pas là pour en faire moins mais au contraire, marquer nos différences. Faire des choix » souligne-t-il. Dire à un interviewé : non, vos propos sont inexacts, « c’est très fort. Cela peut coûter notre place. Mais on a un métier formidable, privilégié, excitant » qui requiert de la prise de risque.
Course à l’info
Dans les médias, il manque à l’évidence de précision, de rigueur dans les articles, les reportages. L’auteur n’hésite pas à faire son mea culpa, « moi aussi, j’y ai participé ». Il a côtoyé des patrons de presse, qui s’enquièrent souvent « avez-vous vérifié, revérifié ». Il est nécessaire de revenir à des principes de base qui sont l’exactitude de l’information notamment. Il est persuadé qu’on gagnerait beaucoup dans notre métier à mieux traiter l’actualité. Le temps manque, le travail s’effectue dans l’urgence. Pourtant, il serait judicieux d’avoir davantage de recul par rapport à l’avalanche d’informations, transmises par Internet, les blogs. « On absorbe des approximations, on n’est pas dans la précision », assure-t-il. Le monde va trop vite pour que le journaliste puisse comprendre. Il observe que les médias ont laissé s’installer un système, qui aurait mérité une meilleure organisation car « il ne suffit pas d’avoir une carte de presse. Il faut se battre pour une qualité de l’info ».
Selon Claude Sérillon, un travail serait à envisager dans les écoles de journalisme, dans les équipes de rédaction.
Aujourd’hui, « l’emballement, la précipitation (des événements qui surviennent) font que les journalistes sont en surface des choses, non dans le fond ». Les journalistes sont des passeurs d’infos, mais « sont-ils dans la conviction, savent-ils prendre leur place. Je ne suis pas meilleur que les autres mais il y a une vraie réflexion sur notre métier » à engager.
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