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« Arte cubano » s’ouvre sur les Jours tranquilles à Guantanamo, demain à Salon-de-Provence. Le film brosse une autre physionomie de cette ville côtière, surtout mondialement connue comme camp militaire américain. Son réalisateur François Missen, journaliste a fait le choix de s’immerger dans Guantanamo, ses rues, ses maisons, ses fêtes, ses âmes. Fasciné par ce pays, François Missen l’a découvert dans les années 60. Il faisait partie de l’équipe du journal américain Newsday, qui a décroché le Prix Pulitzer. Cuba a « une identité précise, créant les tensions qu’on connaît. Ma prétention est d’essayer de sortir de la pensée unique de dictature. Une vision très réductrice ». Le réalisateur argumente que « passer de plusieurs siècles d’esclavage, du génocide des Indiens à une démocratie n’est pas possible. Cuba a droit à l’erreur ». François Missen s’est intéressé à raconter « cette schizophrénie de ces gens habitant à côté de la base ». Et de dénoncer les clichés représentant Guantanamo comme « la prison des talibans ». Le week-end des 30 et 31 janvier, le cinéma cubain continue du côté de Gardanne.
Du 21 janvier au 26 mars, la jeune association, fondée en 2006 propose dix rendez-vous en des lieux éclatés des Bouches-du-Rhône : Marseille, Aix-en-Provence, Salon-de-Provence et Gardanne. « Cuba del Sol » tend à promouvoir et à faire connaître cette île dans toutes ses dimensions économiques, culturelles, historiques, environnementales. L’objectif du festival est de « donner un autre visage de Cuba », loin des stéréotypes, souligne le directeur du festival, François-Michel Lambert. La Havane est « une ville très en pointe, moderne, axée sur la médecine, les nouvelles technologies ». Le pays possède « une très forte diversité, culture ». « Cuba del Sol » avait déjà organisé deux temps forts, à l’automne 2007 pour la célébration des 40 ans de la mort de Che Guevara et en janvier 2009, la commémoration des 50 ans de la révolution cubaine. Ce dernier événement a été le point de départ du premier festival.
La photo du Che
Le 5 mars 1960, Alberto Korda, alias Diaz Gutiérrez prenait la célèbre photo du Che. Le photographe du journal cubain Revolucion couvrait les funérailles des victimes de l’explosion du bateau français Le Courbe. L’intensité du regard, la colère contenue du guérillero prêteront une destinée incroyable à cette photo. En octobre de la même année, le Che est assassiné par les militaires boliviens, en lien avec la CIA. Le cliché fait alors le tour du monde. La légende de cette photo passera par Marseille via une conférence-débat thématique « La puissance symbolique d’une photographie. La photo du Che : de la réalité au mythe », à L’Alcazar, le 23 février. Cette image fait aussi l’objet d’un concours photos –jusqu’au 31 janvier- à partir du portrait culte du cubain, à l’occasion de son cinquantenaire. Le jury remettra le premier prix au gagnant lors de la soirée cabaret à Gardanne. Cette journée du 6 mars, événement phare du festival s’organisera autour d’une exposition de voitures américaines, d’un dîner cubain autour du spectacle d’Aconcha et d’ambiances musicales colorées.
Des photos s’exposent dans la rue
Les 50 ans de la photo du Che donnent ainsi lieu à plusieurs manifestations autour de cet art. Dans la continuité, une exposition originale « Regards croisés Marseille – La Havane » aura lieu sur la Canebière à partir du 11 février. Le marseillais Pierre Ciot et le havanais Ariel Arias –qui a travaillé avec Alberto Korda- ont porté un regard sur leur ville respective. Les deux photographes se sont rencontrés l’an passé au premier festival « Arte Cubano ». Pierre Ciot espère « faire évoluer cette expo et la présenter à La Havane ». Il projette de lancer un jumelage entre Marseille et La Havane. Selon le directeur Lambert, la cité phocéenne n’est encore jumelée avec aucune ville d’Amérique latine. L’expo nous dévoilera les similitudes entre les deux villes. Au-delà des ressemblances, le dispositif est très volontariste. Le haut de la Canebière devient le temps de la manifestation, un espace culturel. Leur réalisation est présentée dans des containers, ainsi la photographie dans la rue s’ouvre plus largement, s’offrant à tous les regards passants.
Le coup de cœur de « Cuba del Sol » est destiné à Aconcha, artiste cubaine accomplie –plasticienne, chanteur, écrivain. Elle sera présente lors d’un dîner le 4 février à Aix-en-Provence.
La nouveauté du programme 2010 est le colloque sur les médecines alternatives. Il clôturera le 26 mars « Arte cubano » à Marseille. Ernesto Che Guevara était par ailleurs médecin. Il a créé une ferme de plantes médicinales afin de promouvoir une médecine traditionnelle dite « verte ».
Un festival de découverte de Cuba, une île médiatisée et à la fois méconnue. « Arte cubano » tente de nous en restituer tous les paradoxes.
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Festival « Arte cubano », du 21 janvier au 26 mars, organisé par l’association « Cuba del Sol », à Gardanne. Vous retrouverez tout le programme sur le site http://www.cubadelsol.org
Règlement du concours photo, téléchargeable depuis le site. |
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