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24 h sans immigrés, ça vous dit ?

Publié le 5 novembre 2009, mise à jour le 4 novembre 2009
par Henda Bouhalli
Les propos tenus par Brice Hortefeux, lors des journées d’été de l’UMP, en septembre dernier, auront provoqué la colère de nombreux citoyens français et parmi eux, celle de Nadia Lamarkbi. Irritée par les propos du ministre, elle choisit de réagir en proposant de lancer en France la « journée sans immigrés : 24h sans nous ! ». Un mouvement qui vient tout droit des Etats-Unis et au cours duquel les immigrants hispaniques avaient paralysé, en 2006, toute la Californie par une journée de non participation à la vie économique du pays, pour protester contre un projet de loi qui allait resserrer le contrôle de l’immigration et qui allait réclamer la légalisation du statut de près de 12 millions d’immigrants illégaux. Cette « journée sans immigrés » aura lieu en France le 1er mars prochain. Explications.

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Nadia Lamarkbi, journaliste au Courrier de l’Atlas, a d’abord lancé le mouvement sur le réseau social Facebook en créant il y’a un peu plus d’un mois, le groupe « La journée sans immigrés : 24h sans nous ! ». Elle a d’abord invité ses amis à rejoindre le groupe, puis de fil en aiguilles, le nombre d’adhérents a augmenté. 100, 1000 puis 3823 personnes ont, à l’heure actuelle, adhéré à ce groupe. Ce qui ne veut pas dire que seuls ceux qui en sont membres peuvent participer. Bien au contraire. Malika Hadbi, membre du comité Marseille insiste : « femmes et hommes, de toutes croyances, de tous bords politiques, immigrés, descendants d’immigrés, citoyens conscients de l’apport de l’immigration » sont appelés à participer à cette journée qui se veut historique.

« Etre français, c’est aussi être immigré »

L’objectif est clair. Le but étant de s’élever « contre les propos indignes des responsables politiques visant à stigmatiser ou criminaliser les immigrés et leurs descendants. […] « Nous refusons les stéréotypes véhiculés qui menacent notre cohésion sociale » peut-on lire sur le manifeste du collectif. Malika Hadbi met également les points sur les I. « Ce n’est pas une démarche communautaire, nous ne cherchons pas à diviser. Notre but n’est pas de créer un parti politique mais de montrer que nous sommes une force citoyenne mais aussi d’affirmer notre identité française et notre histoire » explique-t-elle. « Car être français c’est aussi être immigré. En France, on ne reconnait que certaines personnes, il faut faire un travail sur la société » poursuit-elle. Cette initiative pourrait certainement contribuer à bousculer les préjugés et à faire tomber les vieux tabous sur l’immigration. Alors pour tenter de montrer leur indignation et pour marquer la nécessité de leur présence, le collectif a choisi de toucher au nerf de la guerre : l’argent.

Les consignes : Boycotter toutes les activités pendant 24 heures

« Nous sommes tous des consommateurs et nous participons quotidiennement à la croissance de notre pays » alors pour démontrer le poids de la contribution des immigrés à la société et à l’économie française le collectif invite les citoyens à ne pas consommer et à ne pas participer à l’activité économique pendant 24h et ce, « dans les entreprises, les associations, dans la fonction publique, dans les écoles et les lycées, dans les universités, les hôpitaux, les associations, dans les commerces, dans l’industrie, dans le bâtiment, dans l’agriculture, dans les services, dans les médias, dans la politique. […]. Notre action citoyenne a pour objectif la mise en valeur de l’apport de chacun d’entre nous à la prospérité générale » souligne le collectif qui regrette en effet que les « bienfaits passés, présents et futurs des immigrés qui ont toujours construit la France, soient niés d’un trait ».

Le choix du 1er mars

La journée du 1er mars 2010 n’a pas été choisie au hasard. Le collectif tient à faire référence à l’entrée en vigueur, le 1er mars 2005, du « code des étrangers ». Ce code symbolisant « une conception utilitariste de l’immigration, en d’autres termes, une immigration choisie sur critères économiques ». Cette journée « sans immigrés » ne pouvait donc pas mieux tomber. Lundi 1er mars 2010, tous les citoyens se rendront peut être compte de l’apport réel de l’immigration à la société et à l’économie française. Pour cela vous-êtes tous invités à suivre le mouvement. Ainsi le ministre Hortefeux se verra contraint de changer d’avis et de dire au contraire : « Quand il y’en a beaucoup ça va. C’est quand il y en a peu qu’il y a des problèmes ».

http://www.lajourneesansimmigres.org/fr/


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