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La Répétition résulte du travail collectif, mené entre les structures marseillaise ( notamment la Cie L’Egrégore, en résidence permanente au Théâtre de Lenche) et algéroise. Le texte et la mise en scène sont signés de M’Hamed Benguettaf, le patron du TNA. Seule la version française, hélas, sera présentée. Les acteurs français, Denys Fouqueray, Joëlle Brover et Ivan Romeuf n’auront pas cette joie de voir jouer leurs complices algériens, Kahla Bouhssine, Mohamed Abbes, Fethi Kaffi, du 20 au 24 avril, dans la version arabe de La Répétition. L’initiative du Théâtre de Lenche de proposer cette pièce dans les deux langues était pertinente. Mais des raisons administratives en ont décidé autrement. La procédure s’est modifiée, et les délais d’obtention des visas pour les comédiens algériens sont plus longs.
Les événements des années 90, trame de fond de la pièce
Dommage certes, mais le public ne doit pas pour autant rater ce spectacle, abordant les événements de 1995 en Algérie. La pièce de M’Hamed Benguettaf, écrite en français puis traduite en arabe dialectal est sûrement la plus politique de l’auteur algérien. Elle interpelle la place du théâtre dans la société algérienne et plus globalement la place de la culture dans ce pays. Il s’impose de resituer le contexte de ces années 90. 1989 sera une année déterminante, le président Chadli Bendjedid, par un référendum, fait adopter une nouvelle constitution, permettant d’avoir plusieurs partis politiques en lice pour une élection. L’année suivante, le Front islamique du salut (FIS) gagne les élections municipales, puis fin 1991, le premier tour des Législatives. A la veille du second tour, le coup d’Etat de l’armée empêche le FIS d’obtenir la majorité parlementaire. Le président Bendjedid est démis de ses fonctions, un Haut Comité d’Etat est fondé et le FIS est dissout en 1992. Dès lors, le pays se trouve plongé dans une guerre civile meurtrière. Les artistes ne sont pas épargnés, assassinés ou tués lors d’attentats terroristes.
La Répétition ou la difficulté à créer dans un contexte politique grave
Le metteur en scène a choisi de porter sur ce grave sujet, un regard assez drôle. La pièce évoque des séances de travail d’une troupe de théâtre, éternellement interrompue par des réunions politiques. Les trois artistes doivent, sans cesse, déménager de salle en salle, trouver des alternatives de dernière minute pour poursuivre leurs répétitions. Ces changements incessants de lieux bouleversent les plans de la troupe, ne parvenant pas à présenter son spectacle. Les comédiens finissent par être franchement démotivés sauf un…
L’auteur de La Répétition, à la fois metteur en scène et comédien est un personnage du théâtre algérien. M’Hamed Benguettaf est depuis longtemps présent au TNA, qu’il dirige depuis 2004. Il est cofondateur de la compagnie Marsah El Kalâa – Théâtre de la Citadelle. Il est aussi traducteur ou adaptateur de Nazim Hikmet, Kateb Yacine ou encore Ali Salem.
Un projet collectif « D’une rive à l’autre »
L’histoire commune aux deux théâtres date de fin 2006 et donnera naissance à un vaste projet « D’une rive à l’autre ». Le Théâtre de Lenche est à cette époque embarqué dans la mission de la délégation de la Ville de Marseille, organisée autour d’échanges économiques, commerciaux et culturels. Le directeur du théâtre phocéen, Maurice Vinçon rencontre M’Hamed Benguettaf et la ministre de la Culture algérienne, Khalida Toumi. Une complicité artistique immédiate se crée avec le TNA, le Théâtre de Lenche est invité dès juin 2007 à participer à un festival à Alger. Depuis, les rencontres sont régulières, les collaborations s’intensifient et les initiatives sont légion. Ivan Romeuf, comédien, metteur en scène et directeur artistique du Théâtre de Lenche et de la Cie L’Egrégore s’investit particulièrement dans cette aventure. Après la mise en scène en 2008 d’Arrêt fixe, pièce de M’Hamed Benguettaf, Ivan Romeuf est sur les planches de La Répétition. Dans la continuité, ce dernier travaille avec son complice du TNA à une création mixte. La distribution comptera neuf algériens et neuf français. Leur prochain spectacle, Le songe d’une nuit d’été de Shakespeare sera proposé fin novembre 2010 au Théâtre du Gymnase.
A l’heure de la Capitale européenne de la Culture, le Théâtre de Lenche nourrit plusieurs projets avec ses amis algériens. Notamment, des échanges de formation sont prévus entre l’ERAC (école régionale d’acteurs de Cannes) et ISMAS (institut supérieur des métiers des arts du spectacle) à Alger. Une classe mixte devrait voir le jour à l’été 2011.
Aujourd’hui, La Répétition nous dévoile un pan de leur travail commun, autour d’un thème fort, la place de la culture dans la société algérienne.
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Théâtre de Lenche, 4 place de Lenche, 13002 Marseille, tél 04 91 91 52 22, site : http://www.theatredelenche.info Horaires : mardi, vendredi, samedi à 20h 30 ; mercredi et jeudi à 19h, dimanche 18 avril à 16h. |
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