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Collectif PACA : Mémoire de l’esclavage, sésame d’un avenir solidaire

Publié le 17 octobre 2009
par Myriam Mounier
La journée nationale des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions est certes la manifestation phare du collectif PACA pour la Mémoire de l’Esclavage (CPPME). Pourtant, sa démarche est loin de se limiter à l’organisation de cette manifestation du 10 mai à Marseille. Son rôle est de donner des clés de compréhension du passé pour se tourner vers un avenir plus serein.

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Le 10 mai dernier, le collectif organisait la journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions.

« Nous sommes tous des africains. Il faut nous rassembler » autour de la mémoire de l’esclavage, « dans cette aventure, l’unité m’intéresse », affirme le Dr Martin Carvalho, président du CPPME, endocrinologue à l’hôpital St-Joseph*. Le collectif y croit et exprimait ce même sentiment de solidarité et de tolérance lors de l’assemblée générale du 14 octobre. Né en mars 2008, à Marseille, le CPPME, constitué de 34 associations adhérentes revendique son rôle de réunir toute la diaspora noire. Notons que Maryse Condé, écrivain reconnu en est la marraine d’honneur. Le groupe se veut un trait d’union entre passé et avenir, en développant des actions de transmission de cette mémoire oubliée. Il s’inscrit dans la continuité de la loi Taubira, promulguée en 2001 et du Comité pour la Mémoire de l’Esclavage, institué en 2004. « Nous sommes dans une démarche de construction, de tolérance, d’ouverture. L’Histoire est faite, rien n’y changera. Mais on veut que ça ne recommence plus » à l’instar de d’autres populations opprimées au cours du temps, souligne le médecin. Le collectif est un agitateur de Mémoire, inscrit dans une démarche éducative et surtout pas revendicative.

Un musée de la Mémoire…

Les projets sont légion pour justement porter un regard sur le passé, le comprendre, l’intégrer, le dépasser, pour donner aux générations futures la possibilité de s’accepter et d’acquérir un esprit citoyen. L’objectif est de bâtir ensemble un avenir, ce mieux-vivre ensemble tant souhaité. Cette idée d’un musée de la Mémoire à Marseille fait partie intégrante de cette démarche. Martin Carvalho avait formulé le vœu lors de son discours pour la Commémoration des Mémoires de l’Esclavage le 10 mai dernier, « nous n’avons pas de lieu, de place où on peut parler de notre Histoire, la montrer à tout le monde ».

2013, hommage à Aimé Césaire ?

2013 marque le centenaire de la naissance d’Aimé Césaire. Martin Carvalho souhaite lancer une proposition à « Marseille Provence 2013 ». « Ce serait bien dans ce cadre de faire un programme (exhaustif) porté par le collectif et de le préparer avec Bernard Latarjet (directeur général de « Marseille Provence 2013 ») ». Cet hommage posthume est une bien belle idée, projet à suivre donc.

D’ailleurs, le collectif a décidé d’installer une commission Culturelle pour mettre en œuvre ces deux événements.

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Le 10 mai dernier, le collectif organisait la journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions.

Un travail dans les écoles encourageant

L’article 2 de la loi Taubira stipule « les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en sciences humaines accorderont à la traite négrière et à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent »…Or, ce n’est pas souvent le cas, « on n’enseigne pas (cette thématique) en milieu scolaire » signale Martin Carvalho. Le CPPME a pour objectif d’intervenir davantage en milieu scolaire. Les premières expériences ont été porteuses d’enseignement. Pour l’heure, un collège et une école primaire marseillaises en ont bénéficié. Il s’avère que les établissements sont très demandeurs. Le coordinateur de l’opération, Christian Kane, éducateur sportif avait initié une intervention au sein des établissements scolaires. Le principe est de diffuser un court-métrage, et de lancer le débat sur la notion d’esclavage. Une visite d’exposition thématique des « Résistances à l’esclavage » avait été organisée à la cité des Associations à la Canebière –siège du collectif. Une commission Education s’est mise en place pour tenter de construire un projet d’ici la fin de l’année.

A destination du grand public, la sensibilisation est similaire. Autour du 10 mai symbolique, plusieurs manifestations ont permis d’entrer en contact avec le public via des conférences débats, des projections de films tels « L’exil du roi Béhanzin (Bénin) » de Guy Deslauriers, des expos.

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Lors de l’assemblée générale le 14 octobre du CPPME

Communiquer…toujours

La journée du 10 mai reste le point d’ancrage du CPPME. Si la manifestation est porteuse, elle n’est pas suffisante, observent les responsables. C’est pourquoi une commission Communication est installée pour structurer « un travail pour nous faire connaître, monter en puissance dans nos actions », explique le président Carvalho. « Il faut communiquer un maximum sans trop pouvoir compter sur les aides des pouvoirs publics », ajoute-t-il. Le partenaire public principal est actuellement le Conseil général pour une subvention de 5 000 € -une subvention de la Ville de Marseille de 300 € et une subvention à venir de 2 800 € de la Région. L’an prochain, le CPPME vise une autonomie financière en développant des actions de partenariat.

Par ailleurs, la mobilisation se doit d’être plus conséquente au sein de la diaspora noire, « on devrait être une force importante en nombre mais non en ordre dispersé. On se doit de prendre ses responsabilités » reconnaît Martin Carvalho. La démarche n’est pas si facile car l’Histoire de la traite négrière et de l’esclavage concerne différents peuples du monde. Ce constat freine le mouvement impulsé par le collectif, « on voudrait rassembler davantage (les communautés noires), c’est notre point faible » avoue-t-il.

Le projet vise à une visibilité plus grande. Pour l’instant, le très jeune collectif ne se manifeste que sur Marseille. L’idée est d’avoir un bus itinérant et en corollaire, de rayonner sur les départements voisins de la région PACA. Le chemin de la Mémoire de l’Esclavage est long. L’initiative est méritante, simplement indispensable.

http://www.esclavage-paca.com


*Le président du CPPME, Martin Carvalho est par ailleurs président de deux associations humanitaires en Afrique et notamment le Sénégal (son pays d’origine) : St-Jo humanitaire et AFEDIA (association pour la formation et l’éducation au diabète en Afrique)

CPPME, 93 la Canebière, 13001 Marseille. Site : http://www.esclavage-paca.com/

Deux soirées à l’agenda (organisées par des associations adhérentes du collectif) à la salle Florida Palace, 162-164 boulevard Mireille Lauze, 13010 Marseille :

Samedi 31 octobre, à partir de 21h, soirée unique avec « Les Aiglons »

Vendredi 4 décembre, concert des « Frères Déjean »

Infos 06 27 30 64 89/06 10 91 73 43

Et la journée mondiale du diabète le 14 novembre, organisée par deux autres associations membres, AFEDIA et St-Jo humanitaire, avec le soutien de la mairie du 11e/12e arrondissements : conférence-débat, 25 avenue de la Grognarde, 13011 Marseille, au local du comité d’entreprise de la SEM. 

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