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Affaire Sofiane Ouggad : « Une justice pour les riches, un non-lieu pour les pauvres »

Publié le 16 décembre 2009
par Henda Bouhalli
Un non-lieu. C’est ce qu’a prononcé la Cour d’Appel d’Aix-en-Provence mardi après-midi pour l’affaire Sofiane Ouggad, ce jeune homme percuté par un camion de pompier en juillet 2005. Le procès que réclamait la famille n’a pas été accordé. Elle a choisi de se pourvoir en cassation.

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Une enquête bâclée ?

« Vous avez tué mon fils une première fois et maintenant une deuxième fois » crie la maman de Sofiane après avoir appris la décision du juge. « Ce qui veut dire que le pompier est libre » poursuit le père de Sofiane. L’incompréhension est à la hauteur de la déception malgré les nombreuses preuves en main. « Les réponses à nos questions n’ont pas été apportées. J’aimerais savoir qui a inventé ce blessé par balles. Pourquoi la justice n’a pas cherché à retrouver les témoins présents lors de la collision alors que nous, simples citoyens, nous les avons retrouvés et nous avons leurs témoignages ? Nous sommes allés les chercher à Paris et à Saint-Tropez ». « Pire encore » s’indigne Bel Belkacem Ouggad, le père du jeune homme qui ne décolère pas : « Pendant trois ans (2005 à 2008), notre dossier reposait dans un tiroir, la police n’a pas bougé. Aucune enquête n’a été effectuée. Trop de choses nous ont été cachées ».

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« C’est la Cour d’Appel de l’injustice »

« Nous ne voulons pas de cette justice à deux vitesses » lance le père de Sofiane qui réaffirme que « 12 heures après l’accident, le taux d’alcoolémie du chauffeur était de 0.22 gramme par litre de sang. » Ce qui laisse présager qu’il avait largement dépassé le taux autorisé. Puis, il y a le scooter de Sofiane qui devait faire office de pièce à conviction mais qui a été brûlé, nous apprend la mère du jeune homme. Autant de « paradoxes et de contradictions » dans ce dossier « qui parait pourtant d’une simplicité biblique » avait souligné leur avocat Maitre Keita lors de la dernière marche en hommage à Sofiane en avril dernier.

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Le soir de l’accident, « six flacons ont été prélevés sur notre fils et pas un seul sur le pompier » tient à rappeler la maman de Sofiane. « On en a marre de l’injustice. Aujourd’hui, on ose nous dire que ce n’est pas un homicide. On en veut qu’à celui qui l’a tué. Nous ne voulons pas de cette justice à deux vitesses. Une justice pour les riches, un non lieu pour les pauvres. Au moins jugez-le pour quelque chose, mais pas un non lieu » insiste la maman de Sofiane. La famille a également dénoncé le fait qu’elle n’ait pas pu s’exprimer dans cette affaire pour exposer leurs questionnements et leur propre enquête qui les a menés jusqu’à Paris à la recherche de témoins que « la justice n’a pas voulu chercher » et qui « ont infirmé les dires des capitaines et des lieutenants ». Une enquête qui les a aussi menés à découvrir que le groupe sanguin mentionné dans les rapports n’était pas celui de leur fils.

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Hier, leur avocat avait pourtant « quelques espoirs ». La semaine dernière à Paris, un camion de police a tué une femme sur un passage piéton, « il a été mis en examen donc on espérait gain de cause. Mais on ne va pas baisser les bras. Nous avons demandé un pourvoi en cassation qui est le dernier recours. Cette famille est en souffrance. Il nous reste que nos larmes pour pleurer.

Hier, les amis et la famille du jeune homme n’ont pas répondu à la violence du jugement par la violence. En effet, ils ont quitté la Cour d’Appel dans le silence comme un pied de nez à cette injustice aussi violente que la mort du jeune homme. Le combat continu aux côtés de leurs avocats, maître Jacques Vergés et Jean Louis Keita. Sofiane, ainé d’une fratrie de 3 enfants aurait eu 21 ans.


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