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Ni vainqueurs, ni vaincus… pour le moment. Si certains secteurs de Marseille ont été remportés dès le premier tour par l’un ou l’autre camp qui s’affrontent, d’autres restent suspendus aux alliances qui vont se nouer tout au long de la semaine. Une triangulaire avec le FN se profile même dans les 13e et 14e arrondissements. L’analyse est délicate, les scores serrés. Le deuxième tour promet d’être tendu. Média et spécialistes, tous braquent – à l’échelle nationale – leur attention sur le devenir de Marseille : basculera, basculera pas ? Avec 39 % des voix contre 41 % à Jean-Claude Gaudin, Jean-Noël Guérini peut-il espérer conquérir la Cité ? Panorama des différentes tendances qui se dégagent, des petites phrases des uns et des autres et des stratégies à venir…
• Les listes du sénateur-maire sortant Jean-Claude Gaudin :
Jean-Claude Gaudin est réélu dès le premier tour dans le 4e secteur avec 52,09 %. S’il n’y a pas eu de raz-de-marée rose, rouge et vert sur la ville, le camp du maire sortant n’en est pas moins ébranlé. « Nous résistons bien », a toutefois souligné Jean-Claude Gaudin.
Le 3e secteur, symbolique, voit Renaud Muselier devancer Jean-Noël Guérini, avec 42,16 % des voix contre 37,51 %.
Guy Tessier, un temps annoncé gagnant, a obtenu 48,81 % dans les 9e et 10e arrondissements qu’il gère déjà.
Revers en revanche pour la liste de Valérie Boyer – face à celle de Sylvie Andrieux –, qui dénonçait déjà hier « les accords passés » entre socialistes et frontistes, sur ce 7e secteur.
Jean Roatta est mis en difficulté, comme lors des dernières législatives, par le socialiste Patrick Mennucci qui fait jeu égal avec lui dans les 1er et 7e arrondissements.
« Rien n’est gagné dans un premier tour » a conclut Jean-Claude Gaudin, qui a appelé à la « mobilisation ».
• Les listes du challenger Jean-Noël Guérini :
Ils étaient dit-on acquis à la gauche. Les 2e et 8e secteurs ont en effet été reconquis de haute main dès dimanche 9 mars. Lisette Narducci est élue dans le premier – tandis que, événement historique – Samia Ghali l’emporte dans le second avec 52,3 % !
En allant affronter l’actuel premier adjoint Renaud Muselier et Bruno Gilles, maire sortant bien implanté, sur leurs terres, le président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône savait que la partie serait difficile et qu’il s’exposait à l’échec. Si son adversaire le devance d’une bonne tête après décompte des bulletins, Jean-Noël Guérini pourrait cependant bénéficier du report des voix de l’extrême gauche et d’une partie de celles du MoDem. L’inconnue reste du côté du choix qu’opèreront les électeurs du FN.
Il s’est félicité d’avoir « mis en difficulté » la municipalité sortante.
• Les listes MoDem :
« Déception », comme au niveau national, pour le MoDem Jean-Luc Bennahmias (voir notre article). Les candidats peinent à franchir la barre des 5 % dans une majorité de secteurs. Rien n’est encore acté quant à d’éventuelles alliances ou fusions avec l’un ou l’autre des partis à Marseille. Tandis qu’au niveau national l’UMP, via Patrick Devedjian notamment, fait des appels du pied, le PS est plus mitigé. Ségolène Royal opte pour une stratégie de « rapprochement » avec le MoDem sur tout le territoire, alors que François Hollande nie toute « stratégie d’alliance ». François Bayrou semble avoir tranché en privilégiant le cas par cas.
• Les listes Marseille Contre Attaque à Gauche :
Bilan plutôt positif pour l’extrême gauche marseillaise qui consistait en un large rassemblement des mouvements anti-libéraux. Armelle Chevassu obtient notamment 7,57 % des suffrages dans le premier secteur et est ainsi en position de négocier un éventuel ralliement à la gauche.
• Les listes Front national :
Pas « d’effondrement » global du FN. Si Stéphane Ravier, qui escomptait « 20 % des voix » dans le 7e secteur n’en obtient au final « que » 11,8 %, une triangulaire aura bien lieu.
Les candidats des deux principaux camps guignent donc les voix qui se sont « éparpillées » au premier tour. Mais ne négligent pas les citoyens abstentionnistes, qui pourraient faire pencher la balance de l’un ou de l’autre côté. Car bien que le taux d’abstention soit largement inférieur à celui noté lors des précédentes échéances municipales, seuls 57 % des Marseillais se sont mobilisés ce dimanche.
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