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« Agrexco, casse-toi le port de Sète n’est pas à toi », « Agrexco, tes fruits sont pourris, ils puent les colonies » ou encore « Ils assassinent, ils colonisent, ils s’enrichissent » scandaient, samedi dernier, les 1300 manifestants venus de toute la France pour dire « non » à l’implantation de l’importateur israélien de fruits et légumes sur le port de Sète. Un projet ardemment défendu par Georges Frêche qui soulignait quelques jours après l’offensive contre la bande de Gaza sa volonté de faire d’Israël un nouvel allié économique et commercial. La région Languedoc Roussillon gestionnaire du port de Sète souhaite en effet investir prés de 200 millions d’euros sur 10 ans dans les infrastructures pour moderniser le port de Sète qui accueillerait ainsi l’entreprise israélienne.
« Une société directement impliquée dans la colonisation de la Palestine »
Agrexco qui a quitté Marseille en 2009, pourrait traiter sur le port de Sète plus de 200 000 tonnes de fruits et légumes d’importation, or les associations et les militants dénoncent la totale illégalité de cette entreprise qui exporte les produits cultivés dans les colonies. Ils dénoncent également l’exploitation illégale des ressources d’eau ainsi que l’exportation sous l’étiquette « produit d’Israël » de produits cultivés dans les territoires occupés. Détenue à 50% par l’Etat israélien, Agrexco exporte 70% des produits israéliens cultivés dans les Territoires annexés, notamment de la vallée du Jourdain où 7000 colons occupent 95% des terres et contrôlent 98% de l’eau, « poussant les palestiniens à l’exil ».
Les manifestants ont également reproché le manque de transparence autour de ces produits et notamment autour des « centaines de milliers de tonnes de fleurs exportés par Israël dans toute l’Europe pour la Saint Valentin et étiquetées « Made in Holland » après avoir fait un détour aux Pays-Bas ». Une grande partie de ces fleurs provient des colonies israéliennes illégalement implantés sur les territoires palestiniens et « produite par une main d’œuvre palestinienne pauvre, réduite à l’esclavage et dont les maisons sont rasées au profit des colons israéliens » s’indigne une jeune militante de retour de Gaza.
« Nous sommes dans une démarche citoyenne et pacifiste pour dénoncer cette société criminelle qui pille la Cisjordanie, viole les conventions internationales et qui est le bras armé de la colonisation israélienne dans les territoires occupés. Refusons que l’argent public soit utilisé pour se faire le relais de la politique d’apartheid de la Palestine » lance Nabil Ennasri, militant de la première heure qui a également participé à la marche pour la liberté de Gaza.
Les agriculteurs de la région en danger ?
La question de l’emploi est également au centre de leurs préoccupations. Si Georges Frêche annonce la création de 200 emplois dans le port de Sète avec l’arrivée de l’entreprise israélienne, il n’a pas mis en évidence le risque qu’encourent les agriculteurs de la région. « Quelles conséquences auraient les importations massives de fruits et légumes sur l’économie paysanne de la région ? Au prétexte de la création d’emplois de manutentionnaires sur le port, va-t-on participer à la destruction d’emplois agricoles ? ».
Le cortège est arrivé à Frontignan vers 16h. Les manifestants ont été salués par un cinéaste israélien ainsi que par Fayez, agriculteur palestinien de Tulkarem, ville située au nord de la Cisjordanie, qui a témoigné sa gratitude aux militants qui défendent la cause palestinienne et qui osent dénoncer les ravages causés par la colonisation illégale. Etant lui-même une victime puisque ses terres sont pénétrées par le tracé du mur de séparation. Membre du comité « Contre le mur et les colonies », il lutte également contre les ravages causés par une usine chimique qui rejette des eaux toxiques et qui inondent et polluent ses terres l’empêchant de produire ses produits bio. Cette usine interdite en Israël a été transférée à Tulkarem sur décision de la justice israélienne.
A quelques jours des élections régionales, la tension est à son comble dans une région où l’ancien socialiste connu pour ses propos « racistes » ne fait pas l’unanimité. Une fronde anti-Frêche s’organise actuellement ainsi qu’une campagne BDS « Boycott, Désinvestissement, Sanctions) sévit dans toute la France et fait de la lutte contre Agrexco l’un de ses principaux objectifs. La journée du 6 mars est « une réussite » lance un militant qui ne s’attendait pas à une pareille mobilisation. La coalition anti-Agrexco (réunissant une centaine d’associations) ne faiblit pas.
Les manifestants se sont dispersés sans incident.
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