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« Cinéma(s) d’Algérie » : première !

Publié le 6 novembre 2009, mise à jour le 9 novembre 2009
par Rachida Brahim
Franc succès hier pour l’ouverture de la session « Cinéma(s) d’Algérie » proposée par l’association Aflam. La programmation qui s’étend sur un mois, du 05 novembre au 06 décembre, permet la collaboration de plusieurs structures culturelles locales et un programme riche et varié qui touche aussi bien la littérature, la photographie, la danse, la musique ou le théâtre. Attention : bouleversement en vue, Algérie oblige.

C’est selon, mais pour beaucoup parler de l’Algérie c’est avoir, dans le même temps, un pavé sur la langue et les yeux qui n’en finissent pas de murmurer. Dans cette histoire aux mille protagonistes que dire, par où commencer et qui écouter ? Le colon, le colonisé, le harki, le moudjahidin, le pied noir, l’immigré, l’enfant d’immigré ? L’exposition des photos d‘Algérie de Pierre Bourdieu qui a ouvert mercredi soir ce mois de célébration de la culture algérienne, est un début de réponse. C’est poser les images et mettre des mots, et durant tout le mois à venir, à travers l’ensemble de la programmation, ce qui est donner à voir et à entendre, c’est ce même déliement de la parole.

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Exposition - Mucem "Images d’Algérie : Pierre Bourdieu, un photographe de circonstance"

A travers la diffusion de films, l’association Aflam travaille pour une meilleure connaissance des cultures arabes depuis maintenant neuf ans. Chaque année, un pays est à l’honneur, après la Tunisie, le Maroc, la Syrie puis la Palestine, l’association ouvre cette fois une large fenêtre sur une filmographie algérienne diversifiée qui transpose à l’écran un humour tout personnel ou une beauté tragique, un cinéma souvent lourd de sens qui tient de la nécessité. Depuis son émergence en 1958, les auteurs ont traité de ce qui a façonné le pays, le colonialisme, la guerre d’indépendance, les difficultés sociales ou encore l’émigration. La crise qu’a traversée la production et la diffusion de films durant la décennie noire laisse aujourd’hui la place à de jeunes réalisateurs portés par une forte créativité et un nouveau souffle.

Hier, dans le cadre du volet cinéma et littérature, la bibliothèque de l’Alcazar proposait en séance vidéo, les portraits littéraires de Dominique Rabourdin, « Vivre et écrire en Algérie ». Ce film, tourné en 2004, présente l’interview de treize écrivains algériens d’expression française. Face à la caméra, chacun tente de se définir et de donner les raisons de l’écriture. Pour Yasmina Saleh, « être algérienne, femme et écrivain, c’est être une catastrophe ». Pour Sofiane Hadjadj, « un écrivain algérien d’expression française ne pose pas la question de la complexité de son identité mais plus généralement celle de la douleur d’être au monde, tous comme l’on fait Beckett, Brecht ou Blanchot ». Et quand Mohamed Kacimi demande au désarmant poète El Mahdi Acherchour qui le lit, ce dernier réfléchit, sourit et lâche comme une évidence : « personne ».

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Mouloud Adel et le groupe Parfum d’Andalus

Le soir, l’ouverture de « Cinéma(s) d’Algérie » a continué avec le volet musical de la programmation assuré par la Cité de la Musique. La diffusion de deux courts métrages a été suivie par la représentation de Mouloud Adel et le groupe Parfum d’Andalus. Salle comble, de monde, d’interrogations, de réminiscences et de sourires. En terme d’évènements culturels, de nourritures cérébrales et de charges émotionnelles, le mois à venir regorge d’immanquables, à vos programmes !

Pour les détails de la programmation, suivez les liens :

Aflam http://www.aflam.fr

Alcazar http://www.bmvr.marseille.fr

Les Rencontres à l’échelle http://lesrencontresalechelle.com


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