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Le festival s’ouvre à la diversité des thèmes et met en avant un genre cinématographique qui n’a pas fini d’étonner. Lundi soir, la projection de cinq courts métrages, originaux, drôles, et émouvants, auront fait remarquer le talent de réalisateurs Espagnols, Irlandais, Hollandais et Français. « Avec tendresse, réalisme, humour et poésie », ces courts métrages se nourrissent du monde pour restituer en quelques minutes des réalités poignantes. Le festival a ainsi mis en avant l’œuvre et le talent de Daniel Sanchez Arévalo, avec « Traumatologia », de Foued Mansour avec « La raison de L’autre » ou encore de Darren Thornton avec « Frankie ». Au bout d’une heure et demie de projection, le spectateur est ensuite plongé au cœur d’une création originale et pluridisciplinaire à la frontière du cinéma, de l’expression musicale et du Slam. Un documentaire en Ciné Concert comme on en a rarement l’occasion d’en voir dans la région. Quatre musiciens et un narrateur vous embarque dans des contrées lointaines. En effet, Votre navigateur ne gère peut-être pas l’affichage de cette image. la compagnie Cosa Nuestra et Jean Marc Lamoure, ont présenté « Farenji », un carnet de voyage visuel et sonore, entre Marseille, l’Egypte et l’Éthiopie où « Farenji », désigne « l’étranger » par ce terme hérité de « franc », « french » puis « foreigner ». « Farenji », ça dépend du point de vue mais ça dépend surtout de nous » lance Jean Marc Lamoure. Ce dernier accompagne depuis six ans des chercheurs en sciences sociales, où ils questionnent les identités politiques et religieuses dans le contexte du fédéralisme ethnique, notamment en Ethiopie.
Définir la notion d’étranger
En effet, ce spectacle vivant défait les étiquettes identitaires et ouvre des questionnements sur les notions d’identités et sur les fantasmes d’origines que nourrissent les Hommes les uns vis-à-vis des autres. Un voyage de rencontres improvisées où les musiciens de Nuestra Cosa et le narrateur anthropologue, Jean Marc Lamoure, dialoguent en direct avec les imfages, les voix de narration et les sons ambiants de la pellicule et questionne nos fantasmes de « l’autre », le tout autour d’un tour du monde entre musique électro et jazz éthiopien des années 70.
Une vision politique et poétique de « nos qualités d’étrangers »
« Arrivé en Éthiopie dans le cadre d’un projet de recherche en anthropologie visuelle, comme tout étranger, j’ai hérité du titre de Farenji qui désigne « l’autre » par ce terme dérivé de « french » et qui depuis, n’a eu de cesse de me questionner. Au cours de nombreux voyages en Éthiopie et de mon installation à Marseille, j’ai filmé en super 8 et photographié des bribes de vies, de regards, de lieux chargés d’histoires et noté sur mes carnets ces impressions, ces rimes et les écrits d’autres grands voyageurs » résume Jean Marc Lamoure.
Au fil des images, apparait un travail de mémoire dont émerge une vision politique et poétique de « nos qualités d’étrangers ». Les personnes rencontrées par l’anthropologue sont migrantes, « des intermittents de l’exil » en marge de leur communauté qui vivent aussi des expériences de « Farenji » dans leur propre pays. Ce film offre une plateforme d’échange autour d’expériences et de points de vue sur la difficulté d’échapper à certains clichés. « Sur quels critères définissons-nous une identité et ce qui lui est étranger ? Qui est-on ? Où commence l’ailleurs ? Où finit l’hospitalité ? ». Autant de questions soulevées au gré des pérégrinations visuelles et musicales et autant de questions posées à l’heure où le spectre de l’identité pèse sur le débat national.
« On nous attribue une identité, voulue ou non. Les frontières s’épaississent quand elles sont basées sur des frontières ethniques » clame Jean Marc Lamour. Regrettant au passage que le pays des droits de l’Homme ait voulu voter une loi affirmant « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». C’est oublié, que « la France s’est enrichie sur leur dos des anciennes colonies. Il ne faut pas laisser à l’Etat le droit d’écrire l’histoire ».
Le témoignage d’un « Blanc », en Ethiopie, fait irruption dans le film, une pause pour comprendre et analyser la notion d’étrangers. « Aujourd’hui, en France, l’étranger est perçu comme le responsable des problèmes politiques et économiques. L’étranger a une connotation de personnes indésirables. C’est un malaise chez nous ; il n’ ya qu’à voir comment on définit les autres : arabes, négros etc... Quelle est la place de ces qualificatifs ? » s’interroge-t-il.
Faire vibrer toutes ces questions dans un espace de projection est une initiative originale qui pousse davantage les limites de la réflexion et permet ainsi à Jean Marc Lamour de poser des mots sur les maux de ce qui ne peuvent s’exprimer, de « ces anges à qui la France représentait l’exil ».
« Si la vie commence là où s’arrête les images, alors allons jouer aux cartes, on se retrouvera aux frontières ».
« Je brûlerais bien quelques drapeaux » conclu Jean Marc Lamour ».
Loïc Marmet Batterie ; Guillaume Cros Guitare électrique ; Jean Marc Lamour, Images et narration ; Quentin Leroux Claviers, flûte, bugle, laptop ; Ulrich Wolters Saxophone et mallets
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