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Le chef de file des communistes lance la campagne du Front de Gauche sur une résolution forte : la mise en œuvre de la gratuité sur le réseau ferroviaire TER, géré par la collectivité régionale. Ce projet fait beaucoup débat ces derniers mois, Jean-Marc Coppola le répète « on veut changer de braquet sur les mesures de tarification sociale. L’activité vitale (déplacements professionnels) doit être accessible à tout le monde » tout en mettant en garde « je ne suis pas en train de défendre le tout gratuit ».
Gratuité des TER, avoir une autre vision de la société
L’homme a d’ailleurs explicité sa démarche dans sa déclaration, parue sur notre site Med’in Marseille le 24 décembre. Mardi dernier, il précisait qu’il fallait en discuter avec toutes les parties intéressées, notamment avec les usagers. Il s’appuie également sur le rapport du président de la Chambre régionale des comptes, apportant une information « nous aidant un peu. Les recettes des billets ne représentaient que 17 % des recettes totales en matière de transports ».
Reste néanmoins un problème récurrent avec la qualité moyenne des services des TER, le principal dysfonctionnement étant la non ponctualité des trains régionaux. Selon M. Coppola, des mesures plus drastiques seraient à envisager comme l’instauration d’un bonus/malus envers RFF (réseau ferré de France, organisme d’Etat). Car la Région « n’a pas assez de moyens dissuasifs ». Malgré l’existence d’un Conseil consultatif régional des transports, le responsable communiste se convainc de la nécessité d’installer un Conseil décisionnel régional afin de gérer une enveloppe « bonus/malus ».
La crise, « une reprise douloureuse »
Le programme du Front de Gauche et en particulier cette proposition médiatique sur le transport collectif tente d’apporter des réponses viables à la crise, sévissant depuis l’été 2008. 2009 s’est avérée catastrophique en matière de destruction d’emplois, et les conditions de travail sont « dramatiques, exacerbées par les suicides de France Télécom, Renault, Pôle Emploi ». Les questions sociales se compliquent davantage au fil des mois, « la société privilégie la rentabilité et le capitalisme, alors que le travail ne met pas à l’abri les salariés de la précarité et de la pauvreté. La reprise est douloureuse ». Toutefois, le mouvement de réforme de la Poste, considéré comme un élan populaire du service public par Jean-Marc Coppola est un signe de confiance intéressant.
A la « violence de la politique menée par Sarkozy » face à la crise, le chef de file communiste a « la volonté de construire un Front de Gauche et de se rassembler pour l’échéance finale de 2012 » après l’étape importante des Régionales 2010. Ce Front de Gauche, initié aux élections Européennes de 2009 a selon lui, obtenu des résultats encourageants. « L’idée est d’apporter des réponses novatrices, ambitieuses. Les gens attendent de nous, autre chose que de la résistance : des propositions concrètes », poursuit M. Coppola. A deux mois des échéances locales, le Front de gauche souhaite « une intervention citoyenne plus active, une Région combative, faire gagner la Gauche vraiment à Gauche ». L’optimisme ambiant en PACA est à temporiser devant les difficultés, sur le plan national, à finaliser l’accord pour le PCF avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, avant le meeting de lancement de campagne à Paris le 10 janvier. Marie-George Buffet, secrétaire nationale du PCF signalait ce mercredi, à l’AFP qu’elle restait confiante dans l’issue de ces négociations.
Les propositions fortes du Front de Gauche
L’activité économique est bien sûr au cœur des priorités. L’idée germe autour d’un projet de banque régionale pour le progrès social et écologique, qui se révèlerait un levier de création d’emplois. Par exemple, une société ferme pour délocalisation, s’ensuit un plan de licenciement. Comment peut-on sauver des entreprises ? Jean-Marc Coppola dresse un constat, « les banques ont les clés du financement de l’économie, et non les collectivités locales. Nous avons fait de bonnes choses déjà en instaurant des conventions avec des entreprises. Mais il faut réfléchir et aller plus loin et inviter les banques à venir autour de la table ». Des négociations qui pourraient inclure des représentants des citoyens. Une commission de suivi et de transparence serait mise en œuvre. Par ailleurs, autre proposition est l’accès à la gouvernance de certaines grandes entreprises. La tête de liste illustre ce point avec la Compagnie nationale du Rhône, il est en effet membre de son Conseil de surveillance en qualité de représentant de la Région.
Dans ce programme, le volet démocratique est abordé avec la création d’une Maison publique de l’eau, d’un Observatoire des besoins en service public (en particulier la Poste, l’Hôpital). Dans le domaine associatif, un label Plein Sud serait mis en place et les subventions seraient assujetties à des conventions d’objectifs.
La réforme, au cœur des débats
L’échec du sommet de Copenhague paraît significatif au vice-président de Région de la non volonté des politiques nationales de « s’attaquer au capitalisme ». Ces élections seront l’opportunité de mener des débats publics sur la question du réchauffement climatique et de l’écologie. Autre menace est « le projet grave contre la démocratie avec la réforme des collectivités locales » souligne Jean-Marc Coppola. Ces Régionales seront l’occasion de « faire un grand référendum ».
Le patron du Front de Gauche signale clairement qu’à l’issue du premier tour, l’union sera scellée avec le Parti socialiste pour le combat du deuxième tour. Car il se dit « satisfait des douze ans passés à la Région, cette expérience m’a donné une expertise. Je veux faire gagner la Gauche et participer à l’exécutif comme depuis 1998 ».
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