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« C’est une expérience géniale de neuf mois. L’occasion de travailler avec une super équipe, issue de milieux sociaux différents. Nous avons tous un grand cœur, une volonté de faire les choses ensemble » s’emballe Sonia. Elle a 25 ans, diplômée d’un Master en communication et marketing. Auparavant, elle travaillait dans une banque sans réelle conviction, « j’ai trouvé beaucoup d’individualisme, pas beaucoup engagement ». Depuis quelques mois, elle s’investit au sein d’Unis-Cité Marseille. Elle avoue n’avoir jamais connu ailleurs, en milieu professionnel ou universitaire cette ambiance de solidarité. Jason, 20 ans, un CAP de bâtiment en poche est aussi enthousiaste, « ce n’est pas toujours facile mais très enrichissant. On touche énormément de publics. Il y a un mélange de cultures, mais malgré nos différences, on peut s’entendre. C’est un incroyable moyen de rapprocher les jeunes entre eux ». Sandra, 22 ans partage le même sentiment. Au terme d’un service militaire de trois ans, « j’ai voulu faire quelque chose de plus humain. Le service (civique) est un bon tremplin pour s’engager » dans la vie. Et de renchérir « on intervient sur différentes thématiques. Unis-Cité est utile aux autres et à soi, ça nous fait grandir. C’est avec la jeunesse que la société va changer ».
250 jeunes au Parc des Bruyères
250 jeunes volontaires étaient au Parc des Bruyères, 250 histoires différentes à raconter à l’image de Sonia, Jason ou Sandra. Et ils ont la pêche, ces jeunes-là. Ils veulent y croire. « Vous venez des les entendre, cela donne envie de développer, de soutenir le projet de Service civique » s’exclame Martin Hirsch. « Des gens se sont battus pour le Service civique depuis une quinzaine d’années au moment où ce n’était pas la mode, au moment où personne n’y croyait, au moment où il n’y avait pas un seul sou, au moment où on avait juste supprimé le service militaire. Il n’y avait rien pour cette notion d’engagement, de volontariat des jeunes » rappelle l’ancien Haut-commissaire à la Jeunesse (NDLR : Unis-Cité est née en 1994 autour d’un principe, développer un mouvement pour la création d’un service civil volontaire). Il se dit très heureux, depuis plus d’un an, d’emprunter les pas de ces pionniers en étant conscient que les attentes sont énormes. L’idée étant « de faire en sorte que pour les jeunes, ce soit une manière de s’engager et pour la société, ce soit utile pour elle ». Il ne peut s’empêcher d’évoquer l’exemple d’Haïti où des jeunes en Service civique étaient sur place pour aider les autorités du pays, « je les ai vu marqués à vie dans le bon sens du terme. Il nous faut trouver des chantiers mobilisateurs, c’est notre boulot ».
Un travail considéré extraordinaire
A Marseille, autre opération, certes de moindre envergure attendait de jeunes volontaires. En deux journées, ils avaient pour mission de restaurer des espaces naturels municipaux d’une superficie de 12 ha, dévastés par l’incendie du 22 juillet 2009, au nord du massif des calanques. Le travail consistait à limiter l’érosion des sols en coupant les arbres calcinés, encore sur pied ou en réalisant des fascines pour réduire les phénomènes d’érosion. Un travail remarquable qui fut encadré par des agents municipaux de la Direction des espaces verts et de la nature de la Ville de Marseille, par des agents forestiers de l’ONF et des représentants de l’association d’insertion Acta Vista. Frédéric Portelli, encadrant technique à l’ONF pilotait justement deux groupes d’insertion de huit personnes. Il nous explique sa démarche, « nous avons fait comme travail du bûcheronnage, de l’abattage. Et pour valoriser les jeunes (principalement issus des quartiers Nord), on les a formé à encadrer d’autres jeunes d’Unis-Cité ». « C’est une bonne initiative. Cela peut créer des vocations et les sensibiliser » à leur environnement, ajoute M. Portelli.
