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Gardant en mémoire les massacres de l’année 2008 et le pourquoi de leur présence au Caire, les Marseillais, dont certains ont de la famille à Gaza, ne se sont pas résignés et ont agi en conséquence en trouvant un moyen de rejoindre la frontière égypto-palestinienne. La veille, ils s’étaient réunis dans leur hôtel pour évoquer les modalités de leur départ. Prendre un bus touristique serait le mieux adapté à la situation. Le départ fût donné pour le 30 décembre à 17h même s’ils restaient conscients que l’arrivée à El Arish, ville située à environ 40 km de Gaza, était loin d’être garantie. Mais l’espoir était permis car certains internationaux partis avec leurs propres moyens avaient réussi à rejoindre El Arish.
Un départ délicat
Réunis dans leur hôtel et surveillés de très prés par la police égyptienne, loin d’être discrète, les marseillais tentent de partir par petit groupe. Dix minutes, un quart d’heure d’intervalles entre les départs, histoire de ne pas trop se faire remarquer. La police se méfie des étrangers après toutes les manifestations qui ont eu lieu ces dernières 48 heures.
Le premier groupe sort, les sacs sur le dos, l’hôtelier les interpelle : « Vous partez ? ». « Non, on revient » répondent Sonia et Rajette. Et ça passe ! Le rendez-vous a lieu sur une zone touristique. Les autres (Sonia T, Myriam, Soraya, Matthias, Céline, Charling, Amina, Jihad, Mustapha et Maya) arrivent petit à petit, le bus peut partir, il est 18 heures.
Après une heure de route, les voilà arrivés au premier check-point, le minibus passe sans problème, les Marseillais se félicitent. Mais déchanteront aussitôt, une fois arrivés au second barrage du Canal de Suez. La police égyptienne les a mis sur le côté afin d’analyser chaque passeport et a questionné le chauffeur palestinien qui avait pour mission de mener le groupe Marseillais à Rafah. Ce n’est qu’au bout de trois heures d’attente, et après avoir passé un coup de fil au ministère de l’intérieur que la police a décidé de ne pas autoriser leur passage. La raison ? Des internationaux manifestent à El Arish. Les Marseillais ont été contraints de faire demi-tour et ramenés à leur hôtel vers 3 heures du matin. Fallait-il partir dés le 27 ou le 28 décembre ? La question a maintes fois été posée. Mais non découragés, les Marseillais pensaient déjà tenter un départ en train.
Une délégation officielle autorisée par Suzanne Moubarak
Après une nuit de sommeil très courte, Myriam, coordinatrice du groupe marseillais apprenait que les autorités égyptiennes autorisaient le départ d’une délégation réduite à 2 bus. Des négociations ont en effet été entreprises par l’association américaine Codepink avec l’épouse du président égyptien, Suzanne Moubarak, qui avait autorisé de ne laisser entrer à Rafah que 100 des 1360 délégués.
Le 30 décembre au matin, les marseillais se précipitent pour voir le départ de la délégation. Rue Ramsès, une foule compacte et bruyante manifeste son désaccord. Il y a ceux qui sont pour le départ d’une délégation de 100 personnes et ceux qui refusent « tout chantage » et qui souhaitent voir les 1360 internationaux partir dans les bus. « Tout le monde ou personne ». L’argument utilisé par les opposants au départ d’une délégation est « qu’il n y a pas de demi-mesure, le blocus doit être entièrement levé ». Pour ces derniers, le gouvernement égyptien tentait de diviser les marcheurs : « diviser pour mieux régner ». Pour les autres, la question n’était pas là : « si une petite délégation peut se rendre à Gaza, qu’elle y aille pour apporter les médicaments, les jouets et le matériel ramenés par les marcheurs ».
« On comprend très bien les deux points de vue » souligne Myriam.
Après quelques heures d’attente, une partie des Marseillais (10) a décidé de monter dans les bus puisqu’aucune liste officielle n’a été donnée, l’autre partie a fait le choix de rester au Caire. Cependant la Marche pour la liberté des Gazaouis est restée interdite.
A 11h, les bus ont quitté le Caire, direction Gaza. Au final, ce sont moins de 100 personnes qui ont pris la route vers Gaza.
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