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L’arrivée des marcheurs marseillais n’est pas passée inaperçu. En groupe dispersé, les Marseillais atterrissent à l’aéroport du Caire. A peine arrivés, la tension monte. Les douaniers égyptiens sont sous tension. Ils savent qui ils sont : des marcheurs pour la liberté de Gaza. Les questions sont multiples. Quel est le prénom de votre père ? Quelles sont vos origines ? Les autorités égyptiennes prennent des précautions. On ne sait jamais. Après quelques longues minutes d’interrogations, la porte s’ouvre. Bienvenue au Caire.
Rendez vous à l’ambassade de France pour le départ...
Ville bruyante et animée, la capitale égyptienne va vivre une fin d’année atypique et mouvementée. Le 26 décembre, les marcheurs apprennent que le gouvernement égyptien interdit la marche. Toujours optimistes, les 300 français parmi lesquels, Monseigneur Gaillot ainsi que les 24 Marseillais se sont donnés rendez-vous, comme convenu, à 19h à l’Ambassade de France, située sur une grande artère en plein centre du Caire. Après 3 heures d’attente, passées à chanter et à danser en compagnie du groupe de rap le Ministère des Affaires Populaires, (le MAP), les marcheurs français apprennent, à 22h, que les 6 autocars loués par l’association CAPJPO-Europalestine n’ont pas pu quitter le dépôt. Situation prévisible, car quelques heures auparavant, le gouvernement égyptien interdisait tout rassemblement et annulait l’autorisation de déplacement en groupe des américains qui représentaient le plus fort contingent. Certains d’entre eux, ont même été arrêtés.
Certains espagnols ont quant à eux été bloqués dans leurs hôtels. Face à la colère et à la déception, les 300 Français ont tenté une action surprise : occuper l’avenue Charles de Gaulle, en bloquant la circulation dans toute la capitale et en restant assis au milieu de la chaussée provoquant des bouchons à des kilomètres. Déçus de ne pas avoir été consultés avant, les marcheurs Marseillais n’ont pas souhaité se joindre à cette opération coup de poing, estimant que l’ennemi n’était pas le peuple égyptien. Myriam, coordinatrice du groupe marseillais est allée demander des explications à Olivia Zémor, présidente de l’association CAPJPO-Europalestine. Cette dernière n’a pas souhaité interrompre l’opération. Les Marseillais se sont alors retirés, le temps de prendre du recul et d’examiner la situation complexe dans laquelle ils se trouvaient désormais.
Pendant ce temps, les autres marcheurs français ont fait le choix de camper devant l’Ambassade de France jusqu’à ce que les bus réclamés soient débloqués. Un petit campement improvisé nommé le « petit Gaza » est encadré par une impressionnante horde de policiers égyptiens « admiratifs et courtois ».
Un sitting « international » au siège des Nations-Unis
Le lendemain, face au refus des autorités égyptiennes de les laisser partir, les marseillais ont choisi de rejoindre les internationaux et de participer aux diverses manifestations qui avaient lieu au Caire. Une façon de mettre un peu plus la pression au gouvernement égyptien qui devait recevoir dans les prochains jours la visite de Benjamin Netanyahu.
Le 28 décembre, un sitting est alors organisé devant le siège des Nations Unis, il a réuni plus de 800 marcheurs de plus de 40 nationalités différentes, parmi eux, des représentants de l’Union des Syndicats d’Afrique du Sud venu dénoncer « l’apartheid » dont sont victimes les Gazaouis. Le groupe Marseillais a rejoint dans sa majorité ce village international, et a participé activement à l’animation en réclamant des « Visas to Gaza » avec leur passeport à la main et en dressant une tente faisant office d’ambassade de Gaza si appréciée des photographes. Les internationaux ont suivi les marseillais dans leur mouvement de protestation en sortant à leur tour passeports américains et canadiens.
Ce jour là, Charling, marseillaise, membre de l’association « Les femmes en noir » a entamé une grève de la faim avec une quinzaine de volontaires parmi lesquels Hedy Epstein, 85 ans, ancienne rescapée des camps de concentration qui avait souhaité apporter aux enfants de Gaza, des bonbons, des jouets et du matériel scolaire. De l’autre côté de la ville, devant l’ambassade de France, la tension est montée d’un cran. Les français qui campent depuis plusieurs jours sont exténués, ils dorment à même le sol. La promiscuité n’aura pas eu raison d’eux. La détermination est intacte malgré les nombreuses intimidations de la part du gouvernement égyptien. En effet, ce ne sont pas moins de 44 camions de policiers qui ont été appelés en renfort. Des centaines de policiers retenaient les marcheurs « en otage ».
Les Marseillais ont fait le choix de ne pas rejoindre le campement, il leur serait difficile de ressortir d’autant plus que le lendemain, le 29 décembre, ils s’apprêtent à partir pour Rafah avec un bus touristique ...
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