« Une place pour vous engager dans la vie citoyenne »
Pour sa part, le président d’Unis-Cité Méditerranée, Bernard Michel-Bechet arbore un large sourire en ce « jour symbolique. Martin Hirsch marque son appui à la mise en place du Service civique. Nous avons fondé un cadre depuis des années, aujourd’hui il se passe quelque chose de fort ». Il rappelle les fondements du mouvement du service civil volontaire pour mobiliser les jeunes et leur offrir la possibilité « à quelque niveau qu’ils soient (université ou parcours professionnel délicat), il y a une place pour vous, pour vous engager dans la vie citoyenne. Nous avons mis toute notre énergie pour le faire avec les partenaires » (Fondation Banque Populaire Provençale et Corse, Ville de Marseille, Acta Vista).
Marseille n’est pas la seule à s’investir dans ce dispositif, d’autres villes des Bouches-du-Rhône ont rejoint l’aventure du Service civique tels Aix-en-Provence, Vitrolles, Martigues, Port-de-Bouc. Les acteurs s’accordent à dire que le Service civique participe du rétablissement du lien social, du mieux-vivre ensemble. L’enthousiasme est palpable, Martin Hirsch nous dit « ce projet peut faire bouger les montagnes. C’est un bon carburant pour le moral d’une nation, pour la santé, l’économie, l’écologie ». L’action est tout à fait méritante. Reste à savoir si le Service civique est réellement un moyen d’ouvrir les portes sur l’horizon professionnel des jeunes.
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Service civique
La loi a été votée le 10 mars. Le projet a été porté par Martin Hirsch, alors Haut-commissaire à la Jeunesse et aux Solidarités actives contre la pauvreté. Il est le président de l’Agence du Service Civique, en cours de constitution. Elle réunit l’Etat, l’ACSé, l’INJEP (Institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire) et l’association France Volontaires. Le dispositif va concerner en 2010, 10 000 jeunes. D’ici à 5 ans, il devrait en mobiliser 75 000. Budget 2010 du Service civique : 40 millions € (auparavant 10 millions € étaient alloués au Service civil volontaire). Tout jeune de 16 à 25 ans peut effectuer son service civique, sans conditions de diplôme. Le dispositif dure de 6 à 12 mois. Le service civique peut se faire auprès d’une association, d’une fondation, d’une ONG à but non lucratif, ou auprès d’un organisme public, en France ou à l’étranger. Pour s’engager, le jeune peut prendre contact auprès d’un des organismes agréés. Les missions locales pour l’insertion des jeunes, les points d’accueil et d’information pour la jeunesse seront également mobilisés pour faciliter les renseignements, la mise en relation et l’inscription. Le volontaire perçoit une indemnité mensuelle (non imposable) de 440 euros nets par mois, payée par l’Etat, une participation de l’organisme d’accueil équivalent à 100 euros, la prise en charge par l’Etat de la couverture maladie, maternité et des cotisations retraites (pour l’équivalent de 387 euros par mois). Unis-Cité Elle est l’association pionnière du Service civique en France. Unis-Cité est née en 1994 de la rencontre de Lisbeth Shepherd, une américaine diplômée de Yale University, et de Marie Trellu (présidente actuelle d’Unis-Cité), Julie Chenot et Anne-Claire Pache, alors en fin d’études à l’ESSEC. Lisbeth Shepherd avait reçu une bourse lui permettant de se consacrer au lancement d’un projet entrepreneurial dans le secteur social. L’idée était de tester l´intérêt de développer en France le concept de service civil volontaire. Depuis, l’association permet aux 18-25 ans de s’engager à temps plein et en équipe, pendant 6 ou 9 mois, dans des actions d’intérêt général. Les volontaires interviennent dans des domaines concrets tels la sensibilisation d’habitants aux économies d’énergie, l’aide à domicile de personnes âgées, l’accompagnement de personnes handicapées. Parallèlement, 20 % de leur temps est consacré à une formation citoyenne et à un soutien dans leur projet professionnel. En France, Unis-Cité recense 900 volontaires pour l’année 2009/2010. Dans la région, ils sont 96 jeunes à réaliser un service civique à Unis-Cité Méditerranée. Il réalisent environ 40 missions d’intérêt général, touchant un public de près de 15 000 personnes. |
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