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Ouverture de la semaine de lutte contre les discriminations

Publié le 25 mars 2010
par Laurent Coupet
Mardi s’est tenu à la cité des associations, en ouverture de la semaine de lutte contre les discriminations et pour la rencontre des différences, la première d’une série de rencontres, rassemblant de nombreux représentants de la vie associative, principalement des membres des centres sociaux en ce premier jour. Toute la journée il a été question des divers types de discrimination, ainsi que des moyens d’action des centres sociaux pour lutter contre. Il a été notamment évoqué la façon de venir en aide comme il convient aux victimes, tout en restant vigilants, attentifs à ne pas être à l’origine en même temps soi-même de discrimination !

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Après une petite pièce de théâtre, non dénuée d’humour, spécialement conçue pour l’occasion, mettant en scène toute une série de discriminations ordinaires à l’intérieur même d’une association, les personnes présentes ont été invitées par le metteur en scène et les acteurs à intervenir, à s’exprimer librement sur les questions que cela posait en termes de discrimination. L’échange fut chaleureux et instructif, démontrant que la problématique est bien moins évidente qu’il n’y paraît.

C’est après avoir été ainsi mis en condition qu’a pris la parole Madame Marie-Josèphe Perdereau, préfet déléguée pour l’égalité des chances. Madame Perdereau a noté la coïncidence entre cette semaine de lutte contre les discriminations et notamment la réunion de la COPEC (La commission pour la promotion de l’égalité des chances et de la citoyenneté), le rapport du COMEDD (Comité pour la mesure de diversité et l’évaluation des discriminations) ou encore la remise du rapport annuel de la HALDE (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité) pour 2009 ; qui permettent de mettre en perspective l’action menée dans ce domaine, et de faire le point sur les progrès restant encore à accomplir.

Ensuite, madame le préfet a rappelé la définition de la discrimination données par la Loi, qui, a-t-elle insisté, constitue un délit pénal. La définition impose un cadre précis, celui de la Loi, et exclue un certain nombre de choses, restant cependant extrêmement large pour une définition de droit, donnant un très large panel de recours aux victimes.

Ainsi, la problématique est vaste si l’on considère la définition, d’autant plus -et c’est très important- que la discrimination peut être directe ou indirecte, ce qui la rend d’autant plus compliqué à traquer.

Par ailleurs, a-t-elle rappelé, la France fonctionne sur un principe d’égalité des chances au départ, et une évolution au mérite, contrairement à de nombreux pays nous entourant, comme les Etats-Unis, qui ont choisi la discrimination positive. Madame Perdereau s’est félicitée de ce constat, rappelant que les statistiques ethniques qui auraient été nécessaires à la mise en place de la discrimination dite positive en France ont été déclarées anticonstitutionnelles.

Pour conclure son intervention, elle a souligné que si la Loi défini un cadre, un socle solide pour lutter contre les discriminations, il nous appartient à tous de nous laisser guider par notre bon sens également pour accepter les autres dans leur diversité.

Après cette intervention, Madame Perdereau a cédé la parole aux autres personnalités présentes.

Tout d’abord Madame Marie Madeleine Quilichini-Prat, présidente de l’union des centres sociaux des Bouches Du Rhône, puis Monsieur Jean Pierre Soureillat, directeur général de la CAF des Bouches du Rhône qui a rappelé que chaque centre social est porteur d’un projet social est a été agréé en fonction de ce dernier, que l’action des centres sociaux est palpable.

Madame Yolande Eskenazi, déléguée régionale de la HALDE s’est exprimée ensuite, expliquant le rôle de la HALDE, c’est-à-dire aider les personnes victimes de discrimination à faire valoir leurs droits, enquêter de façon à mettre en évidence les pratiques discriminatoires pour mieux lutter contre. Madame Eskenazi a souligné le fait que les centres sociaux constituaient un maillon indispensable entre les victimes et la HALDE, et que les personnes y oeuvrant devaient absolument se former notamment concernant les questions de droit, pour ne pas envoyer par erreur vers la HALDE des personnes qui ne sont pas victimes de discrimination aux termes de la Loi (les injures racistes ne dépendent pas de la Loi sur les discriminations, par exemple), ce qui ne ferait que les frustrer davantage, et les découragerais de poursuivre.

Madame Eskenazi a donc invité les personnes présentes à apprendre à reconnaître et qualifier correctement cet acte. En outre, a-t-elle précisé, il y a de plus en plus de condamnation, du fait d’une meilleure application de la Loi. Nous sommes donc dans une logique éminemment positive.

Le travail de la HALDE, est important concernant les discriminations indirectes, par ailleurs. Cependant, Madame Eskenazi a elle aussi insisté sur le fait qu’il fallait être vigilant, de façon à n’être pas soi-même à l’origine de discrimination !

Les deux dernières personnes à s’exprimer furent Monsieur Kag Sanoussi, secrétaire général de la charte de la diversité et Madame Carrega, adjointe au maire déléguée à l’action sociale.

Monsieur Sanoussi a insisté, lui, sur le fait que la grande majorité des discriminations constatées le sont dans le milieu professionnel. Il a ainsi été évoqué à titre d’exemple la pratique du « piston », pratique très répandue et discriminatoire par excellence.

A la suite de ces interventions s’en est suivi un échange avec les personnes présentes, évoquant divers problèmes auxquels ils sont confrontés quotidiennement.

La dernière intervention, avant les ateliers de l’après-midi, fut celle de Messieurs Francis Gautier (délégué fédéral de la fédération des centres sociaux du Nord Pas-de-Calais) et Moussa Allem de la DRJCS, qui ont fait part de leur expérience dans leur région, et de leur volonté de mettre au service de tous ceux qui le souhaitent leurs compétences.

Concernant les ateliers qui prirent place dans l’après-midi, le premier, « le droit, un outil de lutte contre les discriminations », était animé par Madame Eskenazi ; le deuxième « la diversité, un outil pour lutter contre les discriminations », était avec Elisabeth Fuchs (responsable de l’IMS entreprendre pour la Cité) et Frédéric Razakafoniaina (chargé de mission parrainage et partenariat à l’AFIP) ; enfin, le fonctionnement du troisième atelier « lutter contre les discriminations par la gestion des ressources humaines » était assuré par Catherine Bolle Milleliri (chargée de mission ressources humaines et formation à l’union des centres sociaux des bouches du Rhône) ainsi qu’un correspondant de la HALDE.

A la fin de la journée, après que chaque atelier eut rendu ses conclusions, chaque participants a pu mesurer concrètement le chemin parcouru et se faire une idée du chemin encore à parcourir. Toutes les questions n’ont naturellement pas pu être abordées, mais les avancées sont palpables, et requièrent toute la ténacité des gens engagés dans la lutte contre les discriminations pour être pérennisées dans le temps.

Pour finir, on pourra regretter que les circonstances n’aient pas permis au sociologue Saïd Bouamama de venir intervenir, gageons que ce sera pour une prochaine fois.


